Le gouvernement polonais main dans la main avec des groupuscules d’extrême droite

Des néofascistes hissent le drapeau polonais. [Piotr Nowak/ epa]

Le 11 novembre, 200 000 personnes ont participé à une marche en mémoire de l’indépendance de la Pologne. Organisée par le gouvernement, la marche a attiré des groupuscules d’extrême droite notoires .

Le 11 novembre à Varsovie, le gouvernement polonais organisait une marche de commémoration du centenaire de l’indépendance. Elle est cependant à l’origine d’une grave controverse, car lancée à la dernière minute pour remplacer une manifestation nationaliste, en théorie interdite.

Les partisans des deux manifestations, dont de nombreux groupes nationalistes et d’extrême droite, ont célébré ensemble cette journée particulière. Le ministère de l’Intérieur estime le nombre de manifestants à 200 000.

En tête du cortège, le président, Andrzej Duda, le Premier ministre, Mateusz Morawiecki, et l’ultraconservateur Jaroslaw Kaczynski, du Parti au pouvoir Droit et Justice (PiS). Ils se sont affichés au milieu d’une mer de drapeaux rouges et blancs, tandis que des fumigènes aux couleurs de la Pologne recouvraient la foule.

Reminiscences de la Pologne nazie

L’organisation d’extrême droite Camp national-radical (Obóz Narodowo-Radykalny, ONR) avait coorganisé la marche initiale, avant que le gouvernement nationaliste d’extrême droite n’y adhère plus tard sous un nouveau nom. L’ONR est un groupscule fondé en 1934 et dissous en 1945, dont le nom a été repris par une nouvelle formation en 1993.

De nombreux manifestants interrogés ont déclaré avoir marché par patriotisme et par amour de l’indépendance de leur patrie, rejetant toute connivence avec les extrémistes de droite, pourtant clairement présents. Mariusz, un Polonais de 35 ans venu de Grande-Bretagne spécialement pour l’événement, s’est félicité « que le président ait organisé cette marche pour ‘tous’ ».

Une marche pour l’indépendance a lieu chaque année à Varsovie depuis 2009. L’année dernière, les manifestants ont scandé des chants nationalistes, racistes et antisémites, suscitant l’indignation du pays et de la communauté internationale.

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Unis contre les non-Européens

Cette année encore, le groupe néofasciste italien Forza Nuova était de la partie. Leur leader, Salvatore Ferrara, a déclaré à l’AFP allemande : « Nous sommes venus à 50 d’Italie parce que nous partageons les mêmes valeurs : la religion catholique et la fierté nationale ».

Avant le début de la marche, Andrzej Duda, président et membre du parti conservateur Droit et justice (PiS), avait appelé à une « marche commune, une marche pour tous ». Pour lui, tout le monde devrait « se sentir à l’aise et marcher pour la Pologne ».

Encore avant, le président du Conseil européen et ancien chef du gouvernement polonais, Donald Tusk, a également appelé à l’unité nationale. L’amour des Polonais pour leur patrie est « beaucoup plus fort » que les querelles, a-t-il déclamé devant un millier de personnes, après avoir déposé des fleurs sur la tombe de Jozef Pilsudski. Ce père de l’indépendance polonaise, qui avait pourtant instauré un régime dictatorial de 1926 jusqu’à sa mort en 1935.

La Pologne est profondément divisée. Le parti PiS au pouvoir a été pointé du doigt pour ses mesures controversées dans le domaine judiciaire. L’opposition libérale et la Commission européenne y voient une menace pour l’État de droit et la démocratie.

Sur le plan international, le pays est de plus en plus isolé. Les critiques accusent également le PiS d’œuvrer au retrait du pays de l’Union européenne. Donald Tusk, considéré comme un candidat potentiel aux élections présidentielles polonaises de 2020, a récemment qualifié l’éventuel « Polexit » de « danger mortel ».

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