Des villes actives pour lutter contre la sédentarité en Europe

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Laurent Thieule, président du think tank Sport et Citoyenneté.

La sédentarité s’est lentement imposée comme l’un des défis les plus urgents pour le monde d’aujourd’hui. A force de progrès technologiques, nous avons refoulé le mouvement hors de nos vies. La génération actuelle est sans doute la plus inactive de l’Histoire.

Laurent Thieule est le président du think tank Sport et Citoyenneté. Il a cosigné cette tribune avec, Wolfgang Baumann, le secrétaire général de la TAFISA (The association for International Sports for all) et le Dr Uri Schaefer, président de l’ICSSPE (International Council for Sport Science and Physical education).

L’inactivité physique a atteint des proportions épidémiques et augmente à un rythme alarmant. Cette situation représente une menace majeure pour la santé, le bonheur et l’épanouissement des individus, mais également des communautés et des nations.

Mais le temps n’est pas à l’abandon. Nous croyons qu’il est possible d’inverser cette tendance : les villes d’Europe ont un rôle essentiel à jouer dans la promotion de modes de vie actifs et sains pour leurs citoyens.

Une situation alarmante

Les niveaux d’activité physique continuent de baisser. Les dernières données statistiques de l’Union européenne confirment le tournant sédentaire pris par le continent[1]. De plus, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) révèle que le nombre d’adolescents obèses continue d’augmenter dans de nombreux pays d’Europe. Malgré les efforts visant à lutter contre l’obésité chez les enfants, 19 % des adolescents européens sont en situation de surpoids ou d’obésité. L’activité physique diminue également avec l’âge : seulement 16 % des 15 ans et plus atteignent les niveaux recommandés d’activité physique[2].

En dehors de la santé physique, très peu d’attention est accordée aux bénéfices plus larges de l’activité physique (intellectuel, financier, personnel, etc.). C’est probablement pourquoi la responsabilité semble peser de manière permanente sur les autorités de santé publique. Le projet PASS[3] est une ressource qui rassemble les bénéfices plus larges de l’activité physique et vise à reconnaître la contribution de l’activité physique au développement personnel, intellectuel, social et financier.

Sur le plan économique, l’inactivité physique représente un manque à gagner considérable au niveau européen, à raison de 80 milliards d’euros par an, et impacte grandement les villes européennes, par des effets négatifs sur la santé des personnes, les économies et l’environnement. Ce sont de mauvaises nouvelles pour les villes et leurs populations.

Notre objectif est d’imaginer des villes actives pour demain, quelle que soit leur taille et leur localisation en Europe.

Une opportunité pour inverser la tendance

La ville et l’urbain s’imposent comme l’environnement dominant en Europe et représentent le cœur de nombreuses communautés. Compte tenu de la croissance évidente de l’urbanisation en Europe, il convient de prendre en considération l’impact des politiques au niveau des villes/municipalités. Des études récentes rapportent des niveaux significativement plus élevés d’activité physique chez les résidents où l’environnement bâti favorise l’activité physique.

Les villes peuvent offrir de nombreuses opportunités pour être physiquement actifs, et certaines ont transformé leurs infrastructures en un espace qui intègre et promeut la santé et l’activité pour tous. Les villes actives sont piétonnes et cyclables. Elles sont sûres et bien éclairées, avec de bons transports publics et une gestion appropriée des obstacles ou barrières.

Un pacte pour les villes actives
Notre mission est de façonner des villes plus actives. Avec près de 72 % de la population mondiale amenée à vivre dans les zones urbaines d’ici 2050, le niveau et la qualité de vie de ces populations détermineront notre avenir global.

Les villes, plus encore que les gouvernements nationaux, ont la capacité de s’attaquer aux défis mondiaux, et en particulier à cette problématique de premier plan qu’est la sédentarité.

Avec l’avènement des médias sociaux et l’accroissement de la classe moyenne mondiale, les citoyens urbains ont une grande responsabilité à entreprendre des projets, à choisir leur milieu de vie, à travailler, à investir et à exiger une meilleure qualité de vie. Cette qualité de vie facilitera les déplacements et l’activité physique des citoyens.

Au XXe siècle, la planification de la ville était celle de la voiture. Nous devons réintégrer l’activité physique dans notre quotidien en incitant et en facilitant la marche, la course et le vélo comme mode de transport quotidien régulier.

Des initiatives sans voiture, des campagnes pour les piétons et la santé, des champions locaux, des cycles vertueux, des incitations économiques, des innovations techniques qui favorisent des modes de vie sains, un environnement interactif ludique, des événements ouverts, des arts publics – de nombreuses solutions existent déjà. Utiliser ce potentiel est primordial.

Nos corps sont conçus pour bouger. Nous sommes convaincus que nos villes devraient l’être aussi !

[1] http://europa.eu/rapid/press-release_IP-14-300_fr.htm

[2] http://www.euro.who.int/fr/media-centre/sections/press-releases/2017/new-who-study-on-health-and-well-being-of-europes-youth-reveals-that-obesity-continues-to-rise

[3] https://www.sportetcitoyennete.com/espace-europeen/projet-pass

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