Paris 2024 mise aussi sur l’Europe

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Julian Jappert

Le mardi 6 juin 2017, le Parlement européen reçoit une délégation de la candidature de Paris aux Jeux olympiques et paralympiques 2024 au sein de son hémicycle. Les Jeux à Paris représenteraient une opportunité forte pour l’Union européenne.

Julian Jappert est directeur du think tank Sport et Citoyenneté.

Le refrain est connu : méfiance, éloignement des territoires, technocratie. Le lexique associé à l’Europe est devenu depuis quelques décennies celui de l’accusation. Les menaces sur la cohésion de l’UE combinées à une perception de paralysie institutionnelle dans sa capacité à gérer les crises (migratoires, économiques, sociales) ont contribué à ancrer une réalité nouvelle et inconfortable en Europe, dans laquelle les citoyens se sentent menacés.

Tous les terrains sont propices à la critique, celui du sport y compris. On reproche trop à l’Europe de gommer les identités. On sait qu’elles s’expriment beaucoup par le sport. On sait aussi que, malgré un pouvoir de dialogue et un intérêt croissant pour les questions sportives, l’Union européenne n’a pas le pouvoir d’intervenir dans la décision finale de l’attribution des Jeux olympiques.

Des valeurs et un discours communs?

Paris 2024 s’inscrit parfaitement dans les valeurs défendues par l’Union européenne et ses objectifs stratégiques. Le sport, s’il est une compétence marginale pour l’Europe, apporte une contribution remarquable au développement économique par son rayonnement économique, social et humain. Paris s’est positionné en faveur d’un évènement qui priorise l’excellence environnementale et un héritage durable. Deux aspects que l’Union européenne a eu à cœur de rappeler à de multiples reprises : responsabiliser les candidatures et activer le potentiel citoyen des grands évènements sportifs internationaux[1]. Dans cette optique – et pour reprendre le langage de Bruxelles – Paris 2024 fait figure de bonne pratique.

Un facteur de différenciation fort

N’en déplaise aux eurosceptiques, l’Union européenne continue de compter sur la scène diplomatique internationale. Après le retrait des autres candidatures européennes (Hambourg, Rome et Budapest), Paris fait figure de chef de file européen face à la candidature américaine de Los Angeles. Avec une mission indirecte de ramener les Jeux sur le continent européen.

Au-delà de l’exercice technique de présentation de la candidature française, il s’agit d’être convaincant dans les idées, le discours, de gagner les cœurs. Pour activer ce patriotisme doux, ce soft power à travers le sport, Paris 2024 a compris qu’elle pouvait s’appuyer sur l’Union européenne et sa représentation populaire. La candidature française entend mettre le sport au service de la société. C’est aussi le crédo de notre Think tank Sport et Citoyenneté, qui a milité auprès du Comité de candidature Paris 2024 pour inscrire ce projet dans une dimension européenne.

Le 23 mai dernier, déjà à Bruxelles, Laura Flessel et Bernard Lapasset recevaient le soutien de 8 ministres européens des sports[2]. Pour la première fois dans l’histoire, une candidature olympique sera reçue au Parlement européen le 6 juin. Un déplacement inédit et stratégique. Pour in fine être « unis dans la diversité », et l’adversité.

[1] ec.europa.eu/assets/eac/sport/library/policy_documents/hlg-sport-diplomacy-final_en.pdf

[2] www.sports.gouv.fr/accueil-du-site/a-la-une/article/Bilan-de-la-visite-de-la-commission-d-evaluation-du-Comite-International-Olympique-18002

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