A 3km de Paris, l’UE prend soin de la biodiversité de la Seine

Les berges de l'Ile Saint Denis, dans le 93. Photo N. Haas Guégo

Connue pour ses usines et autres entrepôts, l’Ile Saint Denis veut devenir un écoquartier.  Mais lentement : la faune et la flore de la Seine imposent une interruption des travaux durant le printemps et l’été.

Arriver à l’île Saint Denis, c’est se demander si l’on fait un saut dans le passé ou un bond dans le futur. A 3km de Paris, la commune forme un croissant de 7km de long au milieu d’une boucle de la Seine. Cette commune fluviale, où les vaches broutaient encore dans l’entre deux guerre, devient un territoire industriel où s’installent usines à nuisances (ciments, béton, sulfure), entrepôts, chantiers… interdits dans Paris.

Au XXIème siècle l’île veut renouer avec son passé plus glorieux de petite campagne tournée vers le fleuve. Et de l’espace, il y en a ! En longeant le quai rive droite de l’île, après avoir passé un long bâtiment, vaste entrepôt de magasins d’usine, c’est une friche industrielle de près de 14 hectares qui attend son renouveau depuis plus de 20 ans. Les immenses réserves des grands magasins parisiens du Printemps et des Galeries Lafayettes ont été déconstruites. Déconstruites, et non détruites, dans un souci d’écologie. C’est ici que se construit le nouvel éco-quartier fluvial îlodionysien . L’idée est de mettre en place des bâtiments tournés vers le fleuve, sans voiture, avec habitat participatif et de nouveaux espaces publics. Au cœur du projet, la  « renaturation » des berges de Seine.

L'agriculture traditionnelle menace environnement et biodiversité en Allemagne

L’agriculture conventionnelle provoque d’énormes dégâts environnementaux en Allemagne, selon l’Agence fédérale de l’environnement, qui souligne l’urgence d’une transition vers l’agriculture biologique. Un article d’EURACTIV Allemagne.

Redonner sa place au fleuve

Face au département des Hauts-de-seine, la berge du petit bras va constituer « l’épine dorsale » des espaces ouverts de l’éco-quartier. Afin de ne pas perturber la faune et la flore, les berges accessibles avec promenade et piste cyclable, sont maintenues en hauteur. La pente douce jusqu’au lit du fleuve va être entièrement replantée. Des plantes palustres ou semi-aquatiques ainsi que des arbustes devraient aider à stabiliser les berges et attirer la faune locale. Les travaux se font aussi dans un souci de préserver l’herbier aquatique, ce tapis de végétaux ancrés dans le sable et la vase.

« Ces travaux sont atypiques car certains aménagements se font directement dans le lit de la Seine. D’importants dossiers ont été soumis à la Police de l’eau des deux préfectures concernées (départements des Hauts de Seine et de Seine Saint Denis) pour validation. Cela a entrainé un décalage des travaux sur les berges par rapport aux autres constructions sur le site, plus avancées » assure François Laurent, directeur opérationnel du projet.

L’aménagement des berges devait durer jusqu’au printemps,  au gré des intémpéries et des crues . Ils s’interrompront néanmoins en février prochain, afin de ne pas perturber la période de reproduction des poissons et des oiseaux qui nidifient dans la zone.

C’est dans le cadre de cette renaturation des voies sur berges que les fonds FEDER participent au projet à hauteur de 20%, soit 351099€, du financement total qui s’élèvent à plus d’1,7 millions d’euros.

Au-delà des berges, le projet est assez surprenant en l’état. Partiellement livré, il combine de petits immeubles déjà habités avec de petits jardinets entretenus par leurs occupants, de plus grands immeubles d’habitation encore en travaux d’aménagement et des zones de chantiers avec grues et pelleteuses. Le quartier est totalement fermé à la circulation automobile et le restera. Des « centrales de mobilité » sont prévues. Elles regrouperont à proximité des transports en commun des espaces de stationnement (aucun parking en sous-sol des immeubles ne sera construit), services d’auto-partage et location de vélo, d’espaces de livraison, de chargement des véhicules électriques… La toute première centrale de mobilité a ouvert ses portes le 10 décembre dernier et accueille déjà les véhicules des habitants et visiteurs.

L’érosion de la biodiversité, une menace pour l’humanité

La biodiversité connaît une crise sur tous les continents, mettant en danger l’humanité, selon l’IPBES. Parmi les principaux facteurs de pression, l’agriculture, la déforestation, le changement climatique et les espèces invasives. Un article de notre partenaire, le JDLE.

Avec la participation d’une association d’étudiants en architecture, un nouveau concept de mobilier urbain est à l’étude. Les matériaux des bâtiments déconstruits sont réutilisés pour créer des prototypes de bancs, arrêts de bus, revêtements de sol, parcs à vélos…

Les Jeux olympiques en trouble fête

 C’est un véritable projet de communauté qui prend forme. Habitat mixte, commerces, crèche, associations s’installeront au fur et à mesure de l’avancée des travaux. La phase 1 du projet déjà presque terminée, les phases 2 et 3 ont été retardées. La raison ? Les jeux olympiques de 2024. Le projet d’éco-quartier étudié bien avant la candidature de Paris 2024 ne prévoyait pas l’installation sur le site d’une partie du village olympique. D’autres installations nécessaires au bon déroulement des jeux ainsi qu’une passerelle piétonne qui reliera l’île à la gare de Saint Denis coté rive droite seront construites permettant un accès facilité à une plus large gamme de services et de transports en commun. Afin de valoriser ces investissements, le village olympique va être conçu en réfléchissant en amont à sa reconversion en quartier d’habitation le plus rapidement possible après la clôture des jeux.

 

À Roissy, l'UE soutient la lutte contre le trafic de biodiversité

Plaque tournante des trafics de biodiversité entre l’Afrique et l’Asie, l’aéroport de Roissy est un haut-lieu de la lutte contre le commerce illégal d’ivoire, d’écailles de pangolins ou de viande de brousse. La coopération étroite des services de douanes européens s’y avère cruciale. Un reportage réalisé par Robin Grez et Léo Sanmarty, étudiants en licence de techniques journalistiques de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, dans le cadre du projet Europe dans le 93.

 

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