La perte de poids de l’Oncle Sam sur la scène internationale

Depuis l’entrée de Donald Trump à la Maison Blanche en 2016, le caractère attrayant des États-Unis d’Amérique a enregistré une chute vertigineuse autour du globe par rapport au niveau élevé de soutien sous la présidence de Barack Obama. [EPA-EFE/PETER NICHOLLS]

L’image des États-Unis d’Amérique n’a jamais été si terne aux yeux du monde, selon un sondage mené par le centre de recherche Pew Research, soulignant les lacunes américaines dans la politique étrangère et la gestion du SARS-CoV-2.

La nouvelle édition de l’enquête du Centre Pew Research sur l’opinion mondiale, intitulée Global Attitudes Survey, indique que des 13 273 personnes interrogées de juin à août, une grande majorité partage une opinion critique à l’égard des États-Unis d’Amérique et de leur président.

Seuls 26 % des participants allemands expriment un avis positif envers le pays, un pourcentage particulièrement bas rappelant celui de mars 2003 calculé tandis les tensions liées à la guerre en Irak étaient à leur paroxysme. Des taux similaires ont été analysés en France, où 31 % des personnes sondées seulement voient le pays d’un bon œil, un son de cloche qui fait également écho à l’étude de mars 2003.

En ce qui concerne Donald Trump, les chiffres sont encore plus bas. Celui-ci n’inspire la confiance qu’auprès de 10 % des Allemands et 11 % des Français. C’est au Royaume-Uni qu’il semble plus populaire, avec 19 %.

En réalité, Donald Trump insufflerait moins de confiance que le président chinois Xi Jinping ou le leader russe Vladimir Poutine.

« Je pense que les États-Unis d’Amérique bénéficient encore d’un certain pouvoir d’attraction, mais il s’érodera très rapidement, en particulier si D. Trump est réélu », a révélé Sudha David-Wilp, du cercle de réflexion German Marshall Fund of the United States, au Washington Post.

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L’image publique de l’OTAN est sérieusement écornée. La remise en question de l’alliance par Donald Trump et Emmanuel Macron pour des motifs différents  a sans doute contribué à cet état de fait.

L’Europe a la cote

Alors que les États-Unis d’Amérique font grise mine, l’Europe a la cote.

Ainsi, la Chancelière allemande Angela Merkel rafle la mise avec un taux d’appréciation moyen à 76 %. Pour les participants au sondage, celle-ci est « apte à faire ce qui est bon sur la scène internationale ».

Ensuite vient le Président français Emmanuel Macron avec une moyenne de 64 %, un pourcentage supérieur aux 52 % obtenus auprès de sa population.

Malgré les controverses continues liées au Brexit, Boris Johnson tire aussi son épingle du jeu : 48 % lui font confiance dans ses processus décisionnels sur la scène internationale.

Les répercussions de la pandémie

Depuis l’entrée de Donald Trump à la Maison Blanche en 2016, le caractère attrayant des États-Unis d’Amérique a enregistré une chute vertigineuse autour du globe par rapport au niveau élevé de soutien sous la présidence de Barack Obama. Néanmoins, les chiffres de 2020 connaissent un déclin marqué, même par rapport à 2019.

Entre 2019 et 2020, le sondage témoigne d’une baisse de confiance de 13 % chez les Allemands, 17 % dans l’Hexagone et 16 % au Royaume-Uni.

Conformément aux sondages effectués au début de la pandémie, les auteurs affirment qu’« une partie du déclin est liée à la façon dont Washington a géré la crise sanitaire ».

Selon la moyenne des 13 pays, 84 % des personnes interrogées ont estimé que la réponse du pays à la pandémie était soit « assez mauvaise » (32 %), soit « très mauvaise » (53 %).

À l’heure actuelle, le pays continue d’enregistrer le plus grand nombre de cas de Covid-19 au monde, avec plus de 6,5 millions de personnes contaminées et 194 000 décès (chiffres datant du 15 septembre).

Alors que les chiffres sont moindres par rapport au pic de juillet et août, le conseiller de la Maison Blanche sur les questions liées au coronavirus, le Dr Anthony Fauci a qualifié les dernières données de « troublantes », ajoutant que « nous [stagnions] à 40 000 cas par jour et le nombre de décès tourne autour de 1 000 ».

Donald Trump s’est félicité à plusieurs reprises des actions lancées pour lutter contre le virus. Par exemple, l’année dernière, il a déclaré dans un entretien avec Fox News qu’il avait pris des « mesures sans précédent » pour contenir la pandémie, mettant en exergue ses interdictions de voyage depuis l’UE et la Chine, des décisions prises au début de la crise.

Cependant, beaucoup maintiennent que la minimisation initiale du virus par M. Trump était l’une des raisons de la difficulté des États-Unis d’Amérique à contenir le virus. Le président avait alors déclaré le 27 février : « Ça va disparaître. Un jour, comme par miracle, ça va disparaître ».

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