La Gavi appelle à plus de soutien de la part de l’UE dans la campagne de vaccination mondiale

« Nous sommes en mesure de livrer 1,8 milliard de vaccins aux pays à faibles revenus afin de protéger les populations à haut risque. Cependant, pour accomplir cet objectif, nous avons besoin de 2 milliards de dollars supplémentaires », a déclaré M. Barroso. EPA-EFE/Stringer [EPA-EFE/Stringer]

Jeudi (25 mars), le président de l’Alliance du Vaccin (Gavi) José Manuel Barroso a appelé l’UE à accélérer la campagne de vaccination dans les pays en voie de développement en étoffant les contributions multilatérales et en faisant don des doses excédentaires via le mécanisme Covax.

« Nous sommes en mesure de livrer 1,8 milliard de vaccins aux pays à faibles revenus afin de protéger les populations à haut risque. Cependant, pour accomplir cet objectif, nous avons besoin de 2 milliards de dollars supplémentaires », a déclaré M. Barroso.

« Les aides financières supplémentaires à la Gavi et au Covax sont cruciales pour l’UE dans le but de mettre en exergue son leadership à l’échelle mondiale en matière de santé, renforcer son soutien à l’Afrique et stimuler la solidarité internationale dans la lutte contre le virus », a-t-il ajouté.

Les propos du président de la Gavi ont été recueillis lors d’une réunion sur la coopération UE-Afrique en matière d’accès au vaccin contre la Covid-19 organisée jeudi (25 mars) le cadre de la Conférence sur le renforcement du rôle de l’Union européenne dans la Santé mondiale.

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Les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 pays membres de l’Union Européenne (UE) se réunissent le 25 et 26 mars dans le cadre d’un Conseil européen, en visioconférence. La stratégie vaccinale devrait être à l’ordre du jour ainsi que la « situation en Méditerranée orientale ».

La vitesse de vaccination est primordiale. L’UE peut d’ailleurs l’accélérer en s’assurant que les doses de vaccin excédentaires soient livrées gratuitement aux pays dans le besoin par l’intermédiaire du Covax, le mécanisme mondial de groupement des achats pour les vaccins contre la Covid-19 qui garantira à l’ensemble des 191 pays et territoires participants un accès juste et équitable aux vaccins grâce au cadre d’attribution élaboré par l’OMS.

L’ancien président de la Commission européenne et Premier ministre du Portugal a également salué la participation du bloc dans la distribution des vaccins aux pays en voie de développement, avançant qu’il s’agissait du seul véritable effort multilatéral à l’échelle mondiale dans le contexte de la pandémie. L’UE est en effet l’un des plus grands donateurs du Covax.

Nous savons qu’il y aura assez de vaccins pour tout le monde dans les pays développés. La question soulevée concerne ici le partage des doses excédentaires. Nous connaissons des difficultés avec la vitesse de vaccination. Il est donc essentiel de coopérer sans plus attendre, a-t-il renchéri.

D’après M. Barroso, depuis le 24 février, date à laquelle les premiers vaccins contre la Covid-19 sont arrivés au Ghana, plus de 30 millions de doses ont été livrées par l’entremise du Covax dans 55 pays membres dudit mécanisme.

Nous pouvons nous féliciter du succès du Covax grâce à l’ensemble des 191 pays et territoires participants, qui représentent plus de 90 % de la population, s’est-il réjoui.

En outre, il a noté que les vaccins étaient arrivés dans les pays à faibles revenus 83 jours seulement après les pays à revenus élevés. Il s’agit ici d’une amélioration par rapport à la pandémie du H1N1, lors de laquelle un groupe de pays riches avaient acheté la quasi-totalité des stocks du vaccin contre la grippe porcine.

La situation est certes loin d’être parfaite, car des inégalités persistent, mais le monde n’a jamais focalisé autant son attention sur une approche si égalitaire, a-t-il fait remarquer, signalant toutefois que les opérations de distribution des vaccins à travers le globe n’en étaient qu’à leurs balbutiements.

Nous ne pourrons pas endiguer cette pandémie sans garantir un accès mondial au vaccin, a averti le représentant de la Gavi.

« Les vaccins pourraient d’ailleurs avoir des répercussions bien plus significatives sur la pandémie que n’importe quel stimulus économique. Pour l’heure, la politique vaccinale constitue la meilleure politique économique [dans le monde]. Elle permet la relance des économies nationales », a-t-il expliqué.

La conférence a réuni plus de 30 orateurs, dont des gouvernants, des décideurs politiques, des spécialistes et des représentants d’institutions européennes. À l’ordre du jour : la santé mondiale en temps de pandémie, les alliances stratégiques UE-Afrique, notamment en matière d’accès au vaccin, et la promotion de la couverture santé universelle.

M. Barroso est intervenu lors d’une discussion d’experts à laquelle était présente le Dr Matshidiso Moeti, Directrice pour l’Afrique à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

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