Cour pénale internationale : réactions en Afrique après les sanctions américaines

La Procureure de la Cour pénale internationale Fatou Bensouda. [EPA-EFE/PETER DEJONG]

En Afrique, les sanctions américaines contre la Procureure Fatou Bensouda sont interprétées comme une tentative de ruiner la Cour pénale internationale (CPI), dont le travail a fait ses preuves sur le continent. Un article de notre partenaire Deutsche Welle

Alors que certains pays africains ont accusé la Cour pénale internationale de se concentrer injustement sur les criminels africains, Ralmeg Gandaho, président de l’ONG Changement Social Benin, et spécialiste du droit international, estime que les sanctions américaines contre la CPI sont un défi que les Africains doivent relever.

« La justice n’a pas de couleur, n’a pas de race, n’a pas de langue, elle est juste inhérente à l’humanité. Moi, Africain, je me sens à l’aise de savoir qu’il y a (à la CPI) des voies de recours pour nous. Donc c’est un défi lancé aux Etats africains de travailler à ce que nous puissions avoir la justice pénale tant dans nos sous-régions que dans toute l’Afrique », explique-t-il. 

La RDC reste attachée à la CPI

En RDC les organisations des droits de l’homme pensent en effet que la CPI a joué un rôle dans la stabilité du pays.

« Nous sommes profondément préoccupés et déçus par ces sanctions décidées par les Etats-Unis. Nous considérons que cette démarche vise à torpiller et à fragiliser cette juridiction internationale pourtant indispensable », explique Georges Kapiamba, le président de  l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ).

La RDC est considérée comme la meilleure élève de la CPI pour avoir collaboré et livré plusieurs de ses ressortissants à La Haye.

Bernard Takaishe, vice-ministre de la Justice, explique que son pays reste attaché à ses engagements.

« Je n’ai pas de commentaire sur la décision des Etats-Unis car c’est un pays souverain qui peut prendre n’importe quelle décision mais nous, nous restons attachés à la CPI parce que nous en sommes membres », indique le vice-ministre congolais de la Justice.

En juin, l’administration Trump avait déjà menacé la Cour pénale internationale. Washington dénonce l’enquête menée par Fatou Bensouda contre des militaires américains et la CIA, soupçonnés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en Afghanistan.

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