La Crimée reste occupée depuis 3 ans malgré les pressions

Des militaires russes préparant l'annexion de la Crimée. [Wikimedia]

Les États-Unis ont de nouveau condamné la Russie pour l’annexion de la Crimée, s’engageant à maintenir leurs sanctions, comme l’UE. Le Parlement européen continue de soutenir avec ardeur l’intégrité territoriale perdie de l’Ukraine.

« La Crimée fait partie de l’Ukraine. Les États-Unis condamnent à nouveau l’occupation de la Crimée et invite la Russie à y mettre fin immédiatement », a déclaré le porte-parole du département d’État américain, Mark Toner, dans une déclaration à l’occasion du troisième anniversaire de l’invasion de la péninsule par Moscou. « Nous ne retirerons pas nos sanctions contre la Russie tant que celle-ci ne laissera pas l’Ukraine reprendre le contrôle de la péninsule. »

La Russie a annexé la péninsule ukrainienne le 18 mars 2014 à la suite d’une intervention militaire et d’un référendum d’indépendance organisé à la hâte, qui a été rejeté par la communauté internationale.

« Les États-Unis ne reconnaissent pas le ‘référendum’ de la Russie du 16 mars 2014 et condamnent la tentative d’annexion de la Crimée et les violations répétées du droit international », a précisé Mark Toner. « Nous réaffirmons notre soutien à la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine. »

Dans la déclaration, les États-Unis invitent également la Russie à « cesser de tenter de limiter les libertés d’expression, de rassemblement pacifique, d’association et de religion » des Tatars de Crimée, des Ukrainiens de souche, des militants pro-Ukrainiens et des journalistes. Washington éloigne ainsi toute probabilité d’une levée des sanctions américaines par l’administration de Donald Trump.

Les eurodéputés ont quant à eux voté une résolution le 16 mars, dans laquelle ils ont exprimé leur préoccupation au vu de la détérioration de la situation en matière de respect des droits de l’Homme en Crimée, condamnant les politiques discriminatoires contre la minorité Tatar et la violation de leur droit de propriété.

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Le Parlement européen appelle également la Russie à libérer immédiatement tous les citoyens ukrainiens détenus illégalement et arbitrairement, aussi bien en Russie que dans les territoires temporairement occupés d’Ukraine, et de s’assurer que leur rapatriement soit effectué dans de bonnes conditions.

Parmi ces détenus, figurent Mykola Karpyuk, Stanislav Klykh, Oleksandr Kolchenko, Oleg Sentsov, Oleksiy Chyrniy, Oleksandr Kostenko, Serhiy Lytvynov, Valentyn Vyhivskyi, Viktor Shur, Andriy Kolomiyets, Ruslan Zeytullayev, Nuri Primov, Rustem Vaitov, Ferat Sayfullayev, Akhtem Chiyhoz, Mustafa Dehermendzhi, Ali Asanov, Inver Bekirov, Muslim Aliyev, Vadim Siruk, Arsen Dzhepparov, Refat Alimov, Zevri Abseitov, Remzi Memetov, Rustem Abiltarov, Enver Mamutov, Artur Panov, Evheniy Panov, Roman Suschenko et Emir-Usein Kuku.

Les législateurs européens invitent également la Russie à autoriser tous les citoyens cités ci-dessus à voyager librement, y compris Mykola Semena, qui fait actuellement l’objet de poursuites judiciaires pour son activité journalistique auprès de Radio Free Europe/Radio Liberty. 451 eurodéputés ont voté pour la résolution, 73 s’y sont opposés et 86 se sont abstenus.

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Rebelles

Certains eurodéputés s’opposent traditionnellement aux instructions des dirigeants de leur groupe politique quand il s’agit de voter sur des questions concernant la Russie.

D’après VoteWatch.eu, ceux ayant voté contre sont principalement les eurodéputés de gauche (groupe GUE-NGL), les eurosceptiques affiliés au groupe ELDD de Nigel Farage et les militants d’extrême droite affiliés à l’ENL de Marine Le Pen.

Parmi les eurodéputés des partis traditionnels ayant voté contre, trois sont issus du S&D (les Bulgares Petar Koroumbashev et Momchil Nekov et le Letton Andrej Mamikins), deux du PPE (la Française Nadine Morano et le Grec Theodoros Zagorakis) et une du groupe des Verts (la lettone Tatjana Zdanoka).

Concernant les abstentionnistes, 23 sont issus du groupe S&D et 14 du PPE. Certaines personnalités importantes figurent parmi les rebelles du PPE, dont l’ancien président du Parlement européen, Jerzy Buzek, ou encore l’ancienne présidente de la Commission européenne, Viviane Reding.

Tous les eurodéputés libéraux ont en revanche voté en faveur de la résolution. Ces dernières années, le chef du groupe ALDE, Guy Verhofstadt, s’est d’ailleurs imposé comme le principal opposant européen aux politiques de Vladimir Poutine.

Le 16 mars, le Service européen pour l’action extérieure a également publié ses conclusions sur les mesures restrictives de l’UE en réaction à la crise en Ukraine. La dernière mesure, datant du 13 mars, a permis de prolonger le gel des avoirs et les restrictions de voyage de 150 personnes et 37 entités responsables d’actions ayant menacé ou mis en péril l’intégrité territoriale, la souveraineté ou l’indépendance de l’Ukraine.

Le Conseil a prolongé ces mesures jusqu’au 15 septembre 2017. Les sanctions économiques devraient être réévaluées le 31 juillet prochain. Dans une interview exclusive avec Euractiv, l’ambassadeur russe auprès de l’UE, Vladimir Chizhov, a qualifié la décision du Conseil du 13 mars de « décevante », précisant qu’elle « ne [mènerait] nulle part ».

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