Des manifestants pro-Trump prennent d’assaut le Capitole américain

Des partisans du président américain Donald Trump ont forçé des barrages des forces de sécurité et pris d'assaut le Capitole ce mercredi 6 janvier, interrompant le décompte des voix du Congrès qui devait confirmer la victoire du président élu Joseph R. Biden Jr. [EPA-EFE/JIM LO SCALZO]

Cet article fait partie de l'édition spéciale Joe Biden et Kamala Harris, un nouveau souffle pour Washington.

Des partisans du président américain Donald Trump ont forcé des barrages de sécurité de la police et pris d’assaut le Capitole ce mercredi 6 janvier, interrompant le décompte des voix du Congrès qui devait confirmer la victoire du président élu Joseph R. Biden Jr.

Vers 14h15 heure locale, alors que la Chambre et le Sénat débattaient de la décision d’une faction des Républicains d’annuler les résultats de l’élection, la procédure s’est arrêtée, la sécurité ayant fait sortir le vice-président Mike Pence de la salle du Sénat.

Peu de temps après, la police a escorté les sénateurs et les membres de la Chambre des représentants du bâtiment vers d’autres personnes se trouvant à proximité, alors que les manifestants envahissaient les couloirs à quelques pas de l’endroit où se réunissaient les législateurs, brandissant des pancartes pro-Trump.

Le bâtiment est maintenant fermé et les politiques ont reçu l’ordre de rester dans leurs bureaux. La confirmation de l’élection est pour le moment retardée, et l’on ne sait pas encore quand le processus reprendra.

Selon plusieurs témoins, les manifestants ont fait irruption dans la Chambre et des gaz lacrymogènes ont été déployés à l’intérieur du bâtiment. Les médias signalent que des coups de feu ont également été tirés.

Le maire de Washington D.C. a mis en place un couvre-feu pour la ville à partir de 18:00 EST.

De très nombreuses voix se sont élevées à Washington pour dénoncer l’attitude du président américain, accusé d’avoir soufflé sur les braises en refusant de reconnaître sa défaite et en relayant pendant des semaines des théories du complot sur de supposées fraudes électorales.

« C’est ce que vous avez obtenu, les gars », a déclaré le sénateur républicain et éminent critique du président Mitt Romney alors qu’il était évacué de la salle du Sénat. « C’est une tentative de coup d’État », a tweeté Adam Kinzinger, représentant républicain de l’Illinois.

Après que les manifestants ont envahi le Capitole, le président Trump a tweeté « S’il vous plaît, soutenez la police du Capitole et les forces de l’ordre. Ils sont vraiment du côté de notre pays. Restez pacifiques ! »

Dans ses messages, cependant, il n’a pas indiqué à ses partisans de quitter le Capitole, et certains membres encouragent le président à en faire plus sur Twitter.

« M. le Président… les hommes et les femmes des forces de l’ordre sont attaqués. Il est crucial que vous contribuiez à rétablir l’ordre en envoyant du renfort pour aider la police et en demandant aux auteurs des faits de se retirer », a tweeté le sénateur Marco Rubio (R-FL).

Condamnation en Europe

Les violences contre les institutions américaines sont une atteinte grave à la démocratie, a déploré le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. « Je les condamne. La volonté et le vote du peuple américain doivent être respectés », a-t-il écrit sur Twitter.

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a également dénoncé un « assaut inédit contre la démocratie américaine ».

​De son côté, le Premier ministre britannique Boris Johnson a qualifié les scènes d’ « honteuses » et appelé à une transition « pacifique et ordonnée » du pouvoir vers le démocrate Joe Biden.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a exhorté les partisans de Donald Trump à « cesser de piétiner la démocratie » après l’entrée de manifestants dans le Capitole à Washington.

« Les ennemis de la démocratie se réjouiront de ces images inconcevables en provenance de Washington DC. Les mots séditieux se transforment en actions violentes – sur les marches du Reichstag, et maintenant au Capitole. Le mépris des institutions démocratiques a des effets dévastateurs ».

Subscribe to our newsletters

Subscribe