Emmanuel Macron annonce des mesures drastiques contre le coronavirus

Macron

Le président a annoncé jeudi soir des mesures sans précédent pour lutter contre la propagation du virus, dont la fermeture des écoles jusqu’à nouvel ordre. Et affirmé que le combat devait aussi se mener à l’échelon européen.

À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Le Président Emmanuel Macron a annoncé une série de décisions sans précédent jeudi 12 mars dans un discours adressé aux Français en pleine crise du coronavirus.

« Cette épidémie qui affecte tous les continents et frappe tous les pays européens est la plus grave crise sanitaire qu’ait connu la France depuis un siècle » a-t-il rappelé en préambule d’une allocution de 27 minutes, dans laquelle le président a multiplié les appels à l’union et à la solidarité.

Sans évoquer le passage attendu au « stade 3 » de l’épidémie ou l’entrée en état d’urgence, Emmanuel Macron a cependant décrété une fermeture inédite des établissements scolaires en France, de la crèche à l’université, et ce jusqu’à nouvel ordre.

« C’est à la fois pour les protéger et pour réduire la dissémination du virus à travers notre territoire », a justifié Emmanuel Macron. Cette mesure devrait s’accompagner de solutions de garde région par région, mais le président a également appelé à la solidarité des Français pour s’entraider et notamment permettre aux personnels soignants d’aller travailler.

« Il manque une réaction coordonnée de l’Europe sur le coronavirus »

Pour l’économiste Claude Le Pen, la crise du coronavirus est l’occasion de s’attaquer à la relocalisation en Europe de certaines activités pharmaceutiques délocalisées en Inde et en Chine. Une question selon lui stratégique. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Autre mesure de précaution, le confinement volontaire des personnes fragiles. Le président a en effet demandé aux personnes «  âgées de plus de 70 ans, à celles et ceux qui souffrent de maladies chroniques ou de troubles respiratoires, aux personnes en situation de handicap, de rester autant que possible à leur domicile ».

Sans que le confinement général ne soit déclaré, Emmanuel Macron a insisté sur l’importance de limiter au maximum les déplacements, et demandé aux entreprises et aux salariés de mettre en place des solutions de télétravail autant que possible.

Depuis le début de l’épidémie, l’Hexagone tente de freiner le pic de l’épidémie pour laisser aux services hospitaliers le temps de se préparer à une arrivée massive de patients et éviter une saturation des services d’urgence et de réanimation.

Selon le dernier bilan communiqué par le ministère de la Santé, en France, le coronavirus a fait 2.876 cas de contamination et 61 morts.

Le président a néanmoins annoncé que les élections municipales étaient maintenues. Après avoir consulté les différentes familles politiques françaises, le président a rappelé l’importance d’assurer la continuité démocratique. « J’ai interrogé les scientifiques sur nos élections municipales […] Ils considèrent que rien ne s’oppose à ce que les Français, même les plus vulnérables, se rendent aux urnes. » a affirmé le président.

Crise économique

Au-delà des mesures sanitaires, le président a également annoncé une flopée de mesures économiques et sociales destinées à soutenir l’emploi et les entreprises, qui sont nombreuses à souffrir des retombées du coronavirus notamment dans les domaines, du tourisme, de l’événementiel, de la culture ou du transport.

Côté salarié, le président a annoncé la mise en place d’un « mécanisme exceptionnel et massif de chômage partiel ». Pour les entreprises, il sera possible de reporter « sans justification, sans formalité, sans pénalité [du] paiement des cotisations et impôts dus en mars ».

« Le coronavirus n’a pas de frontière »

Enfin, le président a insisté sur l’importance de la réponse européenne à la crise actuelle. « Le coronavirus n’a pas de frontière » a-t-il martelé, alors que l’ensemble des pays européens sont aujourd’hui touchés. « Nous devons aussi porter une réponse européenne » a-t-il affirmé.

« J’ai demandé au Gouvernement de préparer d’ores et déjà un plan de relance national et européen cohérent avec nos priorités et nos engagements pour l’avenir » a souligné le président. Évoquant les mesures prises par la Banque centrale européenne le 12 mars, Emmanuel Macron a jugé qu’elles ne seraient pas suffisantes.

L’UE mobilise 25 milliards d’euros pour atténuer le choc économique du coronavirus

Les institutions et les États membres de l’UE ont décidé d’assouplir la réglementation sur les dépenses de l’UE et de mobiliser au moins 25 milliards d’euros pour faire face aux retombées économiques du COVID-19.

« Nous, Européens, ne laisserons pas une crise financière et économique se propager. Nous réagirons fort et nous réagirons vite. L’ensemble des gouvernements européens doit prendre les décisions de soutien de l’activité puis de relance quoiqu’il en coûte. La France le fera, et c’est cette ligne que je porterai au niveau européen en votre nom. » a-t-il détaillé.

La fermeture des frontières devra quant à elle se faire au niveau européen si nécessaire. « Il faudra les prendre en Européens, à l’échelle européenne, car c’est à cette échelle-là que nous avons construit nos libertés et nos protections » a rappelé le président.

Vers la fin du libéralisme ?

Le discours d’Emmanuel Macron s’est conclu sur une déclaration forte en faveur du modèle français de l’État-providence, que le président a été accusé à plusieurs reprises depuis le début de son quinquennat de vouloir brader.

Appelant à «  interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies » le président français   a rappelé que «  la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. Ce que révèle cette pandémie ».

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