L’UE regrette les violences à la frontière entre le Tadjikistan et le Kirghizstan

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L’UE a déclaré vendredi (30 avril) qu’elle regrettait une grave escalade des tensions à la frontière entre la République kirghize et le Tadjikistan, ayant fait de nombreuses victimes.

Les affrontements, qui ne sont pas les premiers, sont vraisemblablement dus à l’absence de délimitation claire des frontières et aux revendications des deux parties concernant la rareté des ressources en eau.

Selon Radio Free Europe/Radio Liberty, le Kirghizstan a porté à 13 le nombre de personnes tuées dans des affrontements le long d’un segment contesté de sa frontière avec le Tadjikistan avant qu’un cessez-le-feu ne soit annoncé par les deux parties.

Le ministère kirghize de la Santé aurait déclaré que 134 personnes avaient été blessées au cours de deux jours d’affrontements qui ont débuté mercredi après que des habitants des deux côtés de la frontière ont commencé à se jeter des pierres.

La situation a rapidement dégénéré, amenant les forces kirghizes et tadjikes à échanger des coups de feu dans le district de Leylek (Batken), au sud-ouest du Kirghizstan.

Jeudi en fin de journée, les ministères des Affaires étrangères des deux pays ont annoncé qu’ils avaient convenu d’un cessez-le-feu et qu’ils retireraient leurs troupes tout en résolvant le conflit par la diplomatie.

Les autorités locales de la région de Batken ont indiqué que 13 500 Kirghizes avaient également été évacués des villages situés le long de la frontière.

La police kirghize de la région de Batken a imputé l’escalade aux citoyens tadjiks, qui auraient commencé à tirer sur une unité militaire située dans le village de Kok-Tash, tandis que des coups de feu ont également été signalés du côté tadjik près du village kirghize d’Ak-Sai.

Le service des gardes-frontières du Tadjikistan a réfuté ces allégations, affirmant que les militaires kirghizes ont été les premiers à tirer lorsqu’ils ont ouvert le feu sur les unités frontalières tadjikes près du centre de distribution d’eau de Golovnoi, situé sur un territoire dont les autorités tadjikes revendiquent la juridiction.

Le Tadjikistan, un État autoritaire qui exerce un contrôle étroit sur l’information, est resté plus discret sur le nombre de victimes, se contentant d’indiquer que deux citoyens tadjiks avaient été blessés par balle et transportés à l’hôpital jeudi et que sept autres habitants avaient été blessés lors des affrontements.

De nombreuses zones frontalières d’Asie centrale font l’objet de litiges depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, avec de nombreux incidents impliquant des tirs mortels. La situation est particulièrement compliquée dans la vallée de la Ferghana, région instable où se rejoignent les frontières du Kirghizstan, du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan.

L’UE a déclaré dans un communiqué qu’elle saluait l’accord conclu jeudi par la République kirghize et le Tadjikistan sur un cessez-le-feu et la poursuite des négociations en vue d’un règlement politique des questions frontalières. Dans cette déclaration, l’UE a exprimé ses regrets face aux violences de ces derniers jours et sa sympathie envers ceux qui ont perdu des parents ou des amis.

L’UE, notamment par l’intermédiaire de son représentant spécial pour l’Asie centrale, a établi des contacts diplomatiques permanents avec les autorités des deux pays, peut-on lire dans le communiqué.

« L’UE est prête à fournir, si nécessaire, une assistance technique par le biais de ses programmes régionaux portant sur la gestion des frontières et la gestion de l’eau, ainsi qu’un soutien politique continu en faveur de la stabilité et de la prospérité dans la région, qui sont des priorités essentielles de sa stratégie pour l’Asie centrale ».

En 2019, le président du Conseil européen de l’époque, Donald Tusk, s’est rendu en Asie centrale, notamment au Tadjikistan, dans le but de promouvoir la diplomatie et s’atteler à la problématique de la gestion de l’eau dans cette partie du monde.

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