La Russie accusée d’avoir mené une cyberattaque massive contre la Géorgie

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Le Ministère des Affaires étrangères de Géorgie a annoncé que les institutions et les médias du pays avaient été victimes d’une cyberattaque massive. La Russie serait responsable.

« Le 28 octobre 2019, une cyberattaque à grande échelle a été menée contre les sites web, les serveurs et les systèmes d’exploitation de l’administration du président de la Géorgie, des tribunaux, de plusieurs assemblées municipales, des organismes publics et privés ainsi que des organes de presse », a annoncé le ministre des Affaires étrangères géorgien.

Jusqu’à 15 000 sites (privés, publics ou médias) ont été piratés par des hackeurs, qui ont remplacé ces pages Web par une photo de l’ancien président géorgien, Mikheil Saakashvili, sur laquelle était inscrit « je reviendrai ».

En août 2008, une guerre éclair avec la Russie avait privé la Géorgie de 20 % de son territoire, désormais sous contrôle russe. Nombreux sont ceux qui blâment Mikheil Saakashvili, le président de l’époque actuellement en exil, d’avoir provoqué une guerre que la Géorgie n’aurait jamais pu gagner.

Ce n’est pas la première fois que la Russie est responsable de cyberattaques contre d’anciennes républiques soviétiques comme la Géorgie.

« L’enquête menée par les autorités géorgiennes, additionnée aux informations collectées par nos partenaires, [nous a permis de] conclure que la cyberattaque avait été planifiée et menée par Division principale de l’état-major général des forces armées de la Russie », a déclaré le Ministère des Affaires étrangères.

Parallèlement, les États-Unis et le Royaume-Uni ont quant à eux déclaré que les services de renseignement militaire russes (GRU), aussi appelés « Unit 74 455 » et « Sandworm », étaient responsables de l’attaque.

Le nom « Sandworm » avait été utilisé par le passé par une société de cyberintelligence américaine lors d’attaques contre l’Ukraine, mais aussi lors de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron. Des emails de phishing avaient alors été envoyés et des logiciels malveillants avaient été installés sur le site de la campagne électorale.

« Les États-Unis appellent la Russie à cesser d’agir de la sorte, en Géorgie et partout ailleurs », a déclaré Mike Pompeo, le secrétaire d’État américain. Il a ajouté que Washington aiderait la Géorgie à renforcer son système de défense contre de telles attaques.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a affirmé que « la campagne de cyberattaques dangereuses et effrontées contre la Géorgie, un État souverain et indépendant, était totalement inacceptable ».

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a indiqué « condamne [r] de telles activités malveillantes ».

À l’heure de la publication de cet article, le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) n’a pas encore réagi.

La Russie nie toute implication dans la cyberattaque. « La Russie n’a pas cherché et ne cherche pas à interférer dans les affaires internes de Géorgie de quelque façon que ce soit », a déclaré Andrei Rudenko, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, aux agences de presse du pays.

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