« L’attaque de Kouré a confirmé le déni des consignes »

Niamey a décidé de la suspension de l’accès au site des girafes pour que "les investigations qui se déroulent actuellement se poursuivent en toute sérénité". [Clémence Delmas]

Deux jours après l’attaque qui a coûté la vie à huit personnes dans cette localité du Niger, les recherches se poursuivent pour retrouver les auteurs. Un article de notre partenaire Deutsche Welle.

Le gouvernement nigérien a décidé d’élargir l’état d’urgence à la localité de Kouré, au sud-ouest du pays. Cette annonce a été faite lundi (10.08.20) au cours d’un conseil national de sécurité extraordinaire. Niamey a aussi décidé de la suspension de l’accès au site des girafes pour que « les investigations qui se déroulent actuellement se poursuivent en toute sérénité », a expliqué le ministre nigérien de l’Intérieur, Alkache Alhada à la télévision.

Cette annonce survient au lendemain de l’attaque dimanche qui a coûté la vie à huit personnes dont six humanitaires français de l’ONG Acted. Ces personnes étaient en excursion touristique lorsqu’elles ont été abattues par des hommes armés à motos.

Zone non sûre

Selon Saidou Maman Nassirou, coordonnateur de l’ONG « La voix des sans voix » au Niger, « l’attaque de Kouré a confirmé aussi le déni des consignes que les pays occidentaux donnent à leurs concitoyens sur l’espace nigérien ». Il s’interroge sur la raison de la visite des personnes tuées alors que la zone n’était pas sûre, pense-t-il. M. Saidou Maman Nassirou regrette que les consignes de sécurité ne soient pas respectées aussi par les Nigériens.

Les forces armées nigériennes continuent de traquer les auteurs de l’attaque. Niamey et Paris parlent d’une attaque « terroriste ». L’attaque n’a, cependant, pas encore été revendiquée.

L’ONG Acted, pour laquelle travaillaient six des huit victimes, va porter plainte à Paris « pour que soit éclairci ce qui s’est passé précisément ».

Une enquête a déjà été ouverte au Niger. Le parquet national antiterroriste français a annoncé, lui aussi, avoir ouvert une enquête notamment pour « assassinats en relation avec une entreprise terroriste ».

Changement de gouvernance

Saidou Maman Nassirou appelle l’Etat nigérien à « s’assumer davantage ». L’acteur de la société civile nigérienne n’exclut pas de possibles complicités au sein des populations. « Quand un citoyen sent que son pays fait tout pour lui, où qu’il se trouve, au village ou en campagne, il sera prêt comme un militaire, à mourir dans n’importe quelle condition, en dénonçant ceux qui sont venus nuire à son pays », explique-t-il. Selon lui, il faut alors un changement dans la gouvernance du pays. Fin décembre, les Nigériens vont élire un nouveau président. Le chef de l’Etat Mahamadou Issoufou ne se représente pas après deux mandats.

L’attaque de dimanche a eu lieu à 70 kilomètres de la capitale nigérienne, Niamey. L’ONG Acted dont les travailleurs ont été tués est présente dans le pays depuis 2010. Elle intervient dans les régions de Tillabéry, Diffa et Maradi « pour fournir une réponse d’urgence aux crises et mener des activités de résilience pour accompagner le relèvement des populations vulnérables ». L’ONG Acted a porté de l’assistance à un million de personnes.

 

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