Le parti socialiste roumain au bord du précipice

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La Première ministre roumaine, Viorica Dăncilă, espère sûrement avoir convaincu assez de gens de ne pas voter la  motion de défiance à l’égard de son gouvernement socialiste, prévue aujourd’hui (10 octobre).

Mais cette fois, le vote sera serré. Bruxelles « attend de voir », notamment car le nom du commissaire roumain, qui prendra en charge les transports, n’a pas encore été confirmé.

Les socialistes ont perdu leur majorité après le départ de la coalition du partenaire junior du gouvernement, l’Alliance des libéraux et démocrates (ALDE). Viorica Dăncilă, ancienne eurodéputée, est actuellement candidate du parti aux élections présidentielles de novembre.

La Première ministre était considérée comme une marionnette de Liviu Dragnea, l’ancien chef du parti social-démocrate (PSD), désormais derrière les barreaux pour corruption.

Au cours des dernières semaines, cependant, le PSD a recueilli le soutien de députés individuels, tels que des membres mécontents de l’ADLE ou même d’anciens membres du PSD qui étaient partis rejoindre d’autres partis. De plus, la Roumaine a tenté de garder son parti « soudé » avec à la fois des promesses de soutiens financiers gouvernementaux pour les autorités locales et des menaces de possibles accusations de corruption si le PSD venait à perdre le pouvoir.

Si elle perd le vote, Viorica Dăncilă pourrait considérer sa carrière politique comme terminée, car elle n’aurait aucune chance aux élections présidentielles du mois prochain. Mais si elle regagne la confiance du Parlement, elle pourrait rester Première ministre jusqu’aux élections législatives d’automne 2020 et il est difficile de croire qu’elle pourrait battre le président Klaus Iohannis, qui se présente pour un second mandat. Ce dernier est un allié proche d’Angela Merkel et est clairement soutenu par Bruxelles.

Mais si elle reste, Viorica Dăncilă sera confrontée à un autre défi : son pays n’a pas de candidat pour la prochaine Commission et pourrait même perdre le portefeuille de transport.

La Première ministre roumaine avait proposé deux anciens collègues pour le poste de commissaire — Dan Nica et Rovana Plumb. Cette dernière avait été choisie par la Présidente élue de l’exécutif européen, avant de finalement être refusée par la commission des affaires juridiques (JURI).

Le PSD a alors exploré de nombreuses options pour la remplacer, mais a finalement insisté sur Dan Nica. Toutefois, le député européen n’est pas un expert dans le domaine des transports et sa nomination briserait l’équilibre entre les hommes et les femmes recherché par Ursula von der Leyen.[Bogdan Neagu | Euractiv Roumanie, Sarantis Michalopoulos | Euractiv.com)

MADRID

Programme pour atténuer l’impact des sanctions douanières américaines. Le Premier ministre socialiste espagnol par intérim, Pedro Sánchez, a dévoilé mercredi un plan visant à réduire l’impact des droits de douane américains sur les produits agroalimentaires espagnols, en particulier le fromage, le vin et l’huile d’olive.

M. Sánchez a demandé à Bruxelles d’apporter une réponse ferme concernant les dernières mesures commerciales américaines mercredi 9 octobre.

Le plan d’action espagnol comprendrait une réduction considérable des formalités administratives pour permettre aux particuliers et aux entreprises d’accéder aux subventions nationales et européennes.

Entre-temps, le ministre espagnol de l’Agriculture par intérim, Luis Planas, a rencontré mercredi à Bruxelles la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, et le commissaire à l’Agriculture, Phil Hogan. Il leur a demandé le soutien de l’UE. Bien qu’il ne soit bon pour personne de s’engager dans une guerre commerciale avec les États-Unis, les intérêts « doivent être défendus fermement » et cela exige un « consensus », a-t-il déclaré. (Fernando Heller | Euroefe)

PARIS | ATHENES

Front de l’UE contre Ankara. La ministre française des Affaires européennes, Amélie de Montchalin, a déclaré mercredi que la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne appelaient le Conseil de sécurité des Nations unies à se réunir et à discuter de l’offensive turque en Syrie du Nord.

La Française a indiqué que les trois pays étaient également en train de finaliser une déclaration commune pour « condamner fermement » l’offensive turque, mais qu’une déclaration séparée de l’UE n’avait pas encore été adoptée, car certains pays ne l’avaient pas signée.

Entre-temps, dans une interview exclusive accordée à Skai TV à Athènes, le coprésident du Parti de l’Union démocratique kurde (PYD) a déclaré qu’objectif du président turc était le génocide du peuple kurde et a réclamé des actions de toute urgence de la part de la communauté internationale.

En ce qui concerne les États-Unis, il a déclaré que Washington a toujours garanti au peuple kurde que « nous serons là pour vous protéger ». Il a ajouté que les Kurdes étaient en contact avec le Bachar al-Assad pour coordonner les prochaines étapes.

(Euractiv France, Sarantis Michalopoulos | Euractiv.com)

VARSOVIE

Haro sur le charbon. « La Pologne doit s’éloigner du charbon. Ce sera douloureux, mais il faut que les États membres montrent leur soutien — nous sommes avec vous, nous trouverons les fonds nécessaires pour vous aider dans ce processus. Et je le dis en tant que petit-fils de mineurs », a déclaré, Frans Timmermans lors de de son audition au Parlement européen. Ce dernier sera chargé du « Green New Deal » dans le nouvel exécutif européen et il se concentrera plus que probablement à la politique énergétique et environnementale polonaise. (Łukasz Gadzała | Euractiv Pologne)

BRATISLAVA

La Slovaquie reste hostile à l’accueil des migrants. Bratislava ne rejoindra pas le mécanisme volontaire de répartition des migrants sauvés en mer, a déclaré le ministre de l’Intérieur, Denisa Saková, après une réunion du Conseil Justice et Affaires intérieures. À ses yeux, l’initiative de la France, de l’Italie, de Malte et de l’Allemagne comporte des facteurs de risque potentiels et peut encourager une augmentation des migrations. (Zuzana Gabrižová |Euractiv Slovaquie)

PRAGUE

Avertissement chinois. La décision du Conseil de Prague de mettre fin à un traité de partenariat entre Prague et Pékin a été identifiée par l’ambassade de Chine comme une rupture du lien de confiance et détériore des relations sino-tchèques. L’ambassadeur chinois a demandé à la municipalité de Prague de changer son approche, faute de quoi il estime que les Tchèques vont nuire à leurs propres intérêts. (Ondřej Plevák|Euractiv République tchèque).

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