Le Premier ministre italien appelle à une réforme du système pénitentiaire

C’est la première fois qu’un Premier ministre italien se rend dans une prison. [FILIPPO ATTILI/EPA]

Le Premier ministre italien Mario Draghi et la ministre de la Justice Marta Cartabia ont visité mercredi la prison de Santa Maria Capua Vetere en Campanie, qui a été secouée par des vagues de violences en avril 2020.

C’est la première fois qu’un Premier ministre italien se rend dans une prison. La prison a connu des violences en 2020, avec des allégations de mauvais traitements des détenus par la police pénitentiaire rapportées par le journal Domani.

La vidéo d'un passage à tabac par la police dans une prison provoque l'indignation en Italie

La publication par le journal Domani, mercredi 30 juin, d’une vidéo de surveillance de la prison de Santa Maria Capua Vetere, dans le sud de l’Italie, montrant des policiers brandissant des matraques et frappant violemment des détenus, a déclenché une énorme controverse en Italie.

M. Draghi et Mme Cartabia ont visité différents bras de la prison, et se sont entretenus avec certains des prisonniers, certains demandant au chef du gouvernement une grâce

« Le gouvernement n’a pas l’intention d’oublier. Il ne peut y avoir de justice là où il y a des abus. Et il ne peut y avoir de rééducation là où il y a des abus », a déclaré M. Draghi à la fin de la visite.

Le Premier ministre a ensuite souligné que « la responsabilité collective » de la violence, est celle « d’un système qui doit être réformé. »

« La détention doit être un rétablissement, une réhabilitation. Les prisons doivent être des communautés. Et nous devons protéger, en particulier, les droits des plus jeunes et des mères détenues », a-t-il déclaré.

« L’Italie a été condamnée deux fois par la Cour européenne des droits de l’homme pour surpopulation carcérale. Il y a des milliers de détenus de plus que de lits disponibles. Ces chiffres s’améliorent, mais ils restent inacceptables », a ajouté M. Draghi.

Au-delà des violences de Santa Maria Capua Vetere, les prisons italiennes sont marquées par le problème de la surpopulation depuis des années. Une légère diminution (de plus de 60 000 à 53 000) a été enregistrée lors de la transition entre 2020 et 2021, mais les chiffres restent élevés, faisant des prisons italiennes les plus surpeuplées d’Europe.

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