Le président finlandais réélu dès le premier tour

Sauli Niinistö avec Federica Mogherini, en 2015. [European External Action Service/Flickr]

Plébiscité par 60% des Finlandais au premier tour, le charismatique président Sauli Niinistö prouve que sa maîtrise dans l’art de rapprocher son pays de l’Occident sans heurter son puissant voisin russe satisfait ses compatriotes.

Sauli Niinistö rassemble 62,7% des suffrages, selon les résultats publiés par le ministère de la Justice après le dépouillement de l’ensemble des bulletins. Le président sortant relègue donc loin derrière son principal rival, le Vert Pekka Haavisto, avec 12,4% des voix.

« Ce résultat est plutôt étonnant », a-t-il déclaré, revendiquant modestement la victoire se disant « touché par ce soutien ».

Cette victoire dès le premier tour est du jamais-vu depuis 1994 et la première élection du président finlandais au scrutin majoritaire direct.  Quelque 66,7% des 3,5 millions d’électeurs se sont déplacés pour voter. Une participation légèrement en baisse par rapport à 2012 où elle avait atteint 72,8%.

Depuis son élection en 2012, Sauli Niinistö, qui se présentait cette année comme indépendant, bat des records de popularité notamment grâce à sa stratégie envers la Russie.  Le président, chef de l’État et des armées, partage la conduite des Affaires internationales et de défense avec le gouvernement, à l’exception des Affaires européennes qui en principe lui échappent.

Sa mission première a été de mettre la Finlande sous la protection du bouclier nucléaire américain, sans heurter Vladimir Poutine, à couteaux tirés avec l’Union européenne et ses alliés depuis l’annexion par Moscou de la Crimée en 2014.

Un « choix sûr »

Cette stratégie a séduit les Finlandais, qui partagent avec les Russes une frontière de 1 340 kilomètres, la plus longue de l’UE avec ce puissant voisin, comme le confirme à l’AFP Raija Palmu, une retraitée d’Helsinki âgée de 62 ans : « Sauli Niinistö est un choix sûr étant donné la situation dans laquelle se trouve le monde ».

« Sauli Niinistö n’est pas favorable au fait que la Finlande rejoigne l’Otan mais il est favorable à l’établissement de liens plus forts avec l’Occident », a rappelé Tapio Raunio, professeur de sciences politiques à l’Université de Tampere. Une position « partagée par les partis politiques principaux et aussi par l’opinion ».

Il a « joué un rôle actif en politique étrangère, en rencontrant les dirigeants russes […] les gens apprécient le leadership dont il a fait preuve », a souligné Tapio Raunio.

Habitué des hautes sphères du pouvoir depuis le milieu des années 1990, Sauli Niinistö est né en 1948 dans une famille ouvrière du sud-ouest du pays.

Membre du parti conservateur Coalition nationale, il est ministre de la Justice en 1995-96, prend ensuite le portefeuille des Finances (1996-2003) et aide son pays à sortir de la récession à la fin des années 1990 avant de le faire entrer dans la zone euro.

En 1995, ce père de deux enfants a perdu sa première épouse dans un accident de la route. En 2004, il a lui-même failli mourir dans un tsunami en Thaïlande.

En 2009, il a épousé en secondes noces l’attachée de presse de son parti, Jenni Haukio, de 29 ans sa cadette, qui a permis à cet homme un peu sec de se forger une image plus humaine auprès des Finlandais.

Le couple a annoncé en octobre qu’il attendait un enfant pour février. Selon certains analystes, la nouvelle a encore accru la cote d’amour de Sauli Niinistö auprès de ses concitoyens.

« Les changements dans ma vie privé ne changeront pas ma manière de gérer ma tâche en tant que président », a-t-il assuré dimanche. Les résultats définitifs seront publiés le 30 janvier, a annoncé le ministère de l’Intérieur.

 

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