Le sérail politique slovaque secoué par la corruption

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Scandale de corruption en Slovaquie : un enregistrement de 2014 lève le voile sur les relations qu’entretenait l’ancien procureur général, Dobroslav Trnka, avec l’homme d’affaires controversé, Marian Kocner.

Dobroslav Trnka est toujours procureur au Bureau du Procureur général, tandis que Marian Kocner est actuellement en prison, accusé de fraudes financières à grande échelle et d’avoir commandité l’assassinat du journaliste Jan Kuciak en 2018. L’enregistrement a été diffusé lundi (14 octobre) par le quotidien Dennik N et proviendrait du téléphone portable de Marian Kocner, confisqué par la police.

Au cours de cette conversation de 70 minutes, l’homme d’affaires a traité le procureur Trnka comme son subordonné et l’a menacé de mort pour avoir fait du chantage à Jaroslav Hascak, le PDG du groupe financier Penta. Il l’aurait menacé de divulguer des conversations relatives à l’affaire « Gorilla », un scandale politique slovaque dévoilant que le groupe Penta a corrompu des fonctionnaires dans les années 2000.

Dans l’enregistrement publié lundi, Marian Kocner révèle que Droboslav Hascak l’a déjà payé pour l’enregistrement original de « Gorilla ». L’enquête sur cette affaire est toujours en cours, mais n’a jamais abouti devant les tribunaux. M. Hascak nie avoir acheté l’enregistrement et continue de remettre en question son authenticité.

Bien que M.Trnka et M.Kocner soient connus pour être des alliés historiques du Smer-SD au pouvoir, le président du parti et ancien Premier ministre, Robert Fico, a lui insisté lundi sur le fait que le « Smer-SD n’a rien à voir avec Gorilla ». Mais le Premier ministre Peter Pellegrini, vice-président du Smer-SD, a proposé lundi de modifier la loi afin qu’elle permette de responsabiliser davantage les procureurs individuels et de limiter les compétences du procureur général.

L’actuel procureur général, Jaromir Ciznar, a déclaré qu’il ne peut pas forcer M. Trnka à démissionner du bureau du procureur sans être inculpé. La police a, de son côté, affirmé qu’elle prenait cette affaire très au sérieux. Quant à Marian Kocner, il est sur le point d’être inculpé pour le meurtre de Jan Kuciak, tandis que les fuites de ses archives personnelles continuent de discréditer ses alliés qui travaillent dans la police et sont membres du Smer-SD. (Pavol Szalai | Euractiv Slovaquie)

>> Lire aussi : Affaire Jàn Kuciak : quand un crime en cache une vingtaine d’autres

SYRIE

Ne pas jouer à Istanbul. Le ministre italien des Sports, Vincenzo Spadafora, a envoyé une lettre à la Fédération européenne de football (UEFA) pour lui demander s’il est opportun de disputer la finale de la Ligue des champions à Istanbul en mai prochain, compte tenu des actions menées par la Turquie en Syrie. « J’espère que l’UEFA pourra faire preuve de courage et démontrer, une fois de plus, que le sport est un porteur de paix », a écrit le ministre.

Du côté grec, Athènes et Nicosie sont satisfaites des décisions du Conseil des ministres contre la Turquie pour forage illégal dans la zone économique exclusive chypriote.

Le ministre chypriote des Affaires étrangères, Nikos Christodoulides, s’est félicité que « le Conseil Affaires étrangères ait décidé aujourd’hui à l’unanimité d’instituer des sanctions contre les personnes physiques et morales responsables ou impliquées dans les actions illégales de la Turquie dans la zone économique exclusive de Chypre ».

Le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Dendias, a déclaré que l’UE « est allée un peu plus loin que les décisions précédentes en prenant des mesures contre les personnes physiques et morales, notamment contre les intérêts chypriotes ». Les deux gouvernements font maintenant pression sur la Commission européenne pour qu’elle prenne des mesures concrètes. (Željko Trkanjec | Euractiv Croatie, Gerardo Fortuna| Euractiv.com, Theodore Karaoulanis |Euractiv Grèce)

BERLIN

Les banques allemandes en difficulté. Selon le baromètre bancaire de cette année réalisé par le cabinet de consultance, EY, 68 % des établissements financiers s’attendent à une détérioration de la situation économique et 5 % à une reprise. L’année précédente, 67 % d’entre eux croyaient encore à cette amélioration et seulement 2 % étaient pessimistes. « La situation du secteur bancaire allemand va de mal en pis depuis plusieurs mois », a déclaré Robert Melnyk, responsable des activités bancaires d’EY. (Claire Stam | Euractiv Allemagne)

MADRID

Neuf politiciens et militants catalans ont été condamnés à 13 ans de prison par la Cour suprême d’Espagne pour leur participation à un référendum interdit en 2017, au milieu des vives réactions des séparatistes.

À la veille des élections générales, qui doivent avoir lieu le 10 novembre, les analystes prédisent que la situation politique instable en Catalogne à la suite des événements aura probablement un impact sur l’électorat. (Fernando Heller | Euroefe)

ROME

Bisbille budgétaire. Le gouvernement italien a reporté la réunion du cabinet pour finaliser le projet de plan budgétaire, car le Mouvement des cinq étoiles (M5S) et le Parti démocrate (PD) n’ont pas encore réussi à conclure un accord. Ils ne sont toujours pas d’accord sur la mesure « quota 100 », le système de retraite anticipée, qui était la mesure phare du gouvernement précédent. (Gerardo Fortuna, Euractiv.com)

VARSOVIE

Le contrecoup des élections. Le parti Droit et Justice (PiS/CRE) est le grand vainqueur des élections législatives avec 43,59 % des voix, suivi par la Coalition civique (KO/PPE) avec 27,40 %. La gauche a obtenu 12,56 %, le conservateur pro-européen PSL (PPE) 8,55 % et l’extrême droite Konfederacja 6,81 %. Sur les 460 sièges disponibles au Sejm, la chambre basse du parlement, le PiS en a reçu 235, le KO 134, la gauche 49, le PSL 30 et Konfederacja 11.

Cependant, au Sénat, où l’opposition a présenté une liste commune, elle a réussi à battre le PiS de justesse, avec 51 contre 49. Cela signifie que l’opposition pourra ralentir le processus législatif et vérifier certaines nominations du parti au pouvoir.

En outre, une plus grande fragmentation au sein du parlement n’aidera pas le PiS, car il leur manque des partenaires potentiels de coalition. De plus, tant la gauche que l’extrême droite tenteront de façonner le débat national sur de nombreuses questions, en promouvant leurs idées et en affaiblissant l’influence du PiS. (Łukasz Gadzała |Euractiv Pologne)

SOFIA

Sofia vs. Volkswagen. La Bulgarie va demander à la Commission européenne d’intervenir sur la décision de Volkswagen de construire une usine en Turquie. « Nous restons amis avec Volkswagen, mais nous demanderons à la Commission européenne d’enquêter sur l’investissement », a déclaré l’ancienne présidente bulgare Rosen Plevneliev, qui dirige actuellement l’ONG, Automative Cluster Bulgaria.

La Bulgarie reproche à la Turquie de ne pas avoir respecté les règles du marché commun de l’UE concernant les aides d’État promises à Volkswagen. Sofia affirme surtout qu’Istanbul a promis un grand nombre de fonds à VW, y compris l’achat garanti d’une partie de la production de l’usine automobile.

« La Turquie n’est pas membre de l’UE, mais membre du marché commun et de l’union douanière. Le pays doit adhérer aux règles du marché commun. J’espère que l’accord Volkswagen restera un exemple de violation des règles du marché commun. Cet accord aura des conséquences. Le non-respect apparent des règles du marché commun devrait donner lieu à des sanctions », a ajouté M. Plevneliev. (Krassen Nikolov |Euractiv Bulgarie)

 

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