Les élections américaines de mi-mandat échappent aux cyberattaques

Faute de moyens, les élections de mi-mandat aux États-Unis n’ont pas fait l’objet d’intervention de la Russie. Les élections européennes pourraient également passer sous le radar de Moscou.

Contrairement à l’élection présidentielle de 2016, les élections américaines de mi-mandat, qui ont abouti à une majorité démocrate n’ont pas suscité de cyberattaques ou de tentative d’influence directes de la part de la Russie.

Le risque était pourtant présent dans tous les esprits, après les procès intentés par le procureur Robert Mueller contre des proches de Trump, Paul Manafort et Michael Cohen, dans le cadre d’une vaste enquête sur la collusion éventuelle de la Russie face aux élections présidentielles.

L’armée américaine était même préparée à une telle attaque. Selon le Center for Politic Integrity, des mesures de rétorsion étaient même prévues en cas d’attaque.

« On m’a souvent demandé, alors, est-ce qu’ils interviennent ? Et bien non, il ne s’est rien passé » explique Alina Polyakova, chercheur à l’institut Brookings et invitée à évoquer le sujet par le think-tank ECFR, le 7 novembre à Paris.

Les revers judiciaires de proches de Trump fragilisent les républicains

Deux proches du président américain mis en cause par des juridictions différentes auraient commis des fraudes fiscales et bancaires à grande échelle. Son ex-avocat accuse le président de l’avoir forcé à commettre un crime en achetant le silence de deux femmes.

 

Un désintérêt qui aurait, selon la chercheuse, plusieurs motifs. Pour Moscou, les élections de mi-mandat sont moins cruciales que ne l’ont été les élections présidentielles. « Et la Russie est un état pauvre ! Ce serait beaucoup de ressources à mobiliser pour un résultat modeste », estime la chercheuse. Par ailleurs, les États-Unis n’ont pas de stratégie claire envers la Russie, ce qui affaiblirait l’impact des éventuelles sanctions en cours de discussions au Congrès américain.

L’absence d’intervention de la Russie sur les élections américaines souligne aussi son absence de stratégie à long terme. Le pays aurait envie d’intervenir, mais manquerait de forces opérationnelles pour établir une véritable cyberstratégie.

Une situation qui le contraint à mener des interventions au coup par coup, en ayant recours à des hackers parfois issus de milieux criminels.

Les élections européennes devraient être cibles de propagandes, mais pas de cyber attaques

Ainsi, la Russie pourrait-elle renoncer à influencer les élections européennes ? « De toute façon, la Russie n’en a pas vraiment besoin, les forces prorusses devraient être plus importantes dans la future Assemblée européenne », assure la chercheuse.

Selon les dernières projections, l’extrême droit, souvent prorusse, devrait progresser de quelque 3 % dans le futur Parlement européen, et l’extrême gauche, parfois également favorable à la Russie, devrait également gagner des points aux dépens des partis plus traditionnels de centre droit et centre gauche.

En revanche, les zones d’influence directe de la Russie sont plus susceptibles d’être victimes de cyber attaques pour perturber des élections nationales au cas par cas.

L’Ukraine semble notamment une cible de choix. Le réseau électrique du pays a déjà été victime d’une cyber attaque d’ampleur qui a plongé le pays dans le noir, et son système électoral a également fait l’objet d’attaques. Les élections prévues en mars prochain, pour choisir un nouveau président et de nouveaux députés,  sont donc une cible de choix.

L’absence de cyber attaques directes pour perturber les campagnes électorales n’empêchera toutefois pas les outils de propagandes classiques comme RT ou Sputnik de fonctionner, la désinformation restant un outil plus simple que l’intervention directe.

Si les cyber attaques sont une spécialité russe, le cyber espionnage semble en revanche une activité nettement plus répandue, comme le souligne Stanislav Secrieru de l’European Union  Institute for Securities Studies. «La Chine a hacké les campagnes de Obama et McCain en 2008, mais a visiblement préféré digéré l’information et ne pas influencer le résultat des élections, assure le spécialiste.

De l’avis général, la France fait partie des Etats qui se renseignent activement sur les campagnes des autres pays, la différence avec la Russie étant que la France le fait à une fréquence moindre. Et surtout sans publier les renseignements obtenus.

 

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