L’UE estime que la Lituanie a agi « dans les règles » dans le conflit qui l’oppose à la Russie

Cette nouvelle querelle suscite des inquiétudes quant à l’apparition d’un autre foyer de tension dans les pays baltes, une semaine après qu’un projet de loi remettant en cause l’indépendance de la Lituanie a été soumis à la Douma russe. [Shutterstock/travelarium.ph]

La Lituanie n’a pas agi unilatéralement et n’a fait qu’appliquer les sanctions européennes lorsqu’elle a décidé d’interdire le transit de certaines marchandises vers l’enclave russe de Kaliningrad, a déclaré le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, lundi (20 juin), soutenant ainsi Vilnius dans son nouveau différend avec Moscou.

Cette nouvelle querelle suscite des inquiétudes quant à l’apparition d’un autre foyer de tension dans les pays baltes, une semaine après qu’un projet de loi remettant en cause l’indépendance de la Lituanie a été soumis à la Douma russe.

Depuis des semaines, la télévision d’État russe évoque, entre autres, la possibilité pour Moscou d’ouvrir un « couloir » de la Biélorussie à travers la Pologne — le passage de Suwałki — et de contourner ainsi la route terrestre à travers la Lituanie.

« Conformément aux sanctions de l’UE, il y a des restrictions sur les importations et les exportations qui s’appliquent sur certaines marchandises », a déclaré M. Borrell lundi après une réunion des ministres des Affaires étrangères du bloc à Luxembourg.

« L’accusation portée contre la Lituanie selon laquelle elle appliquerait des sanctions lituaniennes est fausse, c’est de la pure propagande », a-t-il poursuivi.

« La Lituanie ne fait rien d’autre que de mettre en œuvre les lignes directrices de la Commission européenne […] si elles transitent par le territoire de l’UE pour certaines marchandises, alors c’est interdit », a-t-il ajouté.

M. Borrell a déclaré que l’UE allait néanmoins « revérifier » les lignes directrices de l’UE pour s’assurer que celles-ci « s’alignent complètement » avec toute sorte de mesures.

Le chef de la diplomatie de l’UE a également fermement démenti qu’un « blocus » soit imposé entre Kaliningrad et la Russie, ajoutant que le transit des passagers et des marchandises non concernés par les sanctions se poursuivait quant à lui.

La Russie avait menacé de riposter aux restrictions « ouvertement hostiles » de la Lituanie après que cette dernière eut interrompu lundi matin le transport ferroviaire de marchandises russes visées par les sanctions européenne vers l’enclave russe de Kaliningrad, un territoire coincé entre la Lituanie et la Pologne.

Le ministère russe des Affaires étrangères a demandé à Vilnius de revenir immédiatement sur ce qu’il considère comme une mesure « ouvertement hostile ».

« La Russie se réserve le droit de prendre des mesures pour protéger ses intérêts nationaux si le transit de marchandises de Kaliningrad vers le reste du pays via la Lituanie n’est pas rétabli intégralement dans un futur proche », a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

La région, qui abrite une importante base navale russe et des rampes de lancement pour les systèmes de missiles russes Iskander, est enclavée entre la Pologne et la Lituanie et n’a aucune liaison terrestre avec la Russie.

Avec les restrictions imposées à la liaison ferroviaire, Kaliningrad doit maintenant intensifier le transport par bateau.

Le ministère lituanien des Affaires étrangères, quant à lui, a souligné dans un communiqué qu’il ne bloquait que les cargaisons sanctionnées à destination de Kaliningrad.

« Ce n’est pas la Lituanie qui fait quoi que ce soit — ce sont les sanctions européennes qui sont entrées en vigueur le 17 juin », a expliqué le ministre lituanien des Affaires étrangères, Gabrielius Landsbergis, aux journalistes à Luxembourg.

« Cela a été fait en consultant la Commission européenne et conformément aux directives de la Commission européenne », a-t-il ajouté.

M. Borrell a également souligné que la décision de la Lituanie ne devait pas être comparée à la situation en Ukraine.

« Le reste du monde ne sera pas affecté par ce qui se passe à Kaliningrad, mais le reste du monde est très affecté par ce qui se passe en Ukraine », a-t-il conclu.

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