Mondialisation : les Français toujours inquiets

Crédit: ESB Professional

Selon un sondage OpinionWay, 60 % des personnes interrogées ont une image négative de la mondialisation. Il semble que les inégalités engendrées par ce phénomène contribuent à exacerber les craintes. Un article de notre partenaire La Tribune

La mondialisation tracasse les Français. Selon les derniers résultats du sondage OpinionWay pour le Printemps de l’économie, 6 personnes interrogées sur 10 ont une mauvaise opinion de ce phénomène et 14 % en ont une très mauvaise opinion. Les Français sont avant tout inquiets pour leur avenir dans le contexte de la mondialisation. Alors que les populismes continuent de progresser en Europe et notamment en Italie, les effets de la mondialisation restent au centre des préoccupations des citoyens.

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Des effets économiques contestés

Les retombées économiques de la mondialisation ne semblent pas partagées par les Français. Pour les interrogés, il existe clairement des vainqueurs et des perdants dans le processus de globalisation à l’échelle de la planète. Certaines régions ont réussi à tirer leur épingle du jeu et à bénéficier d’effets positifs de la globalisation comme l’Asie (pour 55 % des personnes interrogées) et l’Amérique du Nord (51 %).

Les Français se montrent plus partagés concernant les effets de ce phénomène sur l’Europe. 47 % des personnes questionnées jugent qu’elle a eu des effets négatifs contre 39 % pensent qu’elle eu des effets positifs. Les conséquences sont également perçues en demi-teinte pour la Russie (36 % positifs, 39 % négatifs) et pour l’Océanie (29 % positifs, 41 % négatifs). À l’opposé, certaines régions ont souffert d’effets néfastes liés à ce phénomène comme l’Afrique (55 %) et l’Amérique du Sud (50 %).

Au regard des résultats, des disparités apparaissent en fonction des catégories socioprofessionnelles. Les répondants appartenant aux catégories populaires sont bien plus critiques sur les effets de la mondialisation dans les différentes régions du monde. « Pour chacune des régions testées, moins de la moitié considèrent que les effets de la mondialisation ont été positifs, alors que 56 % des personnes issues des catégories favorisées jugent les effets positifs en Asie et 54 % en Amérique du Nord. »

L’échantillon considère également que l’éradication de la faim, la baisse des inégalités ou la préservation de l’environnement semblent être des objectifs peu compatibles avec ce phénomène. Pour les interrogés, seule l’innovation technologique profiterait des effets de tous ces échanges.

La France loin d’être épargnée

Dans l’enquête menée par l’institut de sondages, les Français n’ont pas manqué de critiquer les effets de la mondialisation sur l’hexagone. Plus de 55 % des interrogés jugent que dans le domaine économique et environnemental, la globalisation a eu des effets négatifs. Les personnes interrogées critiquent fortement ces effets sur les salaires (65 %), l’emploi (64 %) et le pouvoir d’achat (58 %). Sur la croissance, les avis sont plus partagés. 49 % considèrent que la mondialisation a eu une influence négative, tandis qu’un tiers des personnes interrogées lui attribuent des effets positifs.

Les Français inquiets pour leur avenir

Pour les trois quarts des interrogés, la mondialisation devrait continuer de s’étendre et devrait toucher à terme tous les secteurs de l’économie.

L’uniformisation est également une crainte exprimée par 54 % des Français tant au niveau du mode de vie que des pratiques culturelles similaires qui pourraient aboutir à ce que toutes les sociétés se ressemblent. Seule une minorité de Français (34 %) jugent que la mondialisation favorisera la paix dans le monde et que les inégalités de revenus diminueront sous son influence.

Au final, les Français sont plutôt pessimistes sur leur avenir dans le contexte de la mondialisation. Il s’inquiètent en particulier du futur des générations à venir. « L’avenir de la France (67 %) et du monde (65 %) représentent également des sources d’inquiétude fortes et à leur échelle personnelle, les Français reconnaissent également être pessimistes pour leur propre avenir (63 %) ».

Le niveau vie des interrogés semble également jouer un rôle primordial dans la perception de la mondialisation. Les catégories les plus défavorisées qui expriment le plus de critiques à l’égard de la mondialisation sont également celles qui se sentent le plus démunies pour l’avenir. Ainsi, 58 % des interrogés issus des catégories populaires (contre 54 % des personnes issues des catégories favorisées), 62 % des personnes non diplômées (contre 46 % des personnes ayant un diplôme du supérieur à bac+2) et 57 % des personnes ayant un niveau de revenu inférieur à 2.000 euros par mois (contre 51 % des personnes gagnant 3.500 euros par mois ou plus) déclarent être pessimistes sur ces perspectives d’avenir dans le cadre de la mondialisation.

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