Moscovici renonce aux élections européennes faute de soutien français

PA-EFE/JULIEN WARNAND

Le commissaire français Pierre Moscovici dénonce les positions hésitantes du Parti socialiste sur l’Europe. Et renonce à être candidat à la présidence de la Commission, faute d’investiture de son parti.

La question se posait dans les couloirs du Parlement européen durant la session parlementaire du 1er au 4 octobre : Moscovici serait-il Spitzenkandidat face au Slovaque Maros Sefcovic ?

Le commissaire français y a finalement répondu jeudi 4 octobre dans une longue explication sur son blog, et dans une interview au Monde où il explique qu’il ne sera pas candidat, faute d’être tête de liste de son parti politique en France.

Le Slovaque Šefčovič se verrait bien à la tête de la Commission

Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission chargé de l’union de l’énergie, a annoncé sa candidature à la présidence de la Commission européenne. Le commissaire slovaque se présente pour le Parti socialiste européen.

Contrairement à d’autres comme Alexander Stubb qui se présentent en tant que Spitzenkandidat sans se présenter aux élections européennes, le commissaire français estime en effet que l’un ne va pas avec l’autre.

Le programme pour l’Europe a fait l’objet de débats compliqués depuis plusieurs mois au PS, et le bureau du parti mardi 2 octobre au soir a entériné ces différences, et aussi confirmé que Pierre Moscovici n’aurait pas le soutien pour être tête de liste. Celle-ci pourrait échoir à l’eurodéputée Christine Revault d’Allonnes sans doute en tandem avec un autre candidat. Autre eurodéputé sortant, Eric Andrieu est également candidat.

Pour Pierre Moscovici, « le Parti socialiste n’a jusqu’à présent mené à leur terme ni sa clarification ni son rassemblement. Il reste divisé entre ceux qui voient dans l’Europe une chance, un horizon, un ADN de la gauche de gouvernement, et ceux qui voient en elle une contrainte, un problème, voire une erreur. Il continue de chercher à marier en son sein les contraires, dans un nouveau ni/ni – ni pour ni contre,  ni pro- ni anti-européen – qui n’est pas lisible ».

Dans son blog, le commissaire sortant regrette la place encore forte au sein du PS d’idées anti-européennes. Dans son entourage, on déplore aussi que le bilan de la Commission sortante ne soit pas reconnu par la gauche française.

« On a joué défensif, certes, pas offensif, on ne pouvait pas vues les forces en présence. Mais avec 8 commissaires sur 20, les socialistes n’ont pas démérité en luttant contre l’évasion fiscale et en faisant avancer les dossiers sur l’environnement » assure une source à la Commission.

Malgré son retrait de la course aux « Spitzenkandidaten », Pierre Moscovici qui a envoyé à Sergei Stanichev, à la tête du parti socialiste européen, une lettre expliquant ses motivations, souhaite s’associer à la campagne des socialistes européens.

Ne pas laisser le progressisme à Macron

Pierre Moscovici dit aussi ne pas vouloir laisser le terme progressisme à Macron,  même s’il préfère utiliser celui de « parti de progrès ».

Pour cela, il envisage une alliance des progressistes de gauche, qui viserait à étendre le parti sur sa gauche en tendant la main à des acteurs à la fois progressistes et pro-européens, comme Syriza par exemple, voire les Verts.

Les forces socialistes sont en lambeau dans de nombreux pays, ce qui explique aussi le besoin qu’a le parti de s’ouvrir. La petite forme du PSE se traduit d’ailleurs par cette situation étonnante : à deux semaines de la clôture des candidatures, alors que Federica Mogherini et Pierre Moscovici ont jeté l’éponge, le seul candidat déclaré est pour l’instant le commissaire slovaque Maros Sefcovic. Pressenti, le vice-président de la Commission Frans Timmermans n’a pas confirmé sa candidature, même s’il se dit qu’il aurait le soutien du premier ministre très libéral Mark Rutte.

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