Secrétaire Exécutif du G5 Sahel : « Le temps des coups d’Etat est révolu »

Le Secrétaire Exécutif du G5 Sahel, Maman Sidikou. [AMISOM Public Information - Flickr]

Le G5 Sahel, selon son Secrétaire Exécutif, exige un civil pour diriger la transition au Mali. Pour Maman Sidikou, le coup d’Etat est « d’abord un échec des Maliens ». Une interview de notre partenaire Deutsche Welle.

L’Union européenne a suspendu temporairement ses missions de formation de l’armée et de la police au Mali. L’annonce a été faite ce mercredi après le coup d’Etat militaire qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta, a déclaré le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

La plupart des militaires de la force spéciale malienne ont été formés par des partenaires du pays. Ce qui soulève à nouveau des interrogations liées à la formation de ces soldats qui peinent pourtant à venir à bout des terroristes qui sévissent au Mali et dans le Sahel.

À cette question, le Secrétaire Exécutif du G5 Sahel, Maman Sidikou répond : « Il faut interroger ce qui se passe en interne, plutôt que de parler des formations données par nos partenaires ».

Dans une interview exclusive accordée à la DW, Sidikou rappelle que l’interruption d’un processus constitutionnel ne peut pas être considérée comme normale. Il avoue aussi avoir été surpris, car il estime que « le temps des coups d’Etat est révolu ».

Extrait de l’entretien avec Maman Sidikou 

DW : Comment réagissez-vous au putsch militaire qui a renversé le Président, Ibrahim Boubacar Keïta ?

Maman Sidikou : Au niveau du G5 Sahel, nous agissons dans une optique d’accompagnement des efforts de la Cédéao, en étroite collaboration avec les autres partenaires: l’Union africaine, les Nations unies. Nous sommes en mission ici, instruits par le président du G5 Sahel, le président Ghazouani, de Mauritanie, et en effet face à une situation très préoccupante pour la région.

DW : Quelle a été votre marge de manœuvre depuis le renversement du régime d’IBK?

Maman Sidikou : Nous avons continué à travailler normalement, et il n’y a pas d’interruption dans les opérations, par exemple. Il n’y a pas d’interruption dans les contacts au ministère des Affaires étrangères du Mali et dans la concertation permanente entre nos cinq chefs d’Etat et avec la Cédéao. Notre force conjointe qui est sur place continue à travailler avec l’armée malienne pour organiser nos opérations.

DW : Nous savons que ce sont les hauts gradés de l’armée malienne qui ont mené ce putsch, dont certains ont été formés en France, d’autres en Russie ou encore par le programme américain Flintlock. Est-ce que vous avez été surpris par leur mode opératoire ?

Maman Sidikou : Toute interruption d’un processus constitutionnel, surprend, étonne et n’est pas normale. C’est tout ce que je peux dire là-dessus. Mais surpris ? Oui, parce que bon, pour nous, le temps des coups d’Etat est révolu.

Nos jeunes amis du Conseil national du salut du peuple disent que ce n’est pas un coup d’Etat. Ceux qui étaient dans la rue aussi disent que c’est l’aboutissement de tout ce qu’il y avait comme tension avant.

DW : Mais est-ce que ce n’est pas un aveu d’échec de la communauté internationale ?

Maman Sidikou : Disons que c’est d’abord un échec de la communauté malienne, des Maliens eux-mêmes.

DW : La plupart des militaires (maliens), en tout cas des forces spéciales, sont formés par la communauté internationale à travers divers programmes…

Maman Sidikou : Il y a des questions à se poser à ce niveau-là, mais nos armées, d’une façon générale ont des formations dans divers pays. On ne leur apprend pas à faire des coups d’État au cours de ses formations-là. Donc il faut interroger ce qui se passe en interne, plutôt que de parler des formations données par nos partenaires.

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