La Belgique doit agir pour mettre fin aux violences policières et au profilage ethnique, selon l’ONU

Le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) a recommandé à la Belgique de « prendre des mesures pour garantir des enquêtes rapides, approfondies et impartiales sur toutes les allégations d’incidents racistes causés par la police ou impliquant celle-ci ». [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

La Belgique doit prendre des mesures pour lutter contre la « violence raciale liée à la police » et mettre fin au profilage ethnique, selon les nouvelles recommandations d’un comité de l’ONU publiées lundi (3 mai).

Le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) a recommandé à la Belgique de « prendre des mesures pour garantir des enquêtes rapides, approfondies et impartiales sur toutes les allégations d’incidents racistes causés par la police ou impliquant celle-ci ».

Il a également demandé l’interdiction explicite du profilage ethnique et la mise en place d’un système indépendant pour traiter les plaintes afférentes.

Par ailleurs, le comité s’est également inquiété du fait que le code de la nationalité belge crée deux catégories de Belges, ce qui est en soi source de discrimination.

Le comité de l’ONU a conclu qu’il devrait également y avoir une diversité ethnique au sein des forces de police.

En réponse, Tine Claus, un haut fonctionnaire du Service public fédéral de la justice belge (SPF Justice), a déclaré au comité que la lutte contre la violence policière et le racisme était une priorité du gouvernement et que le profilage ethnique sur la seule base de l’origine ethnique était déjà illégal.

La mort de Jozef Chovanec, un ressortissant slovaque, à la suite de brutalités policières après son arrestation à Charleroi en 2018, et les scènes de violence policière en réponse aux manifestations « Black Lives Matter » de l’été dernier, font partie d’une série d’incidents récents auxquels le comité de l’ONU a fait référence.

En France, la pandémie de Covid-19 a accentué les discriminations, selon Amnesty International

« La pandémie a révélé les inégalités systémiques massives que subissent partout dans le monde les minorités, le personnel de santé et les femmes, qui font partie des populations les plus durement touchées », peut-on lire dans le rapport d’Amnesty International.

Toutefois, le CERD, composé de 18 experts indépendants, a également salué les récentes mesures du gouvernement belge, notamment les réformes du Code pénal social et l’arrêté royal visant à prévenir la discrimination raciale sur le lieu de travail.

De plus, le comité, qui surveille les 182 pays signataires de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, a exprimé des inquiétudes quant aux rapports faisant état d’une augmentation de la violence policière pendant la pandémie de Covid-19 et lors des récentes manifestations antiracistes.

Les recommandations font suite à un dialogue de deux semaines entre le CERD et les autorités belges entre le 18 et le 30 avril. Tous les gouvernements sont tenus de soumettre des rapports réguliers au CERD sur les mesures qu’ils prennent pour garantir le respect de la convention.

La race et les relations raciales restent des sujets sensibles en Belgique, un pays qui n’a commencé que récemment à faire face aux conséquences de son histoire coloniale. Répondant à des questions sur l’enseignement du racisme et du passé colonial de la Belgique, les autorités belges ont déclaré que les programmes d’enseignement primaire et secondaire du système flamand abordaient désormais la question du colonialisme.

L’UE a également relevé des lacunes dans la législation belge sur les relations raciales. En février, la Commission européenne a demandé à cinq pays de l’UE, dont la Belgique, de « transposer intégralement » dans leur législation nationale les règles de l’UE qui criminalisent les « manifestations graves de racisme et de xénophobie ».

La montée du nationalisme menace la lutte contre la discrimination en Belgique

L’année 2021 marque le 40e anniversaire de l’adoption de la loi contre le racisme et la xénophobie en Belgique. Comment se présente la discrimination à travers le plat pays ? Décryptage.

 

L’exécutif européen a également constaté que la législation belge n’identifiait pas les motivations racistes ou xénophobes comme un élément aggravant des crimes.

Les plaintes pour racisme ont augmenté de près de 50 % en 2020, selon Unia, l’autorité nationale en matière de non-discrimination. L’incidence des discours de haine, du racisme et de la discrimination, en ligne et hors ligne, a connu un pic au cours de l’année écoulée, les autorités telles que l’Agence des droits fondamentaux de l’UE accusant la pandémie.

En 2020, à l’initiative de Sophie Wilmès, alors Premier ministre, la Belgique a créé une conférence interministérielle sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme afin de mieux coordonner les actions des différentes autorités du pays.

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