En France, la pandémie de Covid-19 a accentué les discriminations, selon Amnesty International

À Calais, « les forces de l’ordre ont régulièrement soumis les personnes migrantes et réfugiées à des actes de harcèlement et à un usage excessif de la force », selon Amnesty International. [SEBASTIEN COURDJI]

Dans un rapport rendu public ce mercredi (7 avril), l’ONG Amnesty International alerte sur l’augmentation des discriminations en France envers les populations les plus vulnérables depuis le début de la crise sanitaire liée au Covid-19.

« La pandémie a révélé les inégalités systémiques massives que subissent partout dans le monde les minorités, le personnel de santé et les femmes, qui font partie des populations les plus durement touchées », peut-on lire dans le rapport d’Amnesty International.

Les discriminations faites aux femmes se sont amplifiées depuis un an. La pandémie de Covid-19 a mis en pause plusieurs projets de loi, jugés non-prioritaires, comme la loi relative à la bioéthique de 2019, toujours en instance au Sénat.

Le texte prévoit d’ouvrir la procréation médicalement assistée à toutes les femmes, quelle que soit leur situation matrimoniale et quelle que soit leur orientation sexuelle. Tant que le texte n’est pas approuvé par les sénateurs, de nombreuses femmes se retrouvent privées d’un accès à la maternité.

Les réseaux sociaux jouent également un rôle majeur dans les discriminations. Propos racistes et appels à la haine fusent chez certains internautes. Parmi eux, des membres des forces de l’ordre. « Les médias se sont fait l’écho de comportements et de propos racistes de la part de membres des forces de l’ordre sur les réseaux sociaux. Le ministre de l’Intérieur a condamné ces attitudes et prôné la tolérance zéro face au racisme au sein de la police », précise l’ONG.

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Pour lutter contre la pandémie de Covid-19, le gouvernement d’Emmanuel Macron a imposé de nombreuses restrictions à ses citoyens. Pour l’ONG, ces mesures sont préoccupantes notamment « en ce qui concerne l’usage excessif de la force par la police, le droit à la liberté de réunion pacifique et les droits des migrant·e·s et des demandeurs et demandeuses d’asile ». 

Le rapport met en lumière la discrimination envers des minorités ethniques, et les crimes de haine à leur égard. En mai dernier, deux campements de roms ont été incendié à cinq reprises près de Paris. « L’un des deux campements a été la cible à quatre reprises de jets de cocktails Molotov, qui ont réduit en cendres la plus grande partie des cabanons de fortune », détaille le rapport.

À Calais, « les forces de l’ordre ont régulièrement soumis les personnes migrantes et réfugiées à des actes de harcèlement et à un usage excessif de la force ».

Pour l’ONG, l’augmentation des inégalités et des discriminations s’explique par le fait que « les populations qui étaient déjà les plus marginalisées, notamment les femmes et les personnes réfugiées, sont celles qui ont été le plus durement frappées par la pandémie, en raison de décennies de politiques discriminatoires décidées par celles et ceux qui dirigent le monde ». 

« Nous devons tirer les leçons de la pandémie, et nous rassembler pour œuvrer ensemble de façon créative et courageuse afin que toutes les personnes soient sur un pied d’égalité », conclut Agnès Callamard, la nouvelle Secrétaire générale d’Amnesty International.

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