La santé des femmes a été plus touchée par la pandémie de Covid-19 que celle des hommes

La pandémie a touché à de nombreux aspects de la santé des femmes, dont les soins gynécologiques, selon Santé publique France. [FamVeld/SHUTTERSTOCK]

D’après Santé publique France, les femmes ont davantage contracté la Covid-19 en 2020 que les hommes à cause de leur position sociale. La pandémie a aussi eu un impact négatif sur d’autres aspects de leur santé.

L’agence nationale de santé publique a publié mardi (13 juillet) dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire un article sur les inégalités entre hommes et femmes face au risque d’infection par le virus SARS-CoV-2 durant le confinement du printemps 2020.

Selon l’agence, la distribution sociale de l’infection au SARS-CoV-2 et le rôle du genre ont été largement négligés en France, principalement en raison du manque de données. 

Sur base des données du Baromètre Covid-19, un sondage hebdomadaire sur internet auprès d’un échantillon de 5 000 personnes représentatif de la population française métropolitaine majeure, les chercheurs ont étudié la relation entre le sexe, la profession et l’infection au SARS-CoV-2.

« Durant le premier confinement au printemps 2020, les femmes déclarent plus souvent que les hommes un diagnostic médical d’infection au SARS-CoV-2 (4 % vs 3,2 %) », relève le rapport. Pour Santé publique France, l’infection au SARS-CoV-2 ne touche toutefois pas davantage les femmes pour des raisons médicales, mais en raison de facteurs socioéconomiques et des rôles sociaux qui leur sont dévolus.

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Alors que les contaminations par la Covid-19 sont à nouveau en hausse partout en France, le président a appelé à un « été de mobilisation » et a annoncé la vaccination obligatoire pour le personnel soignant, lors d’une allocution télévisée ce lundi (12 juillet).

D’après le rapport, la forte proportion de femmes touchées par la Covid-19 s’explique en partie par le fait qu’elles représentent environ 70 % du personnel travaillant dans le système de soins. De ce fait, elles sont plus exposées au risque de contamination via des contacts plus fréquents avec des patients positifs au SARS-CoV-2. 

Les femmes représentent ainsi jusqu’à 70 % des cas confirmés parmi les travailleurs de la santé. Elles sont également surreprésentées dans des secteurs d’activités très affectés par l’épidémie de Covid-19, comme par exemple la vente (elles représentent 60 % des emplois dans le secteur).

La santé reproductive en danger

Mais la pandémie a touché d’autres aspects de la santé des femmes, notamment les soins gynécologiques et les violences domestiques. Lors du webinaire « Tirer les leçons de la Covid-19 pour la santé et le bien-être des femmes », organisé le 17 juin par l’entreprise mondiale de soins de santé Organon et le Forum parlementaire européen, les intervenants ont évoqué ces problèmes en plus de détails.

Neil Datta, secrétaire du Forum parlementaire européen pour les droits sexuels et reproductifs, a pointé du doigt la difficulté croissante d’accès à la contraception et à l’avortement pour les femmes en 2020. Il a regretté « l’approche cynique de certains pays d’utiliser le confinement pour limiter l’accès à l’avortement et profiter de l’impossibilité de protester », sans prendre en compte « la nature désuète des normes pour les avortements ».

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L’eurodéputée néerlandaise Samira Rafaela (Renew Europe) a regretté que l’accès à l’avortement ait été limité en Pologne pendant le confinement. « Certains gouvernements de l’UE ont abusé du confinement pour réduire les droits fondamentaux des femmes », a-t-elle renchéri.

Les femmes enceintes aussi ont été touchées : « Le personnel médical a refusé de faire la première consultation de grossesse, les conjoints des femmes enceintes n’ont pas eu accès au suivi de la grossesse, et il n’y avait pas d’accès aux services de fertilité », a commenté Neil Datta. Difficultés auxquelles s’ajoute le fait que les femmes enceintes ont dû prendre le risque d’accoucher dans des hôpitaux où la Covid-19 circulait. 

En outre, « au-delà du virus, les femmes ont été confrontées à la violence et aux violences domestiques, et l’interruption des services dédiés les a empêchées de quitter leurs agresseurs », a rappelé Bathylle Missika, chef de la Division Réseaux, Partenariats et Genre du Centre de développement de l’OCDE.

Peggy Maguire, directrice générale de l‘Institut européen pour la santé des femmes, a insisté sur le fait que « la santé est un facteur biologique mais aussi social ». Du point de vue de la santé mentale, les femmes ont par ailleurs présenté davantage de symptômes d’anxiété car elles sont plus préoccupées par la santé de leur famille, selon elle.

Pour tous ces acteurs, la solution à ces inégalités se trouve dans la collecte de données et dans le financement d’une politique de santé plus égalitaire.

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