Le gouvernement promet d’améliorer la vie des personnes handicapées, première cible des discriminations en France

Le handicap reste le premier motif de discrimination en France, notamment dans l’accès à l’emploi, aux services, à l’éducation et au logement. [VGstockstudio/Shutterstock]

Alors que le handicap reste le premier motif des discriminations en France, le 5e Comité interministériel du handicap a rappelé, cette semaine, la nécessité d’améliorer la vie des personnes handicapées et formulé de nouveaux objectifs pour construire une société plus inclusive.

12 millions : c’est le nombre de personnes en situation de handicap en France. Des personnes qui, au nom des valeurs de la France et de l’Union européenne, devraient pouvoir jouir des mêmes droits que les non-handicapées : droit à la formation, à l’emploi et à l’égalité des chances, droit à la participation politique, à l’autonomie et à une vie intime, pour n’en nommer que quelques-uns.

Mais comme l’illustre le dernier rapport annuel d’activité du Défenseur des droits publié en mars, le compte n’y est pas : pour la quatrième année consécutive, le handicap reste le premier motif de discrimination en France (21,2 %), loin devant l’origine (13,3 %) et l’état de santé (11,3 %). Discrimination qui se manifeste notamment dans l’accès à l’emploi, aux services, à l’éducation ou encore au logement.

Le handicap, « grande priorité » du quinquennat

Sombre constat, alors même que « depuis 2017, le handicap constitue une des grandes priorités du quinquennat », comme le soulignent le Premier ministre Jean Castex et la secrétaire d’État en charge des personnes handicapées Sophie Cluzel dans leur dossier de presse publié à l’occasion du 5e Comité interministériel du handicap qui s’est tenu ce lundi (5 juillet).

« En quatre ans, notre ambition reste la même : améliorer et simplifier le droit des personnes, leur autodétermination et poursuivre la construction d’une société inclusive, plus juste et plus équitable », poursuivent M. Castex et Mme Cluzel. Avant d’ajouter que « ce cap, nous l’avons tenu tout au long de la crise sanitaire ».

Le gouvernement se vante ainsi de la mise en place d’un numéro d’appel national unique, en juin 2020, permettant aux personnes en situation de handicap et leurs aidants sans solution de trouver des interlocuteurs de proximité pour les aider. Il aurait également prévu des dérogations pour les déplacements des personnes handicapées et leurs accompagnants, prorogé automatiquement les droits arrivant à expiration ou encore priorisé les personnes handicapées dans la campagne de vaccination, selon le dossier du gouvernement.

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Des discriminations aggravées par la crise sanitaire

Il n’en demeure pas moins que la crise sanitaire a globalement aggravé les discriminations. Violences conjugales, inégalité femmes-hommes, racisme anti-asiatique, discrimination des minorités ou encore des personnes âgées en EHPAD : les discriminations, toutes causes confondues, ont empiré depuis l’apparition de la Covid-19 – et les personnes handicapées n’échappent pas au tableau.

« Le contexte de crise fragilise l’accès aux droits », note le Défenseur des droits dans son rapport. Les personnes en situation de handicap auraient, comme d’autres catégories de personnes dites « vulnérables », rencontré des « difficultés accrues […] pour accéder à certains de leurs droits ».

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De nouvelles mesures annoncées par le gouvernement

Si le gouvernement n’évoque pas ces difficultés-là dans son dossier, il affirme que la crise « a renforcé notre détermination à améliorer le quotidien des personnes et de leur famille, dans tous les aspects de leur vie ».

Une amélioration que l’exécutif compte atteindre à travers quatre axes : un engagement accru pour les jeunes générations en situation de handicap, une simplification du quotidien des personnes en situation de handicap, un accompagnement « sur tous les lieux de vie » des personnes handicapées et de leurs aidants ainsi que la transformation de la société.

Les objectifs fixés lors du 5e Comité interministériel du handicap comprennent notamment de nouvelles mesures pour renforcer l’accès à l’éducation, à l’enseignement supérieur et à l’emploi. Autre annonce, la simplification des démarches administratives qui « représente un enjeu de dignité et de confiance à l’égard des personnes en situation de handicap ».

Le gouvernement reconnait également que l’accès aux soins « présente des difficultés spécifiques qu’il faut mieux prendre en compte » et promet notamment un accès universel à la télésanté et une meilleure offre médico-sociale « sur mesure ».

Enfin, c’est l’engagement de la société entière que l’exécutif ambitionne : que ce soient les bâtiments, les transports, les métiers, la culture, le sport, la vie démocratique ou les services publics, tous les acteurs devront œuvrer en vue d’une « accessibilité universelle » de l’environnement quotidien « dans tous les domaines ».

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Un « engagement fort des États membres » sollicité par la Commission européenne

Une ambition qui rime avec celle exprimée par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen lors de la Journée européenne des personnes handicapées, l’hiver dernier : « Nous avons tous droit à une vie sans barrières. Et il est de notre devoir, en tant que société, d’assurer la pleine participation de tous, sur la base de l’égalité avec les autres. »

Objectif que la Commission souhaite poursuivre avec sa nouvelle stratégie en faveur des droits des personnes handicapées pour les années 2021 à 2030, présentée au mois de mars. Si des progrès auraient été accomplis au cours des dix dernières années, les personnes handicapées seraient toujours confrontées à de nombreux obstacles, discriminations et inégalités incompatibles avec les valeurs de l’Union, selon le document.

Pour y remédier, la Commission avait appelé à un « engagement fort des États membres » qui devraient « s’engager fermement à promouvoir des politiques et des mesures qui permettront de mettre en place des environnements accessibles, des systèmes d’éducation et de soins de santé inclusifs et de grande qualité ainsi que des parcours efficaces vers un emploi équitable pour les personnes handicapées ».

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