Le prochain gouvernement allemand s’engage à lutter contre le racisme et à garantir la diversité

Annalena Baerbock, candidate principale des Verts, a souligné que les Verts défendent une approche qui « ne se concentre pas sur les groupes individuels mais qui comprend plutôt la diversité présente dans la société comme une force et élabore des politiques pour cette diversité ». [CLEMENS BILAN/EPA]

L’accord de coalition entre les sociaux-démocrates, les Verts et le FDP met l’accent sur les mesures visant à garantir la participation des groupes marginalisés et vulnérables et à lutter contre le racisme à tous les niveaux.

Lors de la présentation de l’accord de coalition mercredi 24 novembre, tous les partis ont affirmé leur engagement en faveur de la diversité de la société allemande.

« Nous sommes pour une libéralisation sociopolitique. La diversité et l’individualité sont ce qui nous relie », a déclaré le chef du FDP, Christian Lindner, lors de la conférence de presse.

Les Verts sont particulièrement désireux de faire de la diversité une priorité absolue.

Annalena Baerbock, candidate principale des Verts, a souligné que les Verts défendent une approche qui « ne se concentre pas sur les groupes individuels mais qui comprend plutôt la diversité présente dans la société comme une force et élabore des politiques pour cette diversité ».

Cette position est également reflétée dans le document de coalition lui-même, qui annonce que la « coalition de feux de tricolores » fera pression pour une plus grande inclusion des musulmans et des juifs, ainsi que des LGBTQI.

En outre, les trois partis ont annoncé qu’ils voulaient faire passer une loi fédérale de participation qui dira clairement que l’Allemagne est un « pays d’immigration ».

La coalition prévoit également de lutter contre le racisme, l’antisémitisme et l’antitsiganisme à une ampleur jusqu’ici inédite afin que l’Allemagne devienne une société plus inclusive, fondée sur les valeurs de la diversité.

La loi fédérale sur la participation

L’idée d’adopter une loi qui donnera une base juridique à la participation des groupes vulnérables et marginalisés n’est pas nouvelle.

Avant les élections, la Conférence fédérale des organisations de migrants en Allemagne a déjà appelé à l’adoption d’une telle loi et a présenté en août sa propre proposition juridique sur ce à quoi pourrait ressembler une loi fédérale sur la participation.

Jusqu’à présent, le parti conservateur CDU a toujours bloqué ce type de proposition, estimant que les dispositions légales visant à garantir la participation seraient un « ultima ratio [dernier recours] ».

Toutefois, avec l’arrivée de la coalition « feux tricolores », cela va probablement changer, car les trois partis ont annoncé qu’ils voulaient renforcer la diversité en adoptant une telle loi sur la participation.

Ils souhaitent également adopter une nouvelle « stratégie de la diversité » afin de garantir une meilleure représentation des groupes minoritaires au sein de l’administration publique.

Une étude du groupe de réflexion Friedrich Ebert Stiftung, qui est proche du SPD, a montré que les personnes issues de l’immigration n’occupent que 7 % des emplois dans l’administration publique, alors que les communautés de migrants constituent 25 % de la population allemande globale.

La coalition fera également pression pour que la loi sur la citoyenneté soit assouplie dans le but de stimuler la participation des communautés de migrants. Elle entend permettre aux individus de posséder plusieurs passeports et faciliter le processus de naturalisation en Allemagne.

Intensification de la lutte contre le racisme

L’accord de coalition souligne également que le nouveau gouvernement continuera à « lutter contre l’extrémisme de droite et le racisme » et à élaborer de nouvelles mesures pour s’attaquer à ce problème.

Le prochain gouvernement veut développer une nouvelle stratégie pour assurer une plus grande cohésion sociale et la prévention des idées extrémistes ou complotistes, et cela, tant en ligne que hors ligne.

Par ailleurs, le gouvernement prévoit de renforcer les organes gouvernementaux chargés de lutter contre le racisme et investira également dans la recherche et le suivi.

Le Centre allemand d’études sur l’intégration et la migration jouera par exemple un rôle plus important dans la surveillance du racisme en Allemagne.

En outre, un commissaire à l’antiracisme et un commissaire à l’antitsiganisme seront nommés en plus du commissaire à l’antisémitisme déjà en poste, et un centre de conseil indépendant pour l’antitsiganisme sera établi au cours du prochain mandat.

Les groupes de la société civile ont salué cette nouvelle approche.

« À première vue, l’accord de coalition est encourageant », a indiqué Markus N. Beeko, secrétaire général d’Amnesty International Allemagne, dans un communiqué.

La Fondation Amadeu Antonio, l’une des principales organisations de la société civile allemande en matière d’antisémitisme et de racisme, s’est également réjouie des résultats des discussions de coalition.

L’accord de coalition donne l’impression « que le nouveau gouvernement fédéral prend au sérieux la protection de la démocratie et la lutte contre l’extrémisme de droite », a commenté la Fondation.

Dans le même ordre d’idées, le Conseil central des Juifs d’Allemagne a déclaré que l’accord de coalition « encourage l’optimisme ».

« Il est essentiel pour l’avenir de l’Allemagne de parvenir à combattre l’extrémisme de droite et l’antisémitisme », a déclaré le président du Conseil, Josef Schuster, dans un communiqué.

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