Menacé d’exclusion à l’UMP, Jérôme Lavrilleux s’accroche au PPE

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Le risque d’une exclusion de l’UMP se précise pour l’eurodéputé Jérôme Lavrilleux. Mais l’ancien directeur-adjoint de campagne de Nicolas Sarkozy compte bien rester Parti populaire européen.

L’avenir de l’eurodéputé Jérôme Lavrilleux au sein de la famille politique de centre-droit au Parlement européen semble de plus en plus compromis.

Selon une information de l’AFP, la commission des recours de l’UMP a confirmé la suspension de Jérôme Lavrilleux  de son parti politique.

L’eurodéputé, suspendu en vue d’une possible exclusion depuis juin 2014 pour son implication dans l’affaire de double facturation de Bygmalion, avait déposé un recours sur la forme auprès de la commission, qui a été rejetée la semaine dernière.

Exclusion possible

Une commission spéciale va maintenant instruire la procédure d’exclusion de Jérôme Lavrilleux et soumettre son rapport au bureau politique de l’UMP « dans un mois et demi à deux mois », selon une source citée par l’AFP.

En cas d’exclusion, l’ancien directeur-adjoint de campagne de Nicolas Sarkozy se retrouverait dans une situation délicate par rapport à sa famille politique au Parlement européen.

« Quelqu’un qui n’est plus membre de l’UMP ne peut plus être membre un PPE » tranche Alain Lamassoure, président de la délégation française du PPE au Parlement européen.

Selon le chef de file des eurodéputés UMP, une adhésion individuelle de Jérôme Lavrilleux, en cas d’exclusion, « est juridiquement possible, mais impossible d’un point de vue politique » explique-t-il.

Résistance

Dans l’entourage de l’intéressé, le son de cloche n’est pas le même. « Il est rentré au PPE en étant sur les listes d’une partie membre du PPE » explique un proche collaborateur.

Et selon l’article 3 paragraphe 1 du règlement du groupe PPE, « sont membres du Groupe les membres élus au Parlement européen sur les listes des partis membres du Parti Populaire Européen ».

Un argument que Jérôme Lavrilleux compte bien utiliser en cas d’exclusion de l’UMP pour rester au sein du groupe parlementaire du PPE. L’eurodéputé a déjà tenté d’assurer ses arrières en écrivant au groupe PPE pour se faire confirmer sa légitimité future au sein du groupe parlementaire, UMP ou non.  

Dans sa réponse, dont EURACTIV a obtenu une copie, le groupe PPE confirme l’article du règlement, sans épiloguer sur le cas de l’eurodéputé français. « Il n’est prévu, pour tous les députés qui satisfont à la condition formulée dans cet article, aucune procédure individuelle particulière d’acceptation ».

« UMP ou pas, PPE ou pas,  Jérôme Lavrilleux ne démissionnera pas », affirme son entourage.  

Impact limité pour les eurodéputés français PPE

Pour la délégation française  UMP, l’exclusion de Jérôme Lavrilleux  ferait passer le nombre de membres de 20 à 19. Un changement qui n’impactera pas les prérogatives de la délégation au sein de son groupe parlementaire, selon son président.

« Nous sommes et nous resterons la 3e délégation au sein du PPE après les Allemands et les Polonais. Cela ne nous enlève pas de point  selon le système d’Hondt » affirme Alain Lamassoure. De son côté, un collaborateur de Jérôme Lavrilleux soutient que son possible départ « ferait passer la délégation sous le seuil des 20 membres, ce qui la ferait passer dans les délégations de taille moyenne et se traduirait par une perte d’influence dans la répartition des postes au Parlement européen à la mi-mandat ».  

Début prometteur

Pour l’heure, l’eurodéputé fait montre d’un « travail parlementaire irréprochable en terme de présence et d’engagement » assure le chef de la délégation française UMP. Mais aussi d’une communication offensive, assez inhabituelle chez les eurodéputés.

Début septembre, alors que la question de la mise en place d’aides européennes à la filière maraichère pour faire face aux effets de l’embargo russe, l’eurodéputé s’est félicité dans un communiqué de presse que la Commission européenne ait «suivi » ses positions.

Le communiqué intitulé « Embargo commercial russe : la Commission européenne suit les positions de Jérôme Lavrilleux » a d’ailleurs fait sourire du côté de ses homologues au Parlement européen.  « Ce n’est pas un modèle de modestie » reconnaît Alain Lamassoure.

Contexte

En France, les élections européennes du 25 mai 2014 ont fait du Front national le premier groupe parlementaire avec 25 % des voix et 24 députés, devant l'UMP et le PS.

Jean-François Copé, qui a assuré une bonne partie de la campagne de l'UMP pour les élections européennes a été mise en cause dans une affaire de factures douteuses réglées par le parti qu'il dirige a dirigé  depuis 2012 à la société Bygmalion. Cette affaire a obligé le président de l'UMP à démissionner, plongeant le parti de droite dans une profonde crise exsitentielle.  

Plus d'information

  • Règlement du groupe PPE au Parlement européen 

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