12 millions d’hectares de forêts détruits en 2018

Ces précieux écosystèmes forestiers ont surtout disparu en Indonésie, Colombie, Bolivie et Brésil. [Shutterstock]

En baisse par rapport aux deux dernières années, la déforestation reste élevée au niveau mondial avec 12 millions d’hectares perdus en 2018. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Encore une mauvaise année pour les forêts dans le monde. La déforestation a détruit 12 millions d’hectares de couverture arborée en 2018, selon l’analyse des chercheurs de l’université du Maryland (États-Unis) pour Global Forest Watch (GFW). Grandes stockeuses de carbone et vitales pour de nombreuses espèces de mammifères, les forêts tropicales primaires ont perdu plus de 3,6 Mha. Soit l’équivalent de la superficie de la Belgique.

Ces précieux écosystèmes forestiers ont surtout disparu en Indonésie, Colombie, Bolivie et Brésil. Les coupes à blanc de l’Amazonie ont représenté à elles seules 1,3 Mha. Un résultat supérieur au système officiel de surveillance brésilien PRODES, qui ne prend pas en compte l’ensemble du couvert forestier (exclusion des forêts secondaires notamment), ni les destructions liées aux incendies, et se base sur la période d’août à juillet (janvier à décembre pour l’université du Maryland).

Tendance de fond inquiétante

«Il s’agit de la deuxième année de déclin après le pic de 2016 mais il est clair que la tendance est toujours à la hausse au cours des 18 dernières années», analyse Frances Seymour du World Resources Institute, qui fait partie du Global Forest Watch.

«S’il y a beaucoup d’efforts de la part des gouvernements et des entreprises engagées en faveur de la zéro déforestation, ils s’avèrent insuffisants pour stopper ce fléau», poursuit-elle. Pire, l’année 2019 pourrait être encore plus destructrice en Amazonie à cause de la politique du président brésilien Jair Bolsonaro élu en janvier dernier.

Pertes massives en Afrique

Le Ghana et la Côte d’Ivoire ont connu les plus fortes pertes en pourcentage sous la pression de la culture du cacao et de l’exploitation aurifère. La déforestation y a augmenté respectivement de 60% et de 26% par rapport à 2017. En République démocratique du Congo (RDC), les pertes de forêt primaire se sont avérées de 38% supérieures à la moyenne 2011-2017. Les trois quarts sont dus à l’agriculture et au bois de chauffage.

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Amélioration en Indonésie

En Indonésie, en revanche, les destructions régressent à leur plus bas niveau depuis 2003 et enregistrent leur deuxième baisse annuelle consécutive. «Les politiques du gouvernement semblent fonctionner mais le pays n’est pas encore sorti d’affaire. 2019 s’annonce comme une année très sèche, avec un risque accru d’incendies», affirme Mikaela Weisse, responsable au GFW.  Un nouvel épisode El Nino est en effet attendu et plus de 1 000 hectares ont déjà été détruits depuis le début de l’année dans la province de Riau (île de Sumatra).

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