Avec eCall, l’UE espère éviter 1500 morts par an

Conférence en juin 2013 sur le dispositif eCall avec Antonio Tajani, alors commissaire à l'entrepreneuriat et Siim Kallas, commissaire au transport. [@EPA/OLIVIER HOSLET]

À partir du 31 mars, toutes les nouvelles voitures devront être équipées du nouveau dispositif européen eCall, qui appelle automatiquement le 112 en cas d’accident grave de la route.

Imaginez : vous êtes au volant de votre voiture, vous avez un accident, et inconscient, vous devez attendre que quelqu’un intervienne pour appeler les secours. En rase campagne, le risque est d’attendre longtemps. À partir du 31 mars, votre voiture appellera automatiquement le 112 grâce à des capteurs situés sur les airbags. À compter de cette date, tous les nouveaux modèles de véhicules devront être équipés de cette technologie.

En proposant cette initiative, la Commission était partie du constat suivant : 40 000 personnes meurent chaque année dans des accidents et 150 000 personnes restent handicapées à vie. En 2016, ce sont 25 500 personnes qui ont perdu la vie sur les routes de l’UE, selon l’exécutif. La proposition a été approuvée par le Parlement le 28 avril 2015.

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« Malheureusement, le nombre des morts sur les routes européennes est encore bien trop élevé. Avec eCall, la réponse des services de secours sera réduite de 50 % dans les zones rurales et de 40 % dans les zones urbaines, ce qui permettra d’éviter jusqu’à 1 500 décès chaque année », a expliqué l’eurodéputée tchèque, Olga Sehnalová (S&D), en charge du dossier au Parlement.

En 2016, 55 % des accidents mortels ont eu lieu sur des routes de campagne, c’est-à-dire dans des zones où les secours mettent parfois du temps à arriver. Le but de ce système est donc d’accélérer les interventions durant « l’heure d’or », c’est-à-dire durant la première heure suivant l’accident, quand les chances de survie de la victime sont encore importantes.

L’appel se fera via le numéro d’urgence européen, le 112, qui fonctionne sur une base transfrontalière. Les trois années de période transitoire devaient donc servir à établir un système standard, notamment à effacer la barrière de la langue, dans toute l’Europe, ainsi qu’en Islande, en Norvège et en Suisse.

Données personnelles

Au moment du vote, la mise en application du système avait fait polémique chez les défenseurs de la protection des données personnelles, craignant notamment un détournement de la technologie, un enregistrement des conversations, un suivi des déplacements etc.

« Le système eCall obligatoire ouvre la voie à l’utilisation par des services privés des données envoyées par le véhicule et peut pousser les autorités à utiliser le système pour surveiller les conducteurs. Il aurait donc été juste d’obtenir le consentement de chaque propriétaire de véhicule pour utiliser le système. Cette possibilité n’est pas prévue dans le règlement européen adopté », estimait alors Jan Philipp Albrecht, porte-parole des Verts au Parlement européen pour la justice et les affaires intérieures.

Le Parlement a donc voulu apporter des garanties à ce sujet. Le système « devrait être conçu de manière à ce qu’aucun échange de données à caractère personnel ne soit possible. Lorsqu’ils sont fournis, il convient que ces services respectent la législation applicable en matière de sécurité, de sûreté et de protection des données et restent toujours optionnels pour les consommateurs », indiquent les eurodéputés dans le règlement du Parlement européen et du conseil sur le système eCall.

Les informations récupérées sont dites « minimales » et incluent la géolocalisation de l’accident, le type de véhicule, le carburant utilisé, et de manière optionnelle les données du système de bord. Les services sauront également si l’eCall a été déclenché manuellement ou automatiquement.

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