Les vélos commencent à s’imposer en ville avec la pandémie

Des vélos à la COP23 de Bonn en 2017.

Les mesures de confinement ont réduit le trafic dans de nombreuses villes, qui en ont profité pour favoriser les déplacements à vélo et interdire les voitures dans les centres. Euractiv Allemagne jette un œil à Paris, Bruxelles et Berlin.

Dernièrement, un ballet nocturne de véhicules municipaux dessinant lentement de grosses bandes blanches ou jaunes a pu être observé dans plusieurs centres-villes. Des pistes cyclables toutes neuves.

Avec la diminution du trafic causée par les mesures de restriction contre la pandémie, de nombreuses villes partout dans le monde ont installé des pistes cyclables improvisées sur les routes habituellement prises d’assaut par les voitures.

Ces « pistes “pop-up” » ou « pistes corona » ont fait le bonheur de nombreux cyclistes, notamment à Berlin, où certains offraient des fleurs aux ouvriers. Ces dernières semaines, presque dix kilomètres de nouvelles pistes cyclables ont été construits dans la capitale allemande, et douze autres doivent encore suivre.

Et Berlin n’est pas la seule. Des engins de chantier ont été repérés le soir en train de peindre de nouvelles bandes de circulation pour les vélos à Bruxelles, qui prévoit de construire 40 kilomètres de pistes cyclables au total.

À Paris, le trafic a baissé de 84 % entre janvier et mars. Anne Hidalgo, la maire de la ville, a annoncé mardi 5 mai que 50 kilomètres de pistes, qui devraient longer les lignes de métro très fréquentées, seraient installés dans les plus brefs délais.

Le déconfinement du 11 mai va fondamentalement changer les conditions de vie de nombreuses personnes, a indiqué la ministre française de l’Environnement, Élisabeth Borne, au Parisien. « Nous voulons que cette période fasse franchir une étape dans la culture vélo, et que la bicyclette soit la petite reine du déconfinement, en quelque sorte », explique-t-elle.

Neutralité carbone à Berlin d’ici à 2030

Mais ces pistes « pop-up » ne sont qu’un signe avant-coureur de la transition écologique, qui prévoit notamment de limiter le trafic dans de nombreuses villes. Il semblerait toutefois que la pandémie accélère le processus.

Berlin comptait déjà investir 30 millions d’euros dans des infrastructures pour les vélos, au travers d’une loi sur la mobilité adoptée en 2018 destinée à favoriser les piétons et les cyclistes dans les futurs projets d’urbanisme.

D’ici à 2030, le centre-ville devra être complètement neutre en carbone et les voitures qui roulent à l’essence ou au diesel ne seront plus admises sur le périphérique berlinois. Par ailleurs, tous les bus passeront à l’énergie verte.

Berlin cherche aussi à promouvoir la circulation à vélo. Pour l’instant, la ville compte 35 voitures pour 100 habitants, un chiffre semblable à celui de Paris.

La capitale allemande souhaite donc construire quelque 100 000 parcs à vélos supplémentaires et réétudier les carrefours pour les rendre moins dangereux pour les cyclistes.

Covid-19 : les plans de relance ne sont (finalement) pas verts

Les plans de soutien à l’économie des pays du G20 ne contribuent pas à leur décarbonation, assurent plusieurs économistes de renom, dont Joseph Stiglitz. Mais des solutions existent. Un article de notre partenaire le Journal de l’environnement.

À Paris, pas de route sans piste cyclable

En France, Anne Hidalgo tire parti de la crise sanitaire pour mener à bien son plan de décongestion des rues parisiennes. « Je m’opposerai à ce que Paris soit envahie de voitures, synonymes de pollution », après la fin du confinement, a-t-elle récemment annoncé.

Le 29 avril, le Ministère français de la Transition écologique et solidaire a présenté une série de mesures à 20 millions d’euros, pour encourager les Parisiens à prendre le vélo plus souvent à l’avenir.

Ces dispositions visent notamment à rendre la Rue de Rivoli, un axe très fréquenté qui traverse Paris d’est en ouest, complètement piétonne à partir du 11 mai. Le nombre de parkings aux portes de la ville sera aussi doublé pour les conducteurs.

Les mesures suscitent toutefois des critiques.

« Avec le COVID-19, l’ami du confinement, c’est l’automobile ! Les Français ne sont pas prêts à aller dans les transports en commun. Il faut donc être pragmatique », défend Pierre Chasseray, le délégué général de l’association « 40 millions d’automobilistes ».

Mais les plans d’Anne Hidalgo ne s’arrêtent pas là.

Déjà avant la crise sanitaire, en janvier, la maire avait présenté une proposition de reconstruction complète de la ville. Selon ses plans, d’ici à 2024, toutes les rues de Paris accueilleraient des pistes cyclables, et les ponts seraient équipés de pistes protégées. Plus de 70 % des parkings, soit environ 60 000 places de stationnement, devraient être supprimés pour dissuader les automobilistes d’utiliser leur véhicule.

Le début de la « vélorution » ?

Qu’en est-il de Bruxelles ?

Certains prévoient une vraie « vélorution » — une révolution des vélos — d’ici à la fin du confinement prévue le 11 mai.

Dans quelques jours, tout le centre-ville sera considéré comme une « zone calme ». Les piétons et les cyclistes pourront se déplacer librement à l’intérieur de la petite ceinture ; les véhicules devront rouler à du 20 km/h maximum ; et tous les feux de signalisation clignoteront à l’orange.

La capitale décidera de poursuivre ou non la mesure dans trois mois.

Dans une lettre ouverte, la ministre régionale de la Mobilité, Elke Van den Brandt, invite les Bruxellois à continuer de rouler à vélo même après la levée des restrictions.

«  Si vous êtes en bonne santé et que la distance n’est pas trop longue, prenez le vélo. Les voitures n’englueront ainsi pas à nouveau notre capitale lorsqu’écoles, entreprises et commerces rouvriront ».

Reste à voir si la population va suivre ces conseils, et pendant combien de temps.

Les ministres des Transports européens au diapason

Mercredi 29 avril, les ministres des transports allemand, italien, espagnol et français ont cosigné un appel à la coordination des stratégies de déconfinement et de relance. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

 

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