Captures accidentelles de dauphins : le ministère de la Mer joue l’apaisement

« Nous avons mis en œuvre une série de sept mesures dont nous pourrons faire un premier bilan bientôt »​, affirme-t-on au ministère. [karzof pleine/Shutterstock]

Mis en demeure par Bruxelles, qui considère que la France n’en fait pas assez pour protéger les dauphins du golfe de Gascogne, l’État cherche des solutions compatibles avec les activités de pêche. Mais cela demande du temps. Un article de notre partenaire Ouest-France.

C’était un cadeau embarrassant dans la corbeille du nouveau-né. Lorsque le ministère de la Mer a été recréé, le 7 juillet 2020, la Commission européenne venait tout juste de mettre en demeure la France (ainsi que l’Espagne) de prendre des mesures efficaces pour réduire les captures accidentelles de dauphins par les pêcheurs dans le golfe de Gascogne. Un hiver plus tard, qu’on fait Annick Girardin et ses services ?

« Nous avons mis en œuvre une série de sept mesures dont nous pourrons faire un premier bilan bientôt »​, affirme-t-on au ministère. Plus fortes incitations à déclarer les captures de cétacés, transparence dans le suivi et l’analyse des échouages de dauphins morts, campagne d’observation aérienne, – « Il n’y en avait pas eu depuis 2011 » – équipement de répulsifs acoustiques pour les chalutiers…

Un programme de coopération avec l’Espagne​

Des mesures qui ne sont pas toutes aussi faciles à faire passer. « Nous mettons en place des caméras, à des fins de connaissance, à bord de navires volontaires. » ​Cinq fileyeurs en sont équipés et une quinzaine d’autres devraient suivre. Dans le même temps, le nombre d’observateurs embarqués a considérablement augmenté. « À peine 10 % des patrons sollicités s’y opposent », ​apprécie le ministère. Ainsi, plus de mille marées ont pu être suivies.

Reste que la France ne peut pas tout résoudre seule. « Un programme de coopération avec l’Espagne a été lancé en mars. Il doit durer deux ans. » ​Car le gouvernement s’inscrit dans le temps long, au contraire des organisations écologistes qui lui mettent la pression en l’assignant devant le Conseil d’État. « Même si nous souhaitons limiter au minimum la mortalité des dauphins, nous avons de bonnes raisons de penser que leur population n’est pas menacée. »

C’est pourquoi le ministère plaide pour l’apaisement du débat et la recherche collective de solutions en impliquant pêcheurs, scientifiques et ONG. Une stratégie à laquelle il va maintenant falloir réussir à faire adhérer Bruxelles.

Projet franco-espagnol de protection des cétacés : une perte de "temps précieux" pour les scientifiques et ONG

Le 15 mars dernier, la France, l’Espagne et le Portugal ont lancé ensemble le projet Cetambicion. Ce programme de protection des cétacés dans le golfe de Gascogne, a pour but réduire, à terme, « les échouages de mammifères marins sur les côtes du golfe ».

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