La Commission s’attèle à l’efficacité énergétique des camions – EURACTIV.fr

La Commission s’attèle à l’efficacité énergétique des camions

L’Europe est à la traine par rapport aux grandes économies mondiales en matière de normes d’efficacité énergétique pour le transport routier. La Commission veut changer la donne.

Lors d’un événement sur l’avenir du transport routier organisé par les Amis de la Terre, les participants se sont accordés à dire que les camions étaient souvent oubliés dans les discussions sur la consommation de combustibles fossiles et d’émissions de carbone liées au transport.

« Le transport routier est le secteur qui croît le plus rapidement en termes de demande de pétrole. Avec 17 millions de barils de pétrole par jour, il représente un cinquième de la demande mondiale en pétrole. Le secteur a toutefois attiré peu d’attention publique et pas assez de mesures politiques », a assuré Fatih Birol, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie, auteur du rapport.

Fatih Birol a expliqué que cela s’expliquait par le fait qu’il y avait un milliard de voitures dans le monde comparé à 60 millions de camions. Malgré l’énorme disparité des chiffres, le transport de camion représente toutefois 35 % des émissions de CO2 dans le secteur du transport et les voitures 40 %, soit un tout petit peu plus.

Violeta Bulc s’attaque aux émissions des transports

Violeta Bulc, la commissaire chargée du transport, s’attaque aux émissions du secteur, au grand dam de l’industrie automobile.

Par ailleurs, le transport routier représente presque la moitié du transport de marchandises en Europe, ce qui montre bien l’importance du secteur pour l’économie.

Fatih Birol a rappelé que les États-Unis, le Canada, le Japon et la Chine avaient déjà des normes d’efficacité énergétique pour les camions, mais que l’Europe était encore à la traine dans ce domaine. Selon lui, les trois problèmes qui doivent être traités sont l’efficacité énergétique, la logistique du trafic routier et l’échange de données et l’utilisation de combustibles alternatifs.

Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission en charge de l’Union de l’énergie, estime que le transport de marchandises n’est pas négligé, mais a reconnu qu’il était « urgent d’agir ».

« Nos prévisions suggèrent que le transport de marchandises en Europe va croître de manière significative, de 60 % entre 2010 et 2050. Donc nous sommes déjà en pleine croissance et les chiffres montrent bien que nous devons agir ».

En plus d’une proposition sur le suivi et le reporting des émissions de CO2 et de la consommation d’énergie par les véhicules lourds à partir de 2019, énoncée dans le paquet mobilité de la Commission, Maroš Šefčovič a déclaré que l’exécutif voulait proposer « une nouvelle loi sur l’efficacité énergétique des véhicules lourds début 2018 ».

« Ce sera la toute première législation européenne se penchant spécifiquement sur les émissions des poids lourds », a indiqué le commissaire, ajoutant que la proposition de la Commission ne serait pas un simple copié-collé des règles déjà en vigueur en Chine ou aux États-Unis. « Elle sera fondée sur une évaluation d’impact solide. Nous voulons nous assurer que ce que nous proposons est la solution la plus adaptée à l’Europe. »

La Commission s'attaque aux émissions des camions

L’exécutif européen veut réduire les émissions de CO2 des camions. Ces véhicules représentent un quart des émissions du trafic routier.

En ce qui concerne la logistique, « nous sommes tous d’accord pour dire que nous avons besoin d’un système plus efficace, de la numérisation, des données, de l’automatisation, des véhicules sans conducteurs, des véhicules à faibles émissions, de l’intelligence artificielle, des objets connectés », indique le commissaire. « Toutes ces technologies pourraient changer notre réalité, nous devons nous préparer à cette révolution. »

Il n’existe cependant pas de panacée à l’élimination du diesel et à la généralisation des carburants alternatifs, prévient-il.

« Il faut graduellement transformer le système de transport », a déclaré Maroš Šefčovič. « Il n’existe pas de solution miracle, toutes les options doivent être combinées. Nous proposerons une révision de la directive sur les véhicules propres dans le courant de l’année. »

Le commissaire a cependant souligné l’importance des biocarburants avancés et du gaz naturel dans une optique à moyen terme, ainsi que la nécessité d’améliorer les infrastructures prévues pour les carburants alternatifs.

« Nous travaillons à une nouvelle initiative afin d’accélérer la concrétisation d’infrastructures pour les carburants alternatifs en Europe, cela fera partie du paquet mobilité qui sera présenté cette année », a-t-il ajouté. « Il n’existe pas de solution unique, il faut compter sur la coordination et la coopération de nombreux secteurs et acteurs. »