Les véhicules connectés peuvent réduire les émissions de gaz à effet de serre

Le secteur des transports en Europe est l’un des rares où les émissions continuent d’augmenter. De ce fait, Les décideurs politiques réfléchissent à la meilleure façon de réduire l'empreinte environnementale de la mobilité.  [Photo: Shutterstock]

Le secteur des transports européen est l’un des rares où les émissions continuent d’augmenter et, alors que les décideurs politiques réfléchissent à la meilleure façon de réduire l’empreinte environnementale de la mobilité, l’idée de stimuler les technologies de nouvelle génération fait son chemin.

La neutralité carbone d’ici à 2050 dicte les stratégies politiques du bloc, en particulier dans le domaine des transports où de sérieux obstacles se dressent devant le Pacte vert pour l’Europe.

Outre la mise en avant de l’abandon des combustibles fossiles au profit de l’électromobilité, la fixation de normes de plus en plus ambitieuses en matière de réduction des émissions et le renforcement des règles relatives à la qualité de l’air, la numérisation et la technologie des véhicules connectés constituent une autre arme de l’arsenal vert.

Le débat concernant les voitures connectées, notamment la technologie à privilégier, s’est jusqu’à présent largement concentré sur la sécurité routière : de nombreuses applications sont conçues pour prévenir les accidents, aider les véhicules à réagir aux dangers et protéger les piétons.

Cependant, il existe également un grand potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre en confiant à des technologies « connectées à tout » (C-V2X) – communication sans fil entre véhicules – le soin de rendre le comportement au volant plus efficace, car une grande partie du carburant est brûlée inutilement.

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La Commission européenne proposera une nouvelle réglementation cet automne afin de garantir que les batteries produites ou importées en Europe soient les « plus vertes de la planète », a déclaré une source européenne proche du dossier.

Par exemple, la modification des systèmes de signalisation routière pourrait permettre aux véhicules de continuer de rouler dans la mesure du possible. Ils éviteraient ainsi de freiner ou de s’arrêter inutilement, des manœuvres à l’origine de la hausse de la consommation de carburant.

D’après une étude réalisée par l’Organisation néerlandaise pour la recherche scientifique appliquée (TNO), le potentiel de réduction des émissions pourrait dépasser 20 %, selon la situation et les véhicules utilisés.

Les scénarios modélisés par TNO comprennent notamment des mesures de contrôle du trafic, la signalisation, l’éco-acheminement et l’éco-conduite. Une simulation révèle d’ailleurs que les voitures circulant sur les autoroutes pourraient réduire leurs émissions de 6 % par kilomètre parcouru.

Isabel Wilmink, l’une des principales scientifiques de TNO, a déclaré lors d’un événement Euractiv en novembre que la prévention des accidents constitue le domaine dans lequel la technologie des véhicules connectés profite à la fois à la sécurité routière et aux politiques climatiques, car les accidents provoquent des embouteillages, qui à leur tour augmentent les émissions.

L’étude conclut qu’« un potentiel de réduction élevé a été identifié dans le scénario C-V2X », laissant entendre que l’idée ne sera rentable de manière significative que si elle est adoptée sans réserve.

Maxime Flament, CTO chez 5GAA, a convenu qu’un déploiement à grande échelle sera nécessaire pour exploiter tout le potentiel de la technologie, ajoutant que la numérisation « est un outil qui conduit à des analyses et des décisions plus sensées ».

L’utilisation de masse est une politique adoptée en Chine, où les constructeurs automobiles et les entreprises technologiques s’associent pour concevoir des véhicules, des logiciels et des infrastructures adaptés à leurs besoins.

Toutefois, TNO avertit qu’il pourrait y avoir des effets rétroactifs, tels que des trajets plus longs ou plus nombreux, et que les répercussions sur les futurs types de véhicules ne peuvent pas être prédites.

La députée européenne Henna Virkkunen (PPE) a soutenu qu’« il est urgent de rendre les transports plus sûrs, propres, durables et efficaces et multimodaux. La numérisation et la connectivité peuvent y contribuer et nous aider à atteindre les objectifs du Green Deal ».

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Charlotte Nørlund Mathiessen, fonctionnaire européenne dans l’équipe de la commissaire aux transports Adina Vălean, a fait remarquer que « les réductions des émissions liées au trafic pourront entraîner les répercussions les plus significatives si elles sont conjuguées à d’autres initiatives et législations comme les normes d’émissions, etc. ».

L’année prochaine, l’exécutif de l’UE devrait resserrer les objectifs actuels de réduction des émissions de CO2 pour les voitures et les véhicules légers, tout en mettant en place la prochaine génération de normes, connue sous le nom d’Euro 7.

« Nous ne devons pas oublier l’objectif de ces technologies sur le plan économique, comme les coûts des embouteillages. Jusqu’à 1 % du PIB est concerné, ce qui est énorme par rapport au budget de l’UE », a poursuivi Mme Mathiessen.

Les voitures connectées ne seront efficaces que si elles ont accès aux données, a-t-elle expliqué. « Nous devons veiller à ce que la disponibilité, l’interopérabilité et le partage des données soient les meilleurs possible. Nous avons besoin de règles claires en la matière. »

Mme Mathiessen a cité un certain nombre d’initiatives basées sur les données que la Commission dévoilera, notamment les règles de gouvernance des données et la stratégie de l’UE en matière de données, ainsi que la révision prévue de la directive sur les systèmes de transport intelligents, devant être adoptée au cours du second semestre 2021.

Lors de la visioconférence, Geert De Cock, du groupe Transport & Environnement, a signalé que les ajustements technologiques ne suffiront pas en eux-mêmes et que « la planification et la politique urbaines jouent également un rôle crucial ».

« La technologie doit être accompagnée de politiques et ce dont nous avons besoin maintenant, c’est d’un espace réduit pour les voitures dans les villes et d’un changement de modèle en faveur de la marche et du vélo, en particulier dans les zones urbaines », a-t-il renchéri.

Grâce à la pandémie du nouveau coronavirus, les villes d’Europe ont consacré plus d’espace aux piétons afin de permettre une meilleure distance sociale. Il s’agit notamment de « piétonniser » les routes et d’installer de nouvelles pistes cyclables.

La semaine prochaine, la Commission européenne lancera sa stratégie pour une mobilité intelligente et durable, un vaste plan d’action qui devrait contribuer à assainir le secteur de plusieurs façons.

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Le Conseil et le Parlement européen on conclut un accord provisoire sur la réforme des droits des usagers du rail. Les retards de plus de 100 minutes obligeront les opérateurs à proposer un moyen de transport alternatif. Un article d’Euractiv Italie.

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