La France veut accélérer le calendrier européen sur les batteries

Selon la Commission européenne, d’ici à 2030, 30 millions de voitures électriques seront en circulation sur le Vieux Continent, ce qui multiplierait la demande actuelle par 14.  [Roman Zaiets/Shutterstock]

Les ministres européens de l’Environnement se rassemblent ce jeudi et vendredi (10 et 11 juin) à Luxembourg lors des Conseils de l’Environnement et de l’Énergie pour discuter notamment des batteries et déchets de batterie. Un sujet essentiel pour la France qui souhaite faire avancer le dossier plus vite. 

Jeudi (10 juin), le rapport sur l’état d’avancement des travaux du Conseil sur le règlement relatif aux batteries et déchets de batterie a été présenté aux ministres. La proposition avait été présentée en décembre dernier, dans le cadre du Pacte vert, par la Commission. Elle concernait la régulation des batteries dans l’UE afin de s’assurer qu’elles soient durables et sûres tout au long de leur cycle de vie, alors que la demande explose.

Selon la Commission européenne, d’ici à 2030, 30 millions de voitures électriques seront en circulation sur le Vieux Continent, ce qui multiplierait la demande actuelle par 14. 

La France a une approche ambitieuse du rapport et est « en faveur d’un durcissement du texte pour avoir des résultats rapidement », précise le ministère de la Transition écologique, contacté par EURACTIV France. 

Pour cela, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili souhaite que le calendrier de mise en œuvre soit avancé d’environ un an, ce qui l’amènerait à 2024. 

Véhicules électriques : l'UE doit accélérer l'installation des bornes de recharge

L’UE entend réduire d’ici à 2050 les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports de 90% par rapport à 1990, dans le cadre de ses efforts vers une économie neutre pour le climat.

Autre point essentiel : si le ministère approuve l’ensemble des objectifs du texte (durabilité, économie circulaire…), il souhaite néanmoins que « le texte fixe des normes minimales mais n’empêche pas les États qui veulent aller plus loin d’avancer ». 

En d’autres mots : la France est prête et veut entamer au plus vite sa gestion des batteries et des déchets pour accélérer sa transition écologique. « Nous avons des services techniques à la hauteur et des entreprises très motivées », pointe le ministère. 

La France alerte également sur les batteries usagées des moyens de mobilité légère comme le vélo ou la trottinette électrique. Le ministère estime qu’un tiers de ces batteries sont traitées de manière « pirate » et finissent dans des « filières de traitement illégales, ou du trafique ». La ministre veut que ce sujet soit « très encadré ». 

Les batteries et la gestion des déchets sont un « sujet concret et opérationnel de politique publique qui répond à l’objectif global très transversal d’autonomie stratégique de l’UE. Avoir plus de réutilisation des batteries pour créer une industrie du recyclage, moins dépendre de l’approvisionnement extérieur », conclut le ministère. 

Si la France semble approuver le règlement, ce n’est pas le cas de tous les pays membres. En mars dernier, certains d’entre eux ont alerté sur l’impossibilité de tenir les délais fixés par la Commission. Ils ont également soutenu que cette nouvelle législation couterait cher aux fabricants de batteries, qui devraient se plier aux nouvelles normes européennes. 

L'UE entend produire la totalité de ses batteries électriques d’ici à 2025

En 2025, l’Union européenne pourrait produire suffisamment de batteries pour alimenter sa flotte de véhicules électriques sans avoir à recourir à des accumulateurs importés, estime le vice-président de la Commission européenne, Maros Šefčovič. Un article d’Euractiv Italie.

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