Robots tueurs, menaces hybrides et IA au cœur de la présidence finlandaise

[International Committee of the Red Cross]

Les ministres européens de la Défense se sont réunis le 29 août 2019 à Helsinki et ont abordé pléthore de sujets. La Finlande se montre particulièrement volontaire sur le sujet.

Les ministres européens de la Défense se sont entretenus avec des représentants de l’OTAN, de l’ONU et un groupe d’experts reconnus du secteur privé (Global Tec Panel) créé par Federica Mogherini, Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

Le RGPD pourrait poser problème à l'intelligence artificielle

Une série de réformes de grande ampleur sur le numérique sont attendues au niveau européen, de l’intelligence artificielle à la protection des données en passant par réglementation de la cryptocriminalité et la fiscalité numérique.

À ses yeux, « la réunion a été très productive et avait pour mot d’ordre : le consensus ». Elle a également remercié le Centre of Excellence for Countering Hybrid Threats d’Helsinki (le Centre européen d’excellence pour la lutte contre les menaces hybrides) et salué la présidence tournante de la Finlande pour son hospitalité et son aide.

Pendant sa présidence, le pays des Mille Lacs souhaite non seulement encourager le dialogue entre les États membres de l’UE au sujet de l’avenir de l’IA et de la numérisation du secteur de la défense, mais veut également renforcer leurs capacités de contrer les menaces hybrides et d’y répondre.

La Finlande veut convaincre l'UE de mettre le bien-être au rang du PIB

La Finlande vise une croissance économique plus inclusive, l’une ses priorités lors de sa présidence au Conseil de l’UE. La ministre finlandaise des Affaires sociales, Aino-Kaisa Pekonen, présente sa conception de « l’économie du bien-être ».

Les objectifs de la présidence finlandaise sont divers et variés. D’une part, ils visent à identifier les outils européens existants pour développer les compétences et technologies nationales et européennes. D’autre part, ils tentent de trouver d’autres moyens pour coopérer au sein de l’UE avec des partenaires comme l’OTAN et l’ONU.

Federica Mogherini a déclaré que les normes et les règlements visant à garantir le contrôle continu des armes létales autonomes (aussi appelées robots tueurs) avaient été abordés. La contribution de l’UE dans les discussions à ce sujet est essentielle, en particulier dans le cadre des Nations unies.

Une intelligence artificielle au service de l’écologie et du social

De l’aide aux réfugiés à la lutte contre la piraterie maritime, les champs d’application de l’intelligence artificielle se multiplient. Des associations tentent de développer une intelligence artificielle au service des grandes causes. Un article de notre partenaire La Tribune.

La menace climatique

L’Italienne a rappelé que l’UE était l’un des premiers à considérer le changement climatique comme une menace pour la sécurité et qu’elle cherchait à coordonner ses efforts en la matière avec l’ONU et l’OTAN.

Coalition des volontaires concernant la sécurité maritime

La sécurité maritime était aussi à l’ordre du jour, plus particulièrement la présence maritime dans certaines zones représentant un intérêt stratégique pour l’UE. Federica Mogherini a déclaré qu’aux yeux de l’UE, la sécurité maritime était de plus en plus sujette à des menaces, en raison de l’augmentation de la concurrence géostratégique et de la recrudescence de la piraterie et du grand banditisme.

Elle explique en outre qu’une coalition des volontaires devrait être formée pour rassembler une puissance navale sur base volontaire. Elle serait contrôlée par les autorités nationales, mais partagerait des informations et mettrait en avant la coopération internationale en mer des états côtiers concernés.

Les négociations à ce sujet ne sont encore qu’à leurs balbutiements, mais, selon Federica Mogherini, les États membres de l’UE ont manifesté leur intérêt pour mettre en place une phase test, et ce, par l’entremise d’une opération assez légère dans le Golfe de Guinée, où les pirates font légion.

Elle a, par ailleurs, précisé que cette coopération ne remplacerait pas les opérations navales traditionnelles de l’UE. Au fil des années, l’Union européenne a déployé deux opérations navales militaires : Sophia en mer méditerranée, dans le cadre de la crise des réfugiés et Atalante dans la Corne de l’Afrique pour endiguer la piraterie.

Interrogée par les journalistes pour savoir si ces nouvelles opérations navales faisaient échos aux récentes tensions dans le détroit d’Ormuz, Federica Mogherini a rétorqué que « ce projet a été conçu il y a quelques mois, dans un cadre qui n’est pas lié de près ou de loin aux tensions du détroit, mais qui sert d’instrument pour améliorer la coordination de la présence navale des États membres dans certaines zones stratégiques pour l’UE ».

Sur le grill à propos de l’opération Sophia, mise à mal à la suite du véto italien dont Matteo Salvini est largement responsable, elle a répondu que le mandat des opérations arrivait à échéance en septembre, mais que les États membres de l’UE avaient un mois pour décider de son avenir.

« Vous recevrez probablement des compléments d’information la semaine prochaine sur les positions des États membres à ce propos », a-t-elle ajouté.

Questionnée sur un possible siège à la Commission européenne, elle a dit qu’elle ne s’exprimait jamais sur la vie politique des États membres ni sur la sienne.

Elle a néanmoins ajouté que les derniers rebonds en Italie étaient d’une importance capitale pour le sérail politique italien.

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