Des satellites au secours du climat

Des techniques qui demeurent controversées [Pierre Carril/Thales Alenia Space]

Surveillance des océans, mesure des émissions polluantes ou encore évolution des impacts du changement climatique… plusieurs satellites, lancés en cette fin octobre 2018, sont au service de l’environnement et du climat. Un article de notre partenaire, La Tribune.

C’est une première historique. Pour la première fois, ce 29 octobre, la Chine a lancé un satellite construit en collaboration avec un pays étranger. China France Oceanography Satellite (CFOS), c’est son nom, tournera pendant trois ans en orbite à 520 kilomètres d’altitude. Il mesurera le vent et les vagues à la surface de la Terre 24heures sur 24.

Objectif de ce programme lancé en 2007 par le CNSA chinois et le CNES (Centre national d’études spatiales) français en partenariat avec le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la  mer) : prévoir les cyclones et autres tempêtes, mais aussi mieux comprendre les interactions entre les océans et l’atmosphère.

Des satellites pour mieux réguler l’agriculture européenne

La Commission européenne envisage de confier aux satellites la surveillance des parcelles  recevant des subventions de la Politique agricole commune.

La pollution de l’air tue prématurément 600 000 enfants par an

Ce même 29 octobre, le Japon lançait un satellite spécifiquement dédié aux gaz à effet de serre. Ibuki 2 vient prendre le relais d’Ibuki 1, lancé en 2009. Equipé de capteurs plus puissants encore, et capable d’établir des cartographies selon un maillage hyper précis, il est destiné à mesurer les émissions de dioxyde de carbone (CO2), méthane et, plus nouveau, de particules fines de 2,5 microns (dites PM 2,5), premières responsables de la pollution locale et des décès prématurés, notamment liés à la combustion des moteurs automobiles thermiques alimentés au diesel.

C’est précisément à ces polluants qu’est imputable une part significatives des décès prématurés dus à la pollution de l’air. Des décès toujours aussi nombreux à en croire le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui se réunit le 30 octobre et vient de publier son rapport annuel, tout aussi glaçant que le précédent. Ce sont en effet quelque 600 000 enfants de moins de 15 ans qui seraient ainsi victimes de cette pollution chaque année dans le monde.

Des centrales à charbon en construction en dépit des accords signés

Outre la combustion automobile, les centrales à charbon contribuent également à la fois à la pollution locale aux particules fines, et aux émissions de gaz à effet de serre. Ce sont à nouveau des images satellitaires prises entre juin et fin août 2018 par l’Agence spatiale européenne qui permettent à l’ONG Greenpeace de pointer du doigt la ceinture du charbon en Afrique du Sud, l’une des zones les plus polluées au monde en raison des émanations de dioxyde d’azote.

Toujours à propos du charbon, ennemi mondial numéro un dans la lutte contre le changement climatique, d’autres images satellitaires rendues publiques à la fin du mois de septembre avaient révélé que la Chine, premier producteur d’électricité à partir de charbon, a continué d’en construire en dépit de ses engagements pro-climat. Ce ne sont pas moins de 259 gigawatts (GW) qui sont actuellement en construction.

L’Union européenne pour sa part, vient d’annoncer lors d’une conférence à Bali qu’elle mettait sur la table une enveloppe de 300 millions d’euros venant s’ajouter aux 550 millions alloués il y a un an à un programme de protection des océans. Une partie de cet investissement est destinée à son programme satellitaire Copernicus lancé en 2014, notamment dédié à la détection de la fréquence des événements extrêmes.

Que ce soit pour détecter, mesurer ou alerter, les progrès des techniques satellitaires permettent aux pays du monde entier de progresser dans leur compréhension du changement climatique et à la communauté internationale, de surveiller les éventuelles dérives.

La Commission veut faciliter l’accès aux données satellites

La Commission européenne veut accroître le rôle des entreprises européennes dans l’industrie spatiale en facilitant l’accès aux données satellites, qui aideront, espère-t-elle, des secteurs de plus en plus dépendants des données comme la construction automobile ou l’agriculture.

La Tribune

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