Dieselgate : 51 millions de diesel sales toujours sur les routes

Diesel

Plus de 51 millions de voitures et de camionnettes diesel extrêmement polluantes circulaient sur les routes de l’Union européenne en 2018 selon Transport & Environment. Un article de notre partenaire le Journal de l’Environnement.

Malgré le scandale du Dieselgate, les véhicules diesel extrêmement polluants continuent de circuler en masse sur les routes européennes. Elles sont près de 51 millions selon un nouveau rapport de T & E. L’analyse montre une augmentation de 18% au cours des 12 derniers mois et de 74% depuis 2016.

Pour en arriver à ces conclusions, l’organisation s’est basée sur les ventes de véhicules depuis 2008 et sur les nouvelles données d’émissions réelles. L’étude s’est focalisée sur les Euro 5 et 6 diesel affichant des émissions de NOx au moins trois fois supérieures à la limite pour les données en conditions réelles. En l’occurrence de 80 mg/km pour les voitures Euro 6 et de 180mg/km pour les Euro5 – pour les utilitaires Euro 5, entre 235 mg/km et 280 mg/km et en Euro 6 entre 105 mg/km et 125 mg/km (variable en fonction de la taille du véhicule).

L’Europe replonge dans le scandale du Dieselgate

Des boitiers illégaux désactivant le système de dépollution ont été retrouvés dans les poids lourds d’une société de transport espagnole. Pour le Parlement européen, l’Europe n’est pas tout à fait sortie du scandale Dieselgate.

Contacté par Le Journal de l’environnement, Florent Grelier ingénieur véhicules propres chez T&E explique : « nous avons collectés des données grâce à différents rapports de tests en France, au Royaume-Unis et aux Pays-Bas notamment, mais aussi via des testeurs indépendants etc. » Il ajoute : « nous apercevons parfois des valeurs à 4 chiffres pour le NOX en mg/km sur certains véhicules. En Euro 6 nous constatons parfois des dépassements de 12 ou 13 fois la limite ».

Volkswagen encore et toujours

Un cinquième des véhicules concernés se trouvent en Allemagne (9,9 millions). Suivi de près par la France (9,8 millions) et le Royaume-Uni (8,5 millions). Si l’on ajoute l’Italie, l’Espagne et la Belgique, ces six pays représentent à eux seuls 81% de la flotte de diesel sales de l’Union.

11,6 millions de ces voitures et utilitaires sont les rejetons du groupe Volkswagen. Viennent ensuite Renault-Nissan (8,1 millions) et le groupe PSA (7,2 millions). «Compte tenu du fait que Volkswagen aurait installé des dispositifs de neutralisation sur plus de voitures que prévu, le nombre de moteurs diesel sales pourrait en réalité être plus élevé», suppose T&E.

T&E attribut cette augmentation continue du nombre de diesels sales à la «la décision des constructeurs automobiles de maximiser leurs profits en vendant leurs modèles diesel existants, au lieu d’investir dans leur nettoyage». Elle en veut pour preuve, les bénéfices colossaux du secteur depuis 2015, date du Dieselgate. Soit la bagatelle de 125 milliards d’euros. Alors que seulement 25% des diesels les plus polluants identifiés lors du Dieselgate ont été rappelés depuis cette même date. L’ONG demande à ce que les rappels soient mieux coordonnés dans l’UE et que les véhicules concernés ne soient plus enregistrés ni vendus.

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