En France, la vente de véhicules électriques a triplé en deux ans

Depuis janvier 2021, 125 00 bonus électriques ont été accordés contre 117 000 sur toute l’année 2020 et 50 000 en 2019.  [Zoran Pajic/Shutterstock]

En France en 2019, 2,5% des véhicules vendus étaient hybrides rechargeables ou électriques. Aujourd’hui, ce chiffre atteint 7,5%. Une augmentation des ventes en partie liée aux bonus électriques accordés dans le cadre du plan France Relance. 

« Il y a un verdissement du parc automobile qui est bien plus fort qu’anticipé », déclare satisfait Bercy lundi (19 juillet) lors du troisième comité national de suivi France Relance. « Le bonus électrique a permis de tripler la part de marché des véhicules électriques qui est passée à plus de 7% des immatriculations », ajoute le ministère de l’Économie et des Finances.

Dans le cadre du plan de relance économique post-Covid, le gouvernement a mis en place un dispositif d’aide à l’acquisition des véhicules moins polluants. Ce bonus voiture électrique a pour ambition de « soutenir les ménages en leur apportant du pouvoir d’achat » et de « soutenir un secteur qui a aussi subi la crise », précise le cabinet de Barbara Pompili. L’objectif à terme ? Avoir des véhicules électriques moins chers et plus disponibles pour les Français. 

Si l’entourage de la ministre reconnaît que « la transition du secteur automobile sera longue », pour l’heure elle semble être en bonne voie. Depuis janvier 2021, 125 00 bonus électriques ont été accordés contre 117 000 sur toute l’année 2020 et 50 000 en 2019. 

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620 000 véhicules électrifiés en France

« En juin 2021 notamment, les véhicules électriques et hybrides rechargeables ont représenté près de 16 % des immatriculations de véhicules légers. Au total, ce sont plus de 620 000 véhicules électrifiés rechargeables qui circulent en France », commente Cécile Goubet déléguée générale de l’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere-France) pour EURACTIV. 

La déléguée générale souligne une « volonté des Français d’adopter une mobilité plus respectueuse de l’environnement » ainsi que « des coûts d’utilisation de plus en plus compétitifs par rapport aux véhicules thermiques », le tout supporté par « la richesse et la variété de l’offre des constructeurs (plus de 200 modèles aujourd’hui contre 60 en 2018) ». 

Les constructeurs automobiles doivent aussi s’adapter. Des réglementations comme l’Euro VII, qui prévoit un durcissement des réglementations sur les émissions de CO2 et sur les polluants, ont accéléré le verdissement du parc automobile français. Résultat, Renault prévoit un objectif de 90% de ventes électriques en 2030, et PSA vise 70% de ventes en électrique et hybride rechargeable en 2030.

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Critique des Verts au Parlement européen 

Pour faire face à la dynamique croissante des véhicules électriques, le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari a annoncé jeudi (15 juillet) que « toutes les aires du réseau autoroutier concédé seront équipées de stations de recharge pour véhicules électriques d’ici la fin 2022 ».

« La maintenance et l’emplacement des points de recharge demeurent primordiaux », analyse Cécile Goubet. 

Le déploiement des bornes fait de la France l’un des pays les mieux équipés d’Europe, juste après les Pays-Bas : plus de 20% des bornes installées en Europe se situent en France. 

Sur les 100 milliards d’euros que compte France Relance, 39,4 milliards d’euros ont été financés par Bruxelles, après validation du plan par Ursula von der Leyen le 23 juin dernier à Paris. Pour respecter les critères de la Commission, au moins 37% des fonds européens doivent être attribués à la transition énergétique du pays. La France va plus loin en investissant près de la moitié des subventions dans la lutte contre le réchauffement climatique. 

Si France Relance semble accélérer la transition écologique de l’industrie automobile, au Parlement européen le groupe des Verts se montre sceptique quant aux fonds investis en faveur de la mobilité hybride de certains plans, dont la France et l’Allemagne. 

« Ces investissements hybrides sont non conformes au règlement », avertit le groupe des Verts. En ligne de mire, les véhicules hybrides rechargeables, pas si écolo que ça : lorsque la batterie de la voiture est vide, c’est le moteur thermique qui prend le dessus, faisant ainsi décoller les émissions de CO2. 

Autre critique : « Les primes à l’achat sont généralement des mesures de consommation à court terme et n’ont pas “d’impact durable” comme l’exige le règlement comme condition nécessaire », assènent-ils. 

Pour l’heure, la France semble vouloir participer à l’effort collectif européen de mobilité hybride rechargeable et électrique : le 14 juillet dernier, dans le cadre du paquet « Fit for 55 », la Commission européenne a annoncé vouloir mettre fin aux émissions de CO2 des voitures neuves dans l’UE à partir de 2035, au profit des véhicules électriques.

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