Pour la présidence portugaise de l’UE, le modèle économique actuel n’a « pas d’avenir »

Le modèle économique actuel de l’UE « n’a aucun avenir » et ne répond pas aux « grands défis environnementaux » à l’horizon, a déclaré le Premier ministre du Portugal Antonio Costa vendredi (26 février). EPA-EFE/ANTONIO PEDRO SANTOS [ANTONIO PEDRO SANTOS / EPA-EFE]

Le modèle économique actuel de l’UE « n’a aucun avenir » et ne répond pas aux « grands enjeux environnementaux » du bloc, a déclaré le Premier ministre du Portugal António Costa vendredi (26 février), appelant à l’adoption de nouveaux modèles comme l’économie circulaire et la bioéconomie durable.

La pandémie du nouveau coronavirus a souligné la nécessité de « remodeler » le développement économique de l’Europe, qui s’est récemment engagée à devenir le premier continent neutre en carbone d’ici à 2050, a fait savoir António Costa lors de l’ouverture de la conférence de haut niveau « Changements climatiques – nouveaux modèles économiques ».

« Le modèle économique que nous suivions jusqu’à présent n’a pas d’avenir et n’est pas adapté aux grands défis environnementaux : lutter contre le changement climatique, réduire la pollution et inverser la courbe de la perte de la biodiversité », a indiqué António Costa, dont le pays est actuellement à la tête de la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne.

Selon le Premier ministre, les actions européennes face aux répercussions de la pandémie de Covid-19 ne doivent pas seulement être liées à la relance économique et sociale, mais elles doivent également contribuer à la mise en avant d’un « nouveau développement plus équitable et juste dans les limites des systèmes naturels » qui assurent la vie.

Frans Timmermans, le vice-président exécutif de la Commission européenne chargé du pacte vert pour l’Europe, a appelé à la mise en avant de l’économie circulaire afin de réduire les émissions polluantes.

« Nos habitudes qui consistent à extraire, utiliser et se débarrasser des ressources doivent changer. Nous devons changer du tout au tout la façon dont les produits sont imaginés, traités, fabriqués et consommés », a maintenu le représentant de l’exécutif européen lors de la conférence.

« Sur le marché, nous avons besoin de produits pouvant être fabriqués, utilisés, réutilisés, recyclés et réutilisés de nouveau. Il faut davantage se tourner vers les matériaux recyclables. Cela nous permettra de croître, tout en réduisant la pression sur notre environnement », a-t-il ajouté.

À l’heure actuelle, il faudrait 1,5 Terre pour couvrir les besoins de la population mondiale. D’ici à 2050, nous pourrions être 9,6 milliards d’habitants à travers le globe. Des estimations portent à croire que nous aurions alors besoin de trois planètes pour tenir notre rythme de consommation.

En mars de l’année dernière, l’UE a lancé son plan d’action pour l’économie circulaire, appelant notamment à prolonger le cycle de vie des produits. Dans une récente résolution du plan, le Parlement européen a formulé des propositions ambitieuses à ce sujet, y compris les obligations contraignantes de réduire la production de déchets.

La stratégie d'adaptation de l'UE doit réduire les coûts "humains" du changement climatique

La stratégie d’adaptation climatique de l’Union européenne, qui devrait être révélée mercredi 24 février, aura pour objectif d’endiguer les coûts humains du changement climatique, que ce soit en Europe ou dans le monde entier.

L’Europe doit agir rapidement afin de dissocier la croissance économique des émissions et des ressources et de réaligner notre mode de vie sur notre planète, selon le commissaire européen.

Cet événement international était organisé par le ministère portugais de l’Environnement et de l’Action climatique dans le cadre de la présidence portugaise de l’UE. La conférence avait pour objectif d’aborder les effets des nouveaux modèles économiques, comme l’économie circulaire et la bioéconomie durable, dans la lutte contre le changement climatique. Lisbonne entendait également mettre en exergue une relance économique et sociale équitable dans les limites des systèmes naturels.

À cette occasion, France Timmermans a également proposé d’utiliser l’instrument de relance NextGenEU, à hauteur de 750 milliards d’euros, pour transformer l’économie européenne en un modèle davantage tourné vers le circulaire.

« Si nous l’utilisons à bon escient, nous pouvons nous assurer que ce que nous produisons est durable ; que l’énergie que nous utilisons est propre ; que notre économie utilise adéquatement les ressources disponibles ; que nos villes sont soucieuses de l’environnement ; que nous limitons la production de déchets ; que nous protégeons l’environnement ; et que nous restaurons la biodiversité. »

« En fin de compte, il ne s’agit pas ici de sauver notre planète, mais de nous sauver nous-mêmes. Ce n’est qu’en rééquilibrant notre mode de vie à notre environnement que nous serons capables d’améliorer nos propres vies et celles de nos prochains », a poursuivi le vice-président de la Commission.

Le Portugal était l’un des premiers pays à soumettre son plan de relance national à la Commission européenne. Lisbonne souhaite dédier 47 % de la part des fonds européens qu’elle percevra à la transition verte, tout en garantissant qu’aucun investissement ne sera effectué dans des pratiques pouvant nuire à l’environnement, d’après le Premier ministre António Costa.

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