Le satellite européen Solar Orbiter révèle ses premières images du Soleil

[Photo: ESA]

La mission Solar Orbiter, une collaboration entre l’Agence spatiale européenne (ESA) et la NASA, vise à prendre des photos du Soleil avec une précision inédite. Les premières images ont été dévoilées cette semaine.

Le satellite Solar Orbiter s’est envolé dans l’espace en février et a commencé à survoler le Soleil à la mi-juin. Son objectif ? Prendre des photos de l’étoile à une distance encore jamais atteinte par un satellite, afin que les scientifiques puissent en apprendre davantage sur le fonctionnement du corps céleste.

Jeudi 16 juillet, les experts de l’Agence spatiale européenne (ESA) ont annoncé que la mission portait déjà ses fruits et ont partagé les premières images avec le public. De mystérieux phénomènes, qui restent encore à expliquer, ont été observés à la surface du Soleil.

« Nous ne nous attendions pas vraiment à de tels résultats dès le début. Nous pouvons aussi voir comment nos dix instruments scientifiques se complètent les uns les autres pour fournir une image globale du Soleil et de son environnement », explique l’un des membres de l’équipe de l’ESA, Daniel Müller.

Solar Orbiter a réussi à capturer des images d’éruptions solaires miniatures, que les scientifiques ont baptisées « feux de camp ». Leur rôle et leur fonctionnement sont encore flous, mais les experts s’attendent à ce que les prochaines données satellitaires aident à éclaircir le mystère.

« Les feux de camp sont les petits frères des éruptions solaires que nous pouvons observer depuis la Terre, des millions ou des milliards de fois plus petits », indique David Berghmans, un membre de l’Observatoire royal de Belgique (ORB). Ils sont peut-être plus petits que les éruptions « classiques », mais leur taille reste gigantesque par rapport à la Terre.

L’échelle de la Terre comparée aux éruptions solaires. [ESA]

Solar Orbiter, construit au Royaume-Uni par le département défense et espace d’Airbus, n’en est qu’à sa phase de mise en service. Il doit encore augmenter ses capacités d’observation et déployer une batterie de télescopes et de capteurs.

Les premières images ont été prises à environ 77 millions de kilomètres de l’astre, soit à peu près la moitié de la distance Terre-Soleil. Au terme de sa mission pluriannuelle, le satellite s’approchera à 42 millions de kilomètres de l’étoile.

Jusqu’à présent, c’est la sonde Parker de la NASA qui détenait le record de proximité. L’engin gravite à 40 millions de kilomètres du Soleil et doit normalement atteindre les 7 millions d’ici à 2024. Cependant, cette sonde ne peut pas directement faire face à l’astre, contrairement à Solar Orbiter.

« Les premières données démontrent déjà la puissance d’une collaboration réussie entre les agences spatiales et l’utilité d’un ensemble varié d’images pour élucider certains des mystères du Soleil », soutient Holly Gilbert de la NASA.

L’Europe reste à la traîne par rapport aux États-Unis sur le plan des missions spatiales avec équipage, car ses astronautes doivent compter sur l’agence spatiale russe Roscosmos pour atteindre l’orbite. Mais en ce qui concerne les satellites, l’ESA peut se targuer d’une liste impressionnante de mises en orbite.

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Le système de positionnement mondial Galileo, considéré comme le plus précis disponible sur le marché, a contribué à mettre fin à la dépendance de l’Europe à l’égard du réseau GPS conçu aux États-Unis. Le programme Copernicus de surveillance de la Terre s’impose quant à lui comme une précieuse source de données.

Ce programme est notamment utilisé pour faire face aux catastrophes naturelles, comme les incendies de forêt ou les déversements de produits chimiques, mais aussi pour des applications commerciales, comme la planification agricole et la navigation maritime.

Au début du mois, l’ESA a annoncé que de nouveaux contrats d’une valeur de 2,55 milliards d’euros viendraient compléter le catalogue du programme Copernicus. Des satellites surveilleront désormais les émissions anthropiques de CO2, la biodiversité, la température superficielle de la mer et l’épaisseur de la glace de mer.

Pour Pierre Delsaux, directeur adjoint à la DG espace de l’exécutif européen, « Copernicus est une réussite européenne, et la coopération entre la Commission et l’ESA est exemplaire dans la mise en œuvre de ce programme ».

Airbus et le constructeur de satellites allemand OHC sont les deux principaux bénéficiaires des contrats, mais le feu vert définitif pour les six projets ne sera donné qu’une fois le prochain budget de l’UE sur sept ans finalisé — car le bloc cofinance les missions Copernicus.

Les dirigeants sont réunis à Bruxelles ce vendredi 17 juillet pour tenter de débloquer les négociations sur le cadre financier pluriannuel (CFP). La politique spatiale devrait être épargnée par les réductions, mais la dernière proposition fixe tout de même son budget à 13,2 milliards d’euros, soit 8 % de moins que la somme initialement prévue par la Commission en 2018.

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