L’Allemagne abrite le site industriel le plus polluant d’Europe

À Bergheim, en Allemagne, la centrale au lignite de Niederaussem, exploitée par RWE, est la plus polluante d’Europe. [EPA-EFE/SASCHA STEINBACH]

L’usine et mine de charbon de Niederaussem serait le site le plus polluant d’Europe. Londres, où la pollution est principalement causée par les transports, se classe quant à elle au deuxième rang.

Les combustibles fossiles – provenant principalement des centrales électriques et usines alimentées au charbon et au fioul– ainsi que les gaz d’échappement des transports sont responsables de la grande majorité de la pollution atmosphérique dans le monde, selon une nouvelle étude menée par Greenpeace.

Cette analyse s’appuie sur les données recueillies par le nouveau satellite Sentinel 5P de l’Agence spatiale européenne, qui fournit depuis le 1er juin 2018 des données d’une précision inédite sur les niveaux de dioxyde d’azote (NO2) dans l’atmosphère, assure l’ONG écologiste dans un rapport.

En Europe, le plus grand foyer de NO2 se trouve autour de la centrale électrique au lignite et mine de charbon de Niederaussem, en Allemagne. Selon une carte interactive réalisée par Greenpeace, le deuxième plus grand foyer est le Grand Londres, principalement dû aux émissions de transports.

« Grâce à la nouvelle technologie satellitaire, les grands pollueurs n’auront nulle part où se cacher », poursuit Greenpeace. « Nous avons désormais la possibilité d’identifier les sources d’émissions qui nuisent à la qualité de l’air et à la santé publique, même si les organismes de réglementation sont défaillants. »

RWE rejette pour sa part les résultats de l’étude en bloc, déclarant que la méthodologie ne tient compte que de l’endroit où les émissions de NO2 sont les plus élevées dans un rayon de 100 km. Il s’agit là d’une « simplification inacceptable » pour une région comme la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, qui dispose d’un grand nombre de sources de NO2 provenant de l’énergie, de l’industrie et des transports.

Bruxelles convoque les pays cancres de la pollution de l’air

Les ministres de l’Environnement des pires pays de l’UE en matière de pollution de l’air sont convoqués à Bruxelles pour une réunion avec la Commission européenne, lors de laquelle ils devront répondre à des questions.

Les émissions de RWE se situent « bien en deçà de tous les seuils en vigueur » de protection de l’environnement et de la santé publique, commente la société allemande dans un courriel adressé à Euractiv.

L’entreprise allemande a toutefois admis qu’elle n’était pas conforme aux nouvelles normes d’émission définies en 2017 par l’UE, réajustées grâce aux dernières technologies, plus performantes que jamais.

« Bien que la législation nationale ne soit pas encore totalement implémentée, RWE examine les moyens pour ses centrales électriques de se conformer au plus vite à ces limites d’émissions », poursuit la firme.

L’Union européenne a instauré des règles strictes en matière de qualité de l’air, comme des normes d’émission pour les particules, les oxydes d’azote et autres polluants atmosphériques. Cependant, la Commission européenne a constaté l’année dernière que les gouvernements nationaux enfreignaient ces règles dans plus de 130 villes chez 23 États membres.

Or, l’exposition à long terme au NO2 va de pair avec une augmentation de la mortalité. Dans l’Union européenne seule, elle cause 75 000 décès prématurés par an, selon l’Agence européenne de l’environnement (AEE).

Plus de 95 % de la population mondiale respire de l’air dangereux pour la santé, en particulier dans les pays en développement, selon un rapport du Health Effects Institute publié plus tôt cette année. Les émissions de charbon, en particulier, ainsi que les émissions des moteurs diesel, en sont les principales causes.

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Plus de 95 % de la population mondiale respire un air ambiant pollué, selon un nouveau rapport du Health Effects Institute. Les communautés les plus pauvres seraient les plus touchées. Un article de notre partenaire, The Guardian.

En Europe, Greenpeace dénonce le maintien des subventions au charbon dans des pays comme la Pologne ou l’Allemagne, où des « mécanismes de capacité » sont instaurés pour soutenir les centrales à charbon en cas de pic de demande.

« Les gouvernements européens continuent à soutenir des compagnies charbonnières peu scrupuleuses, qui empoisonnent les gens et l’environnement, sans parler de leur participation à la destruction du climat », dénonce Sebastian Mang, un militant pour l’énergie propre à Greenpeace.

« Nos gouvernements doivent cesser immédiatement de faire passer les profits des entreprises avant la santé publique, de subventionner le charbon et autres combustibles fossiles polluants », explique Sebastian Mang. « Au contraire, il leur faut prendre des mesures drastiques pour accélérer la transition vers une énergie 100 % renouvelable. »

Et pourtant, des solutions existent, selon Greenpeace. Dans les centrales électriques, des brûleurs et filtres à faible émission d’oxydes d’azote utilisant la réduction catalytique sélective pourraient réduire considérablement la pollution à ces oxydes.

À Niederaussem, RWE a dépensé 40 millions d’euros depuis 2006 pour construire une unité de réutilisation de la chaleur perdue dans le cadre d’un projet pilote. La firme espère augmenter de 50 % l’efficacité de la production d’électricité à partir du charbon dans les décennies à venir.

Imbroglio sur les «subventions cachées» au secteur de l’énergie

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