L’Italie, championne de la pollution de l’air

Turin est la ville d'Europe concentrant le plus de particules fines. [MikeDotta / Shutterstock]

L’OMS révèle que les trois villes européennes où l’air est le plus pollué sont italiennes : la pression monte pour le ministre italien de l’Environnement à l’approche d’une réunion à Bruxelles.

Turin, Milan et Naples sont les trois villes européennes où la concentration de particules fines est la plus dangereuse, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé, qui se fonde sur les mesures effectuées entre 2013 et 2016.

C’est à Turin, la ville du nord de l’Italie célèbre pour avoir vu naitre Fiat, que la qualité de l’air est la plus catastrophique, avec une moyenne annuelle de particules fines de 39 microgrammes par mètre cube. Suivent Milan, grand centre économique de la péninsule, et Naples, avec respectivement 37 et 35 μg/m3.

Ces taux dépassent de loin le maximum de 20 μg/m3 que l’OMS décrit comme tolérable pour « la préservation de la santé humaine ». Une situation également dénoncée par le groupe de protection de l’environnement Legambiante.

Les données de l’OMS prouvent que « de nouvelles procédures d’infraction » devraient être mises en place contre l’Italie, estime Andrea Minutolo, spécialiste de Legambiante. La procédure juridique actuellement en cours contre Rome au niveau européen ne se concentre en effet que sur les taux passés, et non par la difficulté persistante du pays de lutter contre la pollution de l’air.

La pollution de l'air en Italie irrite la Commission

La Commission s’apprête à sévir contre l’Italie, qui n’a pas pris de mesures suffisantes pour limiter la pollution de l’air en ville, ce qui entrainera 84 000 décès prématurés tous les ans. Un article d’EURACTIV Italie.

Un souhait qui pourrait se réaliser rapidement. Le commissaire européen à l’environnement, Karmenu Vella, a en effet convoqué neuf ministres de l’Environnement cette semaine, afin qu’ils s’expliquent sur leur non-respect des règles de l’UE sur la qualité de l’air.

Gian Luca Galletti, ministre italien de l’Environnement depuis 2014, sera donc à Bruxelles le 30 janvier, avec ses homologues allemand, français, espagnol, britannique, roumain, hongrois, tchèque et slovaque.

Le commissaire a indiqué qu’il s’agissait là d’une dernière chance pour ces neuf pays, prévenant que si les ministres ne parviennent pas à s’expliquer de manière satisfaisante, de nouvelles poursuites seraient lancées.

Bruxelles convoque les pays cancres de la pollution de l’air

Les ministres de l’Environnement des pires pays de l’UE en matière de pollution de l’air sont convoqués à Bruxelles pour une réunion avec la Commission européenne, lors de laquelle ils devront répondre à des questions.

Les militants écologistes se sont étonnés du fait que les contrevenants en série que sont la Bulgarie et la Pologne n’aient pas été également invités. Des sources au sein de la Commission ont cependant indiqué que seuls les États membres ayant de réelles chances d’éviter de nouvelles poursuites judiciaires avaient été convoqués.

La Pologne a récemment convaincu la Bulgarie, qui exerce actuellement la présidence tournante de l’UE, de se joindre à elle pour lancer une contestation judiciaire contre la dernière tentative de Bruxelles visant à réduire les polluants toxiques provenant des centrales électriques alimentées au charbon. Varsovie n’a toutefois pas réussi à convaincre la République tchèque de se joindre à l’initiative, laissant peu de chance de succès.

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