La Caisse des Dépôts s’engage vers la sortie totale du charbon

Eric Lombard, le directeur général de la Caisse des dépôts, au Climate Finance Day. [DC]

L’institution publique n’investira plus dans les entreprises dont l’activité liée au charbon dépasse 10% de leur chiffre d’affaires et soutiendra des projets ayant un impact positif sur le climat. Un article de notre partenaire, La Tribune.

L’appel lancé par Bruno Le Maire lundi aux institutions financières à s’engager de façon plus volontariste dans la sortie des énergies fossiles et en particulier le charbon a été entendu. La Caisse des Dépôts, bras armé financier de l’Etat, annonce ce mercredi, à l’occasion du Climate Finance Day organisé à Paris, qu’elle allait accélérer son désengagement du secteur du charbon.

« La mission de la Caisse est de contribuer au développement durable de la France », a souligné Eric Lombard, le directeur général de la CDC, lors d’une allocution au Climate Finance Day, au Palais Brongniart, ce mercredi, à la fois dans la transition bas carbone et dans la dimension sociale. « Les deux défis sont liés. On ne peut lutter contre le réchauffement climatique sans lutter contre les inégalités sociales et territoriales », a-t-il insisté.

La Caisse entend accélérer sa stratégie bas carbone, ce qui place par plusieurs leviers. L’un concerne les investissements.

« L’institution mettra en place dès 2019 une politique d’exclusion plus drastique. Elle n’investira plus – en direct ou via des fonds – dans les entreprises dont l’exposition de l’activité au charbon dépasse 10% du chiffre d’affaires », contre 20% aujourd’hui, a indiqué la CDC dans un communiqué.

La Caisse, qui vise « une sortie définitive du charbon », sans préciser l’horizon, promet une information régulière sur le sujet dans le cadre de ses rapports d’activité et la certification de la mise en œuvre de cet engagement par des commissaires aux comptes.

CNP Assurances, dont la CDC est actionnaire, a aussi annoncé ce mercredi de nouveaux engagements : « le groupe s’interdit désormais d’investir dans des entreprises dont plus de 10% du chiffre d’affaires (contre 15% auparavant) est lié au charbon thermique. Pour aller plus loin, il s’engage également à ne plus investir dans les entreprises les plus impliquées dans le développement de nouvelles centrales à charbon. »

Cette annonce intervient après la publication d’un rapport polémique de l’ONG Oxfam France sur la part encore prépondérante des énergies fossiles dans les financements accordés par les banques françaises (dans lequel la Caisse des dépôts n’est pas comprise), en décalage avec leur discours sur la lutte contre le réchauffement climatique. Le ministre de l’Economie et des Finances a dit lundi vouloir réunir banquiers, assureurs et gestionnaires d’actifs pour qu’ils s’engagent volontairement à cesser « définitivement de financer les centrales et les mines à charbon ».

Le directeur général de la CDC a fait valoir que la Caisse aiderait les régions affectées par la fermeture des centrales à charbon, confirmée par Emmanuel Macron la veille pour 2022.

Après 3 ans de stagnation, les émissions de CO2 repartent à la hausse

Les chances de limiter la hausse des températures à +1,5° sont de plus en plus minces : la trajectoire actuelle mène vers une planète réchauffée de 3,2° en 2100.

 

Décarbonation du portefeuille

L’institution publique, qui est notamment actionnaire de la foncière Icade, de Transdev et de la Compagnie des Alpes, indique avoir progressé dans la décarbonation de ses portefeuilles.

« Depuis 2014, l’empreinte carbone du portefeuille d’actions cotées de la Caisse des Dépôts a été réduit de 37% et celle des obligations d’entreprises de 54%. Dans l’immobilier de placement, nous sommes en ligne avec notre objectif d’une diminution de 38% de la consommation énergétique d’ici 2030 », a déclaré Eric Lombard.

Le patron de la Caisse a également annoncé que l’institution lancerait en 2019 un « sustainable bond », une obligation durable, après son « green bond » de l’an dernier.

La Caisse s’est aussi engagée à soutenir les projets ayant un impact positif sur le climat à hauteur de 16 milliards d’euros d’ici 2020 sous forme de prêts et d’investissements en fonds propres,  via sa Banque des territoires lancée en mai et sa filiale Bpifrance, en complément des 18 milliards réalisés entre 2014 et 2017. Ces 16 milliards représenteront plus de 20% du total des engagements de prêts consolidés sur la période.

« L’offre dédiée que construit la Banque des territoires sera un levier majeur pour accélérer le développement de projets TEE [la transition énergétique et environnementale] de tous les territoires, des métropoles mondialisées jusqu’aux espaces ruraux », a déclaré Eric Lombard, le directeur général de la Caisse des dépôts.

La Commission propose un objectif zéro émission de CO2 en 2050

La Commission européenne dévoile le 28 novembre son plan très attendu pour « une Europe zéro émission ». Les capitales européennes n’y sont pas toutes favorables.

La Tribune

La Tribune [latribune.fr]

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.