La Commission veut conjuguer intelligence artificielle et principes éthiques

Un groupe d’experts européens se penche sur les défis éthiques posés par le développement de l’intelligence artificielle et ses conséquences sur les droits fondamentaux des citoyens de l’Union. Un article de notre partenaire, EuroEfe.

La Commission a déclaré dans un communiqué qu’elle allait constituer un groupe d’experts, car « il y a lieu de lancer un large débat ouvert à tous sur les moyens de concilier réussite et éthique dans l’utilisation et le développement de l’intelligence artificielle ».

L’exécutif a lancé l’appel à candidatures pour la participation à un groupe d’experts, qui sera clôturé le 9 avril prochain. Le groupe aura la mission d’élaborer une proposition de lignes directrices sur « des questions telles que l’équité, la sécurité, la transparence, l’avenir du travail, la démocratie et plus généralement l’impact de l’application de la Charte des droits fondamentaux ».

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Andrus Ansip, vice-président de la Commission pour le marché unique numérique, a déclaré que l’exécutif tentait avec ces initiatives de mettre en place « un environnement permettant à l’Europe de tirer le meilleur parti des possibilités offertes par l’intelligence artificielle ». « Les données, les supercalculateurs et des investissements audacieux sont essentiels pour le développement de l’intelligence artificielle, celle-ci devant faire l’objet d’un large débat public et respecter, aux fins de son utilisation, les principes éthiques. »

Le travail du groupe d’experts partira de la déclaration faite par le Groupe européen d’éthique des sciences et des nouvelles technologies (GEE), un organe consultatif indépendant de la Commission qui considère que l’intelligence artificielle soulève des questions morales urgentes et complexes. Cette déclaration du GEE appelle la Commission à « lancer un processus ouvrant la voie à un cadre éthique et juridique commun et internationalement reconnu pour la conception, la production et l’utilisation de l’intelligence artificielle, de la robotique et des systèmes ‘autonomes’ ».

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Le GEE inclut dans le débat les dispositifs automatiques, tels que les robots intelligents dotés de facultés d’apprentissage, ainsi que les programmes informatiques qui imitent le comportement humain, comme les « bots », et présente les difficultés entourant leur développement.

Les conseillers externes de la Commission européenne d’éthique des sciences et des nouvelles technologies se demandent par exemple « comment attribuer la responsabilité morale, et qui est responsable des résultats négatifs ? », se référant, par exemple, à un accident du trafic causé par un véhicule autonome.

La déclaration du GEE présente des réflexions morales, comme sur la sécurité dans un monde interconnecté avec des dispositifs d’intelligence artificielle, et s’interroge sur la manière de réglementer, développer, vérifier, surveiller, tester et certifier cette intelligence artificielle.

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Le GEE et le futur groupe d’experts constitué par la Commission contribueront au débat, qui n’est pas nouveau dans les institutions étant donné que l’eurodéputée luxembourgeoise Mady Delvaux a présenté un rapport à ce sujet approuvé par le Parlement européen.

Ce texte appelle la Commission à réglementer l’éthique et l’intelligence artificielle et se concentre, entre autres, sur la dimension fiscale du changement technologique. En effet, un débat entoure la question de faire payer des impôts aux robots pour le travail qu’ils font, à l’instar des êtres humains.

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