La destruction de Notre-Dame suscite une trêve dans les divisions politiques

Notre Dame de Paris vue du ciel. Photo Gigarama

Les partis français ont emboité le pas à LREM et suspendu leur campagne pour les élections européennes, dans un moment d’unité rare.

« Nous vivons un moment de tristesse profonde. La liste Renaissance se joint naturellement à ce moment d’union nationale », a écrit la tête de liste LREM et ancienne ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau sur son compte Twitter. « Nous suspendons la campagne jusqu’à nouvel ordre ».

Nathalie Loiseau lance la campagne de LREM

La tête de liste Nathalie Loiseau et les 29 autres candidats connus de la liste Renaissance aux élections européennes ont donné le coup d’envoi de la campagne lors d’un premier meeting le 30 mars à Aubervilliers.

Le Rassemblement national, seconde force politique selon les sondages, a annoncé qu’il suspendait sa campagne jusqu’à la prise de parole du président de la République. Lequel a annulé la première conférence de presse de son quinquennat, prévue mercredi 17 avril. Un point presse du RN a même été annulé à Strasbourg mardi matin.

Unité pour la reconstruction

Chef de délégation des Républicains, Franck Proust a lancé un vibrant appel à l’unité et à la reconstruction de Notre-Dame au Parlement européen.

« Nous sommes les enfants de ceux qui ont fait se dresser vers le ciel cette flèche que nous avons vu s’effondrer. Il n’est pas nécessaire d’être croyant pour être touché au cœur : c’est une famille qui se retrouve », a indiqué François-Xavier Bellamy, chef de file des Républicains pour les élections européennes, qui a aussi immédiatement soutenu l’appel de Macron à soutenir l’appel aux dons de la Fondation du Patrimoine.

Même Jean-Luc Mélenchon, qui n’avait pas hésité à traiter Nathalie Loiseau de « tartuffe » pour être allée à la messe la veille, s’est fendu d’un billet intitulé Notre cathédrale commune, insistant sur le fait qu’ « athées ou croyants, Notre-Dame était notre cathédrale commune ».

Le gouvernement français a immédiatement organisé, mardi, une réunion de ministres pour préparer un « plan de reconstruction », alors que les dons affluaient pour reconstruire la cathédrale la plus visitée au monde.

La reconstruction devrait coûter dans les 450 millions d’euros, et 300 millions d’euros ont déjà été promis par des millionnaires. Le conseil des ministres de mercredi doit être entièrement consacré à la mise en place du projet de reconstruction.

L’Europe pleure « Notre-Dame-de toute l’Europe »

L’incendie qui a dévasté une partie de Notre-Dame de Paris lundi 15 avril au soir a suscité une forte émotion de la part des dirigeants européens.

Des réformes pour répondre à la grogne sociale

Au cœur de l’émotion, et  d’une unité politique inattendue, plusieurs médias ont divulgué le message que le chef de l’État comptait délivrer, lundi soir, avant que le feu ne démarre à Notre-Dame : celui des réformes qu’il entend mener suite au grand débat, que les partis en campagne pour les européennes ont déjà par avance dénoncé comme inutiles et hors de propos.

La trêve de Notre Dame de Paris a toutefois donné l’occasion au chef de l’État de distiller son message sans entrainer des levées de boucliers.

Le président souhaite prendre des mesures variées, certaines symboliques, comme la fermeture de l’ENA, si détestée, et au contraire l’absence de fermeture d’écoles ou d’hopitaux d’ici la fin du quinquennat. D’autres, plus concrètes : le président propose de réindexer les retraites de moins de 2000 euros sur l’inflation, de créer un referendum d’initiative citoyenne au niveau local, mais aussi une baisse d’impôt pour les travailleurs et la suppression de certaines niches fiscales.

Syndicats et gilets jaunes appellent néanmoins à une nouvelle journée d’action le 27 avril.

 

 

 

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