La feuille de route de Nicolas Hulot pour 2018

Nicolas Hulot

Après l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, auquel il était opposé, le ministre de la transition écologique a présenté une feuille de route pour l’année 2018 dans ses voeux à la presse. Un article de notre partenaire le Journal de l’environnement

 

L’air grave, l’ancien animateur de télévision n’a pas résisté à la tentation. Devant plusieurs dizaines de journalistes, Nicolas Hulot a tordu le cou à deux légendes urbaines tenaces : sa capacité à avaler des couleuvres et à déposer sa démission chaque matin sur le bureau du Premier ministre. « La réalité n’est pas celle-là », a-t-il insisté. Soulignant non sans ironie sa phobie des reptiles, le créateur de l’émission Ushuaïa a rappelé que les grands sujets de la transition écologique nécessitaient pédagogie et écoute, « sauf à rentrer dans une situation de blocage ».

Les blocages, Nicolas Hulot entend les lever, notamment ceux qui entravent la marche de la transition énergétique. Derrière ce volontarisme se cachent les conclusions des groupes de travail sur le développement de l’éolien, de la méthanisation et du photovoltaïque. Publié en mars prochain, ce « Plan de libération des énergies renouvelables » nourrira la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), dont les bonnes feuilles sont attendues dans les prochaines semaines. Ce texte encadrant la politique énergétique tricolore doit être adopté, en principe, d’ici la fin de l’année.

Le Parlement bannit les biocarburants à l’huile de palme

Le Parlement européen a décidé d’éliminer l’huile de palme dans les carburants d’ici à 2021 et de plafonner les biocarburants issus des cultures vivrières au niveau de consommation de 2017.

Tous les objectifs de la LTECV

Malgré une ébauche qui laisse encore la part belle à l’énergie nucléaire dans la production d’électricité, le ministre a rappelé que « rien n’est figé » et « que tous les objectifs de la loi sur la transition énergétique seront atteints »: baisse de la consommation d’énergie, réduction à 50 % de la part de l’atome dans la production d’électricité, développement des énergies renouvelables, abattement des émissions de gaz à effet de serre (GES), rénovation énergétique des bâtiments. Étant entendu pour le locataire de l’Hôtel de Roquelaure qu’aucun but ne pourra être atteint seul. Ce sera donc du tout ou rien.

Mais Nicolas Hulot ne se contentera pas de cet « accélérateur de transition écologique » (« Acte », comme on l’appelle déjà au ministère). Début mars, Roquelaure publiera une autre feuille de route, dédiée à l’économie circulaire. Le projet a fait l’objet d’une intense concertation.

Soulignant sa complicité de vue avec sa ministre des transports, Élisabeth Borne, Nicolas Hulot s’impliquera dans l’élaboration du projet de loi d’orientation des mobilités, produit des Assises éponymes. Le texte devrait être présenté au Parlement avant l’été.

Ecophyto III 

C’est au printemps, en revanche, que Nicolas Hulot avec ses collègues de l’agriculture (Stéphane Travert) et de la santé (Agnès Buzyn) lancera un nouveau plan d’action visant à réduire l’usage des pesticides dans l’agriculture. Cet Ecophyto III devra permettre de structurer la recherche, de diminuer l’utilisation des molécules « les plus préoccupantes », d’accompagner les agriculteurs. De son côté, la FNSEA présentera ses propositions lors du prochain salon de l’agriculture.

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Les eurodéputés disposent de 9 mois pour évaluer la procédure européenne d’autorisation des pesticides, dans la foulée du renouvellement controversé du glyphosate en décembre dernier.

 

Assises de l’eau

Le ministre devrait aussi se saisir de l’organisation des assises de l’eau, annoncée pour le second trimestre: « Les retours des préfets sur le niveau des nappes montrent que la situation n’est pas à prendre à la légère », prévient-il.

Parallèlement, des avancées sont attendues sur le prix plancher du carbone pour l’électricité, un nouveau projet de taxe sur les transactions financières (le premier avait été très édulcoré par le ministre de l’économie, Emmanuel Macron), la ratification du CETA. Sans oublier la participation à la 24 COP de Katowice (Pologne), durant laquelle d’importantes mesures nationales et internationales devraient être annoncées.

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