La France et le Royaume-Uni appelés à la rescousse pour sauver l’Eurostar

Les discussions entre les gouvernements français et britannique sur un éventuel plan de sauvetage d'Eurostar sont en cours. [EPA-EFE/ANDY RAIN]

Les députés de tous bords ont demandé aux gouvernements français et britannique de soutenir l’Eurostar, qui court à la catastrophe financière, comme ils l’ont fait pour les compagnies aériennes en difficulté.

« Laisser l’Eurostar sombrer signifierait des pertes d’emplois importantes et porterait un coup sévère au transport durable entre le Royaume-Uni et l’UE », a déclaré Ciarán Cuffe, un eurodéputé irlandais écologiste qui a mené la campagne.

« Si cela nécessite un financement des gouvernements britannique et français, alors il faut trouver l’argent. Les voyages durables méritent d’être soutenus », a-t-il ajouté.

L’Eurostar a vu le nombre de passagers chuter de 95 % depuis le début de la crise sanitaire COVID-19, ce qui a mis ses finances dans le rouge.

Dans une lettre envoyée lundi (22 février), les législateurs ont demandé au ministre français des transports Jean-Baptiste Djebbari, au secrétaire d’État britannique aux transports Grant Shapps et à la commissaire européenne aux transports Adina Vălean, d’apporter une aide financière à l’entreprise pour lui permettre de survivre à la crise.

La lettre a été signée par les Verts britanniques Nathalie Bennet et Jenny Jones, ainsi que par plusieurs groupes politiques du Parlement européen, dont les Verts/ALE, les Socialistes et Démocrates (S&D), la Gauche unitaire européenne (GUE) de gauche et le Parti populaire européen (PPE) de centre-droit.

« L’avenir du transport ferroviaire à travers la Manche est en jeu si aucune solution n’est trouvée », affirme la lettre. « Cela aurait non seulement un impact négatif sur les économies des deux côtés de la Manche et entraînerait d’importantes pertes d’emplois, mais cela saperait aussi sérieusement les efforts visant à rendre les transports plus durables en Europe », elle ajoute.

De part et d’autre de la Manche, pas de lumière au bout du tunnel

Les négociations entre la France et le Royaume-Uni concernant la gestion du tunnel de la Manche risquent de tourner à l’échec, tandis que la partie britannique qualifie les plans ferroviaires européens de « tout à fait inacceptables ».

Ciarán Cuffe souligne que les gouvernements nationaux ont rapidement soutenu les compagnies aériennes qui luttaient contre la réduction du nombre de passagers pendant la pandémie, affirmant que des modes de transport plus durables méritaient d’être aidés.

Les responsables d’Eurostar ont précédemment critiqué le manque de soutien offert aux compagnies ferroviaires, arguant que les services ferroviaires internationaux devraient pouvoir bénéficier d’une aide financière étant donné leur faible impact sur l’environnement. La compagnie affirme que choisir de prendre l’avion de Londres à Paris émet jusqu’à 90 % de plus d’émissions que de prendre le train.

Les discussions entre les gouvernements français et britannique sur un éventuel plan de sauvetage d’Eurostar sont en cours.

La ligne de train Eurostar assure une liaison à grande vitesse entre Londres, Paris, Bruxelles et Amsterdam, grâce à un tunnel qui passe sous la Manche. La SNCF, la société nationale des chemins de fer français, détient une participation majoritaire dans la société.

Ces derniers mois, la compagnie a dû faire face à des problèmes liés à Brexit en plus de la pandémie, le Parlement européen ayant dû adopter des règles d’urgence en décembre pour maintenir l’ouverture de l’Eurotunnel.

[édité par Mathieu Pollet]

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