La France reste favorable à une pêche électrique limitée en Europe

Les poissons remontés dans les chaluts montrent en effet des ecchymoses, des brûlures et des déformations du squelette consécutives à l’électrocution

Le Parlement doit se prononcer le 21 novembre sur l’avenir de cette technique interdite dans l’Union depuis 1998, en raison de sa violence. Un article de notre partenaire le JDLE.

Le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a annoncé, le 8 novembre à l’Assemblée nationale, que la France se prononcerait pour le maintien de la limitation actuelle de la pêche électrique, alors que le Parlement européen doit se prononcer le 21 novembre sur son avenir.

Interrogé par le député du Nord Paul Christophe (Les Constructifs), Stéphane Travert a répondu dans l’Hémicycle que « la France demanderait et a déjà demandé le maintien de la règlementation actuelle encadrant la pêche électrique. C’est cette position que nous maintiendrons bien évidemment et je reste à l’écoute des pêcheurs français. »

Une technique violente

Cette technique de pêche, qui consiste à envoyer des impulsions électriques dans les sédiments pour y capturer les poissons plats vivant au fond des mers, est officiellement interdite dans l’UE depuis le règlement du 30 mars 1998 sur la protection des ressources halieutiques à cause de ses conséquences pour la faune marine. Les poissons remontés dans les chaluts montrent en effet des ecchymoses, des brûlures et des déformations du squelette consécutives à l’électrocution, selon l’association Bloom, à l’origine d’une pétition en faveur de son interdiction totale.

Demain, une technique conventionnelle ?

Car cette interdiction fait l’objet de plusieurs exemptions, à cause du lobbying intense effectué par les Pays-Bas. À ce titre, plus d’une centaine de navires la pratiquent encore aujourd’hui en mer du Nord. Pire, dans le cadre de sa révision, le règlement pourrait l’autoriser à nouveau, en la considérant comme une technique de pêche conventionnelle. La commission Pêche du Parlement européen doit se prononcer le 21 novembre.

Risques non maîtrisés

Dans un courrier envoyé le 24 février dernier au commissaire européen Karmenu Vella, l’ancienne ministre de l’Environnement Ségolène Royal avait déjà plaidé en faveur du maintien de l’interdiction de la pêche électrique. « Les risques sont insuffisamment évalués et ne sont pas maîtrisés à ce jour », écrivait-elle. De nombreuses destructions sont en effet observées sur les œufs et les larves de poissons. Une position confirmée par le nouveau gouvernement Philippe.

Plainte contre les Pays-Bas

L’ONG Bloom a par ailleurs déposé, le 2 octobre, une plainte contre les Pays-Bas auprès de la Commission européenne pour dépassement des quotas de pêche électrique et de la tension maximale autorisée (40 et 60 volts au lieu des 15 V fixés par le règlement).

Plus d'information

Pêche post-Brexit: les pêcheurs français «restent vigilants»

Londres entend récupérer le contrôle exclusif des droits de pêche à proximité de ses côtes. Une annonce qui n’est pas passée inaperçue auprès des pêcheurs français.