L’Allemagne lance une vaste opération contre la pollution automobile

[BasPhoto_Shutterstock]

Berlin et les constructeurs réinventent la prime à la casse des vieux diesel. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Coïncidence. Au moment où le Salon de l’automobile parisien célèbre le véhicule électrique, l’Allemagne entame sa « dédieselisation ». Depuis des mois, politiques et industriels débattent des suites à donner au dieselgate mais aussi aux demandes des collectivités de pouvoir réguler le trafic des véhicules les plus polluants.

28 000 véhicules municipaux

Berlin a décidé de trancher dans le vif. Mardi 2 octobre, après une nuit de tractation, les membres du gouvernement fédéral se sont mis d’accord sur un programme d’assainissement de la qualité de l’air. Dans les 14 villes les plus polluées (1), l’administration d’Angela Merkel subventionnera l’achat de véhicules lourds propres pour remplacer bennes à ordures, bus de ramassage scolaire et véhicules de nettoyage polluants exploités par la commune. « Environ 28 000 véhicules pourront être ainsi convertis », indique le ministère fédéral de l’Environnement dans un communiqué.

Bruxelles interdit les diesels les plus polluants

Les conducteurs des véhicules diesel les plus polluants ne pourront plus circuler dans la capitale belge à partir du premier octobre 2018.

Faire baisser le NO2

Berlin mettra aussi à la poche pour aider les artisans et les livreurs opérant dans ces villes à moderniser leur véhicule diesel, en l’équipant d’un système de filtration SCR. Dans les deux cas, le coup de pouce pourrait représenter 80 % du prix d’achat des véhicules. Des discussions sont encore en cours pour savoir si les constructeurs sont prêts à assumer le solde. Le gouvernement fédéral espère que ces primes à la casse suffiront à faire baisser la concentration moyenne en dioxyde d’azote (NO2) en deçà des 40 microgrammes par mètre cube (? g/m3).

Pas de contraintes pour les étrangers

La situation est moins claire pour les particuliers propriétaires de véhicules diesel. Dans sa globalité, l’accord trouvé la nuit passée prévoit que les constructeurs financent leur modernisation ou leur remplacement. Pour le moment, les industriels proposent de financer l’essentiel du montant de la facture de l’installation de systèmes de dépollution des vieux véhicules : 3 000 euros par véhicule. Mais avec des dispositifs actuels, qui n’ont pas forcément fait la preuve de leur efficacité. Un point chiffonne les industriels allemands : les voitures étrangères ne sont pas concernées par cette mesure.

De plus en plus de diesel sales circulent en Europe

Selon Transport & Environment, le nombre de véhicules diesel ne répondant pas aux normes communautaires a augmenté de 50%, entre 2015 et 2018. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

10 000 € de primes pour Renault

Autre option : des primes à l’achat d’une voiture neuve. Volkswagen propose jusqu’à 8 000 €, BMW en lâcherait 6 000, quand Daimler ne prévoit qu’un coup de pouce de 5 000 €. Rien à voir avec ce que Renault serait prêt à faire. Selon Die Welt, le constructeur français offrirait jusqu’à 10 000 € de reprise à un propriétaire de vieux diesel. L’acheteur d’un modèle hybride ou à essence Ford recevra un chèque de 8 000 € du constructeur américain. Montant ramené à 5 000 dollars (4 300 €) chez Toyota.

 

 

(1) Backnang, Bochum, Cologne, Darmstadt, Düren, Düsseldorf, Hambourg, Heilbronn, Kiel, Limburg, Ludwigsburg Munich, Reutlingen, Stuttgart

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